Pour la 5e année consécutive, le Tour de France vint dans le Territoire de Belfort, lors de la 3e étape entre Metz et Belfort, le 9 juillet 1909. Le Ballon d’Alsace était au programme des coureurs.

CPA Tour de France 1909

Carte postale Tour de France 1909 Caricature (coll. privée)

Deux jours plus tard, les coureurs quittèrent la Cité du Lion pour rejoindre… Lyon, la Cité des Gones.

Le Tour et le Ballon d’Alsace, un passage obligé…

Dès la troisième édition du Tour de France en 1905, le Ballon d’Alsace fut au programme de l’épreuve. Depuis cette date, les coureurs doivent se coltiner les lacets du massif pour atteindre son sommet et basculer ensuite pour rejoindre Belfort, ville de passage ou ville étape.

CPA Ballon d'Alsace Grand Hôtel Stauffer

Carte postale Ballon d’Alsace Hôtel Stauffer (coll. BF)

NA : Dans l’article traitant le Tour de 1907, j’ai listé les passages (20) ou arrivées au sommet (4), un lien en fin du texte vous permet d’y accéder.

Tour de France 1909, 5e visite dans le Territoire de Belfort

En 1909, la 7e édition du Tour de France s’articulait sur un parcours de 4497 kilomètres, avec 38 coureurs rattachés à des 7 équipes (Alcyon, Biguet-Dunlop, Le Globe, Felsina…) et 112 indépendants.

Carte Tour de France 1909 R

Tracé du Tour de France 1909 (création BF)

Elle était constituée de 14 étapes, avec un départ le 5 juillet à Paris, depuis le quai d’Asnières vers le Pont de l’Ile de la Jatte et une arrivée le 1er août au Parc des Princes à (Boulogne) Paris.

Quelques infos.

Si en 1908, une nouveauté fut la fourniture du cadre par les organisateurs à chaque coureur, elle fut abandonnée pour cette édition. Par contre, le cadre était poinçonné pour l’identifier et s’assurer ainsi que les participants utilisaient la même bicyclette pendant l’épreuve.

Journal L'Auto 5 juil 1909 BNF

Manchette du journal L’Auto du 5 juillet 1909 (coll. BNF)

Aux points de contrôle furent installées des salles de bain avec toilettes; l’objectif étant d’éviter que les coureurs urinent devant les spectateurs…

Le classement des coureurs s’effectuait en points; la place à l’arrivée donnant le nombre de points acquis. Le vainqueur était celui qui avait le plus petit nombre de points.

Les premières étapes…

Après plus de neuf heures de course, le belge Cyrille Van Hauwaert (le Lion des Flandres) de l’équipe Alcyon remporta la 1ère étape à Roubaix au sprint devant son co-équipier, le luxembourgeois François Faber et le français Octave Lapize (Biguet-Dunlop).

CPA Cyriel Van Houwaert

Carte postale Cyrille Van Hauwaert (coll. privée)

La 2ème étape, entre Roubaix et Metz, vit François Faber après 14 heures de course, devancer Octave Lapize de 33 minutes et Henri Cornet (équipe Nil-Supra) de 42 minutes.

Etape Metz Ballon d’Alsace…

Le vendredi 9 juillet pour la 3e étape, entre Metz et Belfort (259 km), les coureurs avaient au programme à nouveau le Ballon d’Alsace avant l’arrivée dans la Cité du Lion.

Le départ s’effectua non pas de Metz mais de Montigny, à 3h30 pour les 133 coureurs restant après les deux premières étapes. Une foule très importante, malgré des conditions météorologiques exécrables, était venue voir les forçats de la route.

CPA Montigny-le-Metz

Carte postale Montigny-les-Metz (coll. privée)

Dès le départ, sous une pluie diluvienne, les deux coureurs de l’équipe Alcyon, François Faber et Cyrille Van Hauwaert s’échappaient du peloton pour prendre la tête de la course. Ils passèrent à Nancy avec 5 minutes d’avance sur les premiers poursuivants. Dans la côte avant Baccarat, le Géant de Colombes déposa le belge pour poursuivre, seul, sa route.

A Epinal, François Faber avait consolidé son avance à 27 minutes en devançant le Lion des Flandres. Et, à Remiremont, elle était portée à 35 minutes sur ses poursuivants !

CPA Epilal Souvenir

Carte postale Epinal (coll. privée)

Pourvu d’une bonne demi-heure d’avance, il pouvait attaquer sereinement les premiers lacets du Ballon d’Alsace, malgré une crevaison; il avait subit le même sort à Remiremont.

Ses poursuivants immédiats étaient les deux indépendants Augustin Ringeval et Ernest Paul dit Faber, puis suivi de Gustave Garrigou, d’Eugène Christophe et de Cyrille Van Hauwaert.

CPA Ballon d'Alsace Tour Indépendants 1910

Carte postale Ballon d’Alsace Tour des Indépendants 1910 (coll. privée)

NA : En 1910 et 1911, se déroula un autre tour, le Tour des Indépendants ou Tour de France Peugeot-Wolber (1910) et Circuit Français Peugeot (1911). En fin de texte, un lien permet d’accéder à l’article qui lui est consacré.

Malgré le temps et le froid (4°), il avait même neigé, François Faber va effectuer la montée avec une volonté admirable pour atteindre le sommet avec une confortable avance.

Fiche François Faber R

Fiche Le luxembourgeois François Faber

Au passage du col, il salua le monument dédié à René Pottier, inauguré l’année précédente.

Ballon d'Alsace Stèle René Pottier JML 2014

La stèle avec la nouvelle plaque (photo JM)

NA : Un lien en fin de texte permet d’accéder à l’article concernant cette inauguration du 18 juillet 1908.

Ses poursuivants ne purent le rejoindre, par contre Gustave Garrigou, un peu à la traîne, va effectuer une belle remontée dans cette montée de 11 kilomètres pour passer le col en 2e position, lui qui l’avait franchi en tête lors de l’édition précédente.

Image Gustave Garrigou

Image Gustave Garrigou (coll. privée)

Il fut suivi d’Augustin Ringeval, le coureur de l’équipe Nil-Supra.

Ensuite vint les deux indépendants Eugène Christophe et Ernest Paul dit Faber. Le 5e à passer le col fut Constant Ménager de l’équipe Le Globe.

Classement au sommet du Ballon d’Alsace (passage)

1905 : René Pottier

1906 : René Pottier

1907 : Emile Georget

1908 : Gustave Garrigou

1909 : François Faber

La pluie forte et froide toujours bien présente ne glaçait pas toutefois le tempérament de certains coureurs !

Belfort, ville d’arrivée

En 1909, Belfort fut ville d’arrivée pour la troisième année consécutive, elle ne fut que ville de passage en 1905 et 1906, avec seulement un arrêt à la table de contrôle...

CPA Belfort Souvenir 1909 BF

Carte postale Un bonjour de Belfort (coll. JM)

L’arrivée était installée toujours sur le quai Vauban à la hauteur du magasin Chaussin. Par ailleurs, l’organisation de cette arrivée fut confiée à la famille Chaussin dont Charles était  le correspondant du journal L’Auto, l’organisateur du Tour. M. Abran fut à nouveau le juge à l’arrivée.

CPA Belfort Etablist Chaussin Quai Vauban

Carte postale Belfort Magasin Chaussin Cycles (coll. JM)

Pour assurer la sécurité et le bon déroulement de l’arrivée, un service d’ordre formé de la police municipale et d’une compagnie du 42e régiment d’infanterie, fut mis en place pour contenir le public excité par l’évènement.

CPA Belfort Quai Vauban1908-12

Carte postale Belfort Quai Vauban (BF)

Si la pluie était déjà présente en 1908, elle n’était qu’intermittente. En ce 9 juillet 1909, elle était abondante mais elle n’a pas empêché une foule importante de Belfortains et des alentours, même des alsaciens, de venir applaudir les coureurs du Tour.

La preuve, que la pluie était abondante et certainement présente depuis plusieurs jours, la Savoureuse, la rivière qui traverse Belfort, était déclaré comme une rivière-torrent par l’envoyé spécial du journal L’Auto, Alphonse Steinès !

CPA Belfort Savoureuse haute BF N&B

 Carte postale Belfort La Savoureuse est haute (coll. BF)

D’après ce même journaliste, vers 7 heures du matin, il serait tombé des flocons de neige ! Vrai ou faux ? Peut-être, qu’il était d’origine marseillaise, un peu… ce journaliste !

Par contre la météo n’annonçait pas une amélioration de ce temps ‘’pourri’’ avant le 14 juillet !

Le vent et la pluie firent que la banderole au-dessus de la ligne d’arrivée fut déchirée. Quant aux drapeaux et oriflammes présents sur le quai Vauban, ils étaient en berne…

A l’arrivée, de nombreuses personnalités civiles et officiers militaires étaient présentes, parmi les officiels on pouvait voir entre autre ceux du monde du cyclisme, Charles Chaussin, le représentant du journal L’Auto, Charles Dreyfus, le président des Sports Réunis, Emile Muller le président du Cycle Belfortain… et les dévoués MM. Wuest, Laily, Rusch, Goetz, Harmand, Linder, Jeanne… qui avaient œuvré pour la réussite de la réception du Tour de France à Belfort.

Belfort CPA Quai Vauban n°19 Chemiserie

Carte postale Belfort Quai Vauban (coll. JM)

Il était 12h58 quand François Faber franchit la ligne d’arrivée ‘’trempé mouillé’’ comme on dit en Haute-Saône ! Après 9h28 de course, il venait de remporter pour la deuxième fois de suite, l’étape Metz-Belfort.

En 1908, le Géant de Colombes son surnom, avait gagné au sprint devant Lucien Petit-Breton et Gustave Garrigou.

CPA François Faber (2)

Carte postale François Faber (coll. privée)          

Sous une pluie diluvienne et glaçante, il avait bouclé l’étape à une vitesse moyenne de 27,354 kilomètres/heure, y compris les arrêts et la montée du Ballon d’Alsace; un sacré exploit !

Malgré sa situation, archi mouillé et couvert de boue, il eut un grand sourire et ses premières paroles furent d’être fier d’avoir inscrit son nom sur les tablettes du Ballon d’Alsace !   

Il fallut attendre 33 minutes pour voir arriver Gustave Garrigou, le deuxième de l’étape et pas moins d’une heure pour voir un trio effectuer un sprint remporté par Eugène Christophe devant Ernest Paul et Constant Ménager.

Fiche Eugène Christophe 

Fiche Eugène Christophe

NA : Eugène Christophe fut le 1er coureur à porter le Maillot jaune en 1919.

Bien entendu, François Faber avec 4 points* conserva la tête du classement général devant Gustave Garrigou (14 pts) et Eugène Christophe (15 points), ces deux derniers montaient sur le podium via leurs excellents résultats sur cette étape.

*Points : Le classement général s’établissait en comptabilisant les places de chaque coureur à chaque étape. 1ère place = 1 point, 2e place = 2 points, etc.

François Faber courrait pour l’équipe Alcyon ainsi que Gustave Garrigou, Cyrille Van Hauwaert (6e) et Paul Duboc (7e) et Jean Alavoine (8e).

Affiche François Faber Alcyon

Affiche Bicyclette Alcyon François Faber (coll. privée)

Les enregistrements s’effectuaient à la Grande Taverne où l’arrivée de chaque coureur était soulignée par la Marseillaise jouée par un orchestre.

Belfort CPA Fbg France n°35 Grande Taverne Façade 973

Carte postale Belfort La Grande Taverne (coll. JM)

Qu’était devenu Augustin Ringeval ?

3e au passage au sommet, Augustin Ringeval va dans la descente du Ballon d’Alsace, chuter et casser une jante, l’obligeant à aller jusqu’à Giromagny à pied pour en récupérer une de rechange…

CPA Augustin Ringeval

Carte postale Augustin Ringeval (coll. privée)

Il rejoignit la ligne d’arrivée à 14h19, à la 26e place.

Il ne fut pas le seul à tomber, les chaussées glissantes étaient sinon perverses, piégeuses !

La table de contrôle était prévue ouverte jusqu’à 1h30 du matin, calée sur une moyenne de 12 kilomètres/heure. Mais au vu du nombre de coureurs n’étant pas encore arrivés, elle fut reportée une première fois à 5 heures qui permis d’enregistrer 80 concurrents. Elle fut à nouveau prolongé jusqu’à midi !

Les primes

A chaque étape, des primes étaient distribuées par l’organisateur du Tour, aux meilleurs coureurs de la journée. Pour cette étape, les 7 premiers coureurs étaient récompensés.

1909 07 09 Tour de France Primes L'Auto

Extrait du journal L’auto (coll. BNF)

A ces primes, s’ajoutaient des dons de commerçants et de particuliers de la ville étape.

Grâce à sa victoire, François Faber récolta 1075 francs devançant le belge Cyrille Van Hauwaert qui reçu 450 francs et Octave Lapize 350 francs; d’autres coureurs furent aussi récompensés mais avec des sommes plus faibles.

CPA Octave Lapize

Carte postale Octave Lapize (coll. privée)

Octave Lapize était au départ de Metz sur la 2e place du podium, un excellent résultat pour une première participation. Mais le mauvais temps et surtout les séquelles d’une blessure aux fessiers, fit qu’il voulut arrêter la course à Nancy. Toutefois, il repartit tout de même mais s’arrêta de nombreuses fois et arriva à Belfort à 22h07, avec une 53e place. Ces chances d’être sur le podium à Paris étaient bien compromises !

Donc cette étape fit souffrir l’ensemble des coureurs et entraîna pas moins de 28 abandons dont une grande majorité d’italiens !

Un belfortain dans le Tour

Dans cette édition, Belfort était représenté par son coureur André Herbelin qui arriva dans sa ville à la 90e place plus de 5 heures après le vainqueur de l’étape.

André Herbelon L'Auto

André Herbelin de Belfort (doc. L’Auto, coll. BNF)

Au classement général, il fut au départ le lendemain avant-dernier, à la 103e place, pour rejoindre Lyon.

Il portait le dossard n°130.

Dossard André Herbelin L'Auto

Numéro du dossard d'André Herbelin (doc. L’Auto, coll. BNF)

Il roulait sur une bicyclette La Française avec pneus Soly, marque vendue par Chaussin.

1909 07 11 Pub Chaussin L'Alsace 3

Publicité Chaussin dans L’Alsace (doc. AD90)

Il y avait aussi un dénommé Joos de Mulhouse qui habitait à Belfort depuis peu mais il abandonna dans cette étape.

Soirée de Gala

Pour fêter la victoire de François Faber et la présence du Tour dans la Cité du Lion, une soirée de gala fut organisée à la Grande Taverne. Après le concert, le vainqueur reçut une superbe gerbe de fleurs.

CPA Belfort Grande Taverne Façade

Carte postale Belfort La grande Taverne (coll. BF)

Un documentaire sur les champions cyclistes fut projeté.

NA : Le propriétaire, M. Thomas, fut un très bon coureur en son temps.

Dimanche 10 juillet, journée de repos

Le lendemain était une journée de repos; ce Tour, comme pour les précédents, alternait une journée de course avec une journée de repos au minimum.

CPA Belfort Souvenir

Carte postale Belfort Souvenir Multivues (coll. JM)

La journée se déroula sous la pluie mais permis aux coureurs de reprendre des forces et d’éliminer la fatigue de l’étape de la veille. Les manageurs et soigneurs des équipes étaient aux petits soins pour leur pépites…

Lundi 11 juillet, 4e étape

Comme pour chaque départ de Belfort… il était prévu devant le café Muller à Danjoutin. Les opérations préliminaires étaient prévues à partir de 1h45 jusqu’à 2h15 (du matin) sous la responsabilité de Charles Chaussin épaulé par des membres des clubs de cyclistes belfortains.

CPA Danjoutin Route Montbéliard

Carte postale Danjoutin Route de Belfort

Café Muller, l’énigme !

L’énigme où était situé le café Muller est toujours entière ! Les départs en 1907 et 1908 eurent lieu au même endroit.

Ce que l’on sait : Emile Muller était le président du Cycle Belfortain, il devait tenir un magasin de cycles et avait un café. Son adresse personnelle était le 54 rue de Belfort.

Où étaient situés ces deux lieux ? Proche l’un de l’autre ? En un même lieu ?

Le départ des Tours de France des Indépendants (ou Tour Peugeot Wolber) de 1910 (et 1911) s'effectuèrent à la hauteur du Café-Restaurant Blanchard (situé à l’intersection de la rue de la Câblerie et de la rue de Belfort devenue rue du Général Leclerc).

Dans la presse, le départ est situé ‘Aux Portes de Belfort’.  

CPA Danjoutin Route de Belfort

Carte postale Danjoutin, à gauche Café Blanchard (coll. privée)

Le café était situé en face de l’entreprise Stein.

L’identification du lieu fut rendue possible grâce à une carte postale dont le cliché représente le départ en 1910 de la 4e étape de ce Tour !

CPA Danjoutin Tour de France des Indépendants Départ

Carte postale Danjoutin Départ du Tour des Indépendants (coll. privée)

Une autre vue du lieu apporte la preuve.

CPA Danjoutin Café Blanchard

Carte postale Danjoutin La rue de Belfort (coll. BF)

Le 3e bâtiment à droite est celui qu’on voit sur la carte postale du Tour des Indépendants. A gauche, le café Blanchard ou La Carpe d’Or.

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder à l’article sur le Tour des Indépendants.

La presse n’aide pas toujours !

Pour le départ de la 4e étape du Tour de France 1909, du lundi 11 juillet, dans le journal L’Auto du 10 juillet, il est écrit :

Le départ de la quatrième étape sera donné devant le café Muller, route de Montbéliard, à Belfort, la nuit prochaine…’’

Mais dans un autre paragraphe de la même édition, il est écrit :

‘‘Les opérations de contrôle et la signature auront lieu au café Muller, à Danjoutin, près de Belfort…’’

Comme toujours, je suis preneur de toute information…

Le départ

En ce lundi 11 juillet, pour la 4e étape, Henri Desgrange, le rédacteur en chef du journal L’Auto, l’organisateur du Tour, vint ouvrir la table de contrôle tenue par les personnes nommées par l’organisation.

Le premier coureur qui vint signer la feuille d’enregistrement fut le belfortain André Herbelin qui fut chaleureusement applaudi, une vraie ovation, par le nombreux public venu voir le départ des forçats de la route ; il faut dire que ses camarades du Cycle Belfortain étaient très bruyants. Sa fiancée lui fixa son dossard.

Au départ de cette 4e étape, ils n’étaient plus que 99 coureurs sur les 104 qualifiés après l’étape cauchemardesque vécue entre Metz et Belfort. Ils s’étaient équipés d’accoutrements hétéroclites pour s’isoler au maximum de la pluie glaçante toujours présente.   

Ils enfourchèrent leur bicyclette et au top du départ donné à 3 heures, se lancèrent sur un parcours de 309 kilomètres pour rejoindre Lyon. Un entre d'eux, Léon Lanoy ne fit qu’un demi-kilomètre et abandonna, genou récalcitrant !

CPA Danjoutin Route Montbéliard 2

Carte postale Route de Montbéliard à Danjoutin (coll. privée)

A Montbéliard, un groupe de 40 coureurs s’était formé devançant le peloton. Dès Besançon, François Faber et Constant Ménager avaient 3 minutes d’avance sur les poursuivants. A Poligny, elle était de 10 minutes ainsi qu’à Lons-le-Saunier. A Bourg, elle atteint 30 minutes et en ce lieu Faber partit seul, profitant que son compagnon d’échappé avait décidé de se restaurer, pris de fringale.

CPA Bourg en Bresse

Carte postale Bourg en Bresse (coll. privée)

Il arriva seul à Lyon sur le boulevard Nord, vers le Palais de Glace, où la ligne d’arrivée était tracée. Il devança Constant Ménager de 10 minutes et Gustave Garrigou de 15 minutes.

CPA Lyon Palais de Glace Boulevard du Nord

Carte postale Lyon Palais de Glace (coll. privée)

François Faber gagnait ainsi 3 étapes de suite, une première.

Même si le temps s’était assagi peu après le départ, cette étape se déroula sous la pluie.

Victoire de François Faber à Paris

L’arrivée finale s’effectua sur la piste du vélodrome du Parc des Princes à Boulogne, le 1er août, devant une foule des grands jours.

CPA Boulogne Vélodrome

Carte postale Le vélodrome du Parc des Princes à Boulogne-sur-Seine

François Faber termina 3e à la dernière étape entre Caen et Paris. La victoire revint à Jean Alavoine qui devança de 6’30, Louis Trousselier.

CPA Jean Alavoine par Jack Plunkett

Carte postale Jean Alavoine croqué par Jack Plunkett (coll. privée)

Mais avec l’avance acquise sur les étapes précédentes, il remporta le Tour de France 1909 avec 37 points, devançant Gustave Garrigou (57 pts) et Jean Alavoine (66 pts)

François Faber qui avait pris la tête du classement général lors de la 2e étape à Metz, la conserva jusqu’à Paris.

Image François Faber 2

Image François Faber (coll. privée)

Cette victoire était due à sa capacité d’être un vrai métronome, en établissant un record, remportant 6 étapes dont 5 d’affilée, de la 2e à 6e (arrivées à Metz, Belfort, Lyon, Grenoble et Nice) et la 10e (à Bordeaux),

3 places de 2e (2e, 11e et 12e étape)                    

2 places de 3e (13e et 14e étape)                    

1 place de 4e (7e étape)                    

1 place de 5e (8e étape)                    

Son plus mauvais résultat, si on peut se permettre cette chicane, fut une 10e place à la 9e étape.

Primes

Pour sa victoire finale, il remporta la somme d'environ 20000 francs, 8920 offerts par L’Auto et le reste par des commerçants et particuliers.

François Faber

François Faber est né le 26 janvier 1887 à Aulnay-sur-Iton, commune de l’Eure. Mais il était luxembourgeois par son père, Jean-Pierre Faber, qui était venu en France pour chercher du travail; il y rencontra son épouse Marie Paul. Il a préféré conserver la nationalité de son père.

CPA Aulnay-sur-Iton

Carte postale Aulnay-sur-Iton (coll. privée)

Docker à Courbevoie, il acheta sa première bicyclette au printemps 1906, une Labor et s’inscrivit au Tour de France en indépendant. Arrivé après la fermeture du dernier contrôle officiel, lors de 6e étape à Marseille, il fut disqualifié.

Mais il avait gouté au parfum de cette course et fut présent au départ des 8 éditions suivantes. Il termina son deuxième Tour à la 7e place et en 1908, il monta sur la 2e place du podium en étant vainqueur sur 4 étapes.

1909, on a vu sa victoire.

1910, à nouveau 2e avec le gain de 3 étapes. Il abandonna à la 12e étape en 1911, après avoir gagné 2 étapes. Il termina 14e en 1912, 5e en 1913 avec 2 victoires et 9e en 1914 avec de nouveau 2 victoires.

Affiche François Faber 1909

Affiche François Faber (coll; privée)

Hormis le Tour, son épreuve favorite, il gagna plusieurs classiques, le Tour de Lombardie en 1908, Paris-Tours et Paris-Bruxelles en 1909, à nouveau Paris-Tours l’année suivante, Bordeaux-Paris en 1911, et Paris-Roubaix en 1913.

A ces victoires, il obtint de nombreux podiums.

Voulant rendre à la France ce qu’elle lui avait donné, il s’engagea le 22 août 1914 dans la Légion étrangère, étant Luxembourgeois. Il disparut lors de la bataille de l’Artois, au Mont-Saint-Eloi,  le 9 mai 1915, son corps ne fut pas retrouvé.

Livre Francois Faber

Livre François Faber par Paul Leroy

François Faber s’était construit un beau palmarès qu'il ne put poursuivre...

André Héberlin

Le 7 août, dans la Cité du Lion, une réception fut organisée en l’honneur d’André Herbelin pour sa belle participation au Tour de France 1909 où il s’était classé à la 44e place avec sa bicyclette La Française marque ‘’Diamant’’ sur pneus Soly fournie par la Maison Chaussin. Elle avait supporté allégrement les 5000 kilomètres de la compétition.

Pub La Française Diamant Bicyclette R

Publicité Bicyclette La Française Diamant (coll. privée)

Il reçu un bronze représentant ‘’La Victoire’’ offert par de généreux donateurs.

Epilogue

Déjà vainqueur lors du Tour de France 1908 à Belfort, François Faber remporta à nouveau l’étape arrivant dans la Cité du Lion, lors de cette édition 1909.

De plus, les spectateurs, malgré une pluie abondante, purent voir et applaudir un belfortain, André Herbelin, présent sur cette épreuve.

Belfort avec cette troisième participation à accueillir le Tour, devenait un passage obligé, de l’épreuve, surtout avec le passage emblématique par le Ballon d’Alsace.

JM

Liens pour accéder aux articles cités

Article sur le Tour 1907 : Cliquer ici

Tour des Indépendants : Cliquer ici

Tous les articles sur le Tour : Cliquer ici

Références presse : Journaux La Frontière et L’Alsace (Coll. Site Archives départementales du Territoire  Belfort)

Référence Web : Wikipédia, Site La Grande Boucle, Journal L’Auto sur le  Site de la BNF, Divers autres Sites…

Infos pratiques  

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