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LE CARTOPHILION
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3 juillet 2024

Tour de France 1914 (3e partie), Belfort & Ballon d’Alsace

 

Après une présentation détaillée de l’organisation de cette 12e édition du Tour de France 1914 et de la première étape dans une 1ère partie, puis une 2e partie avec le déroulement de la 12e étape entre Genève et Belfort, le 20 juillet, où le Ballon d’Alsace fut au programme, via Saint-Maurice, et la journée de repos, voici la 3e partie finale traitant de la 13e étape du 22 juillet, entre Belfort et Longwy, de l’arrivée à Paris et des résultats finaux.

 

Pour cette 2e étape dans le département du Territoire de Belfort, le Ballon d'Alsace fut à nouveau au programme mais dans un autre sens !

Belfort à l’honneur dans le journal L'Auto (doc. Gallica, BNF)

 

Comme écrit dans la première partie, cette configuration particulière reprenait celle du Tour de France 1913, avec le col vosgien gravit deux fois dans cette 12e édition, une première, du moins une deuxième en 1914 !

 

NA : En fin de texte des liens permettent d'accéder au Sommaire recensant l'ensemble des articles sur le Tour de France, dont les 1ère et 2e parties de cette édition.

 

Troisième partie de l'article

 

Mercredi 22 juillet, 13e étape Belfort-Longwy

 

La 13e étape reliait la Cité du Lion à Longwy, une étape de 325 kilomètres avec deux difficultés au programme, le Ballon d’Alsace (1256 m) dès le départ ou presque, et le col de Grosse-Pierre (1080 m).

Carte postale Un souvenir de Belfort (coll. JM)

 

Par contre, cette première montée est moins difficile dans ce sens, malgré ses 4 kilomètres supplémentaires, que par le versant de Saint-Maurice. Il y a tout de même sur la première partie du parcours de cet étape, de nombreuses côtes dans le massif vosgien, à franchir.

 

Comme pour chaque départ, les coureurs devaient accomplir une formalité, l’enregistrement à la table de contrôle. Elle fut installée à la Brasserie Danjean, faubourg de Montbéliard, pour être opérationnelle à partir de 2h45 du matin, plutôt de la nuit. Le premier fut le coureur isolé Henri Alavoine, il s’agit du frère de Jean Alavoine qui passa en premier le col du Ballon d’Alsace et termina 2e de l’étape, de l’avant-veille.

 

L’ensemble des opérations lié au départ, fut effectué sous la responsabilité de Fernand Chaussin, correspondant du journal L’Auto, et des commissaires de la course.

Extrait facture La Brasserie Danjean à Belfort (coll. BF)

 

Comme tous les coureurs au départ de Genève arrivèrent dans les temps à Belfort, ils étaient à 55 à émarger à la table de contrôle ! Composé de 37 appartenant à des équipes (ou professionnels) et 18 isolés (ou indépendants).

 

De 1905 à 1912, le départ fut donné… à Danjoutin, devant le café d'Émile Muller, dépositaire de cycles et président du Cycle Belfortain. Mais suite à l'inversion du sens du déroulement du Tour en 1913, reconduit en 1914, il fut effectué depuis le quai Vauban, à Belfort ! La ligne d'arrivée devenait la ligne de départ… et les coureurs reprirent le chemin emprunté, deux jours plutôt, depuis Le Thillot, mais en sens inverse !

 

Le départ

 

Comme devant la brasserie Danjean, le quai Vauban nord avait fait le plein de spectateurs pour voir une dernière fois les coureurs et les applaudir.

 

Après l'appel des coureurs, le départ fut donné à 3 heures trente tapantes par Robert Desmarets de L'Auto, aux 55 coureurs restants pour cette étape de 325 kilomètres où le soleil avait fait place à une météo chagrine, d’ailleurs des éclairs étaient visibles sur le Ballon d’Alsace.

Carte postale Belfort Quai Vauban (coll. JM)

 

Pour rejoindre Longwy, le parcours passait par le Ballon d'Alsace (32e km), Saint-Maurice-sur-Moselle (41e km), La Bresse (69e km), Col de Grosse-Pierre (74e km), Gérardmer (83e km), Saint-Dié (114e km), Baccarat (139e km), Lunéville (164e km), Nancy (192e km), Pont-à-Mousson (220e km) et Jarny (278e km).

 

Le Ballon d'Alsace

 

Pour la 2e fois, le Ballon d'Alsace était placé en début de l'étape, donc un peu trop tôt pour tenter les coureurs de partir seuls, à l'aventure sur les 13 kilomètres de ce côté de la montée, mais ils furent tout de même quatorze, dont les leaders, à franchir le col et ils poursuivirent dans cette configuration.

 

Carte postale Ballon d'Alsace (coll. privée)

 

Dans ce groupe, on trouvait, Philippe Thys, Gustave Garrigou, Henri Pelissier, Marcel Baumler, Jean Rossius, Jean Alavoine, Firmin Lambot, Alphons Spiessen (B), Donald Kirkham (Aus), Charles Charron, Émile Georget, François Faber (Lux), Henri Devroye (B)…

 

Le premier à franchir le sommet, fut de nouveau Jean Alavoine, comme deux jours plutôt, devant Henri Pélissier et Firmin Lambot. Il fit donc de même, que le belge Marcel Buysse en réalisant cet exploit en 1913.

Carte postale Illustration Jean Alavoine (coll. privée)

 

Classement au sommet du Ballon d’Alsace (passage)

 

    1913 : Marcel Buysse (B)
    1914 : Jean Alavoine

 

La suite de la course…

 

Même parcours en 1914 qu'en 1913, même vainqueur pour l’étape Belfort-Longwy, avec la victoire de François Faber (L) qui avait lâché le groupe avant Baccarat

Longwy François Faber
(photo journal La Vie au Grand Air doc. Gallica, BNF)

 

Dans le col de Grosse-Pierre (74e km), Jean Alavoine attaqua et prit ses distances du petit groupe; il arriva seul à Gérardmer (83e km); le groupe se reforma peu après. Le luxembourgeois les quitta après Saint-Dié (114e km) et franchit seul la ligne d’arrivée, à Longwy, avec 6mn 18s.

 

Le 2e place fut remportée au sprint par Henri Pélissier sur Jean Alavoine.

Longwy Le belge isolé Hector Tiberghien
(photo journal La Vie au Grand Air doc. Gallica, BNF)

 

Classement général

 

Philippe Thys, arrivé 4e, conservait la tête du classement général et toujours avec près de 32 minutes d’avance.

 

1. Philippe Thys (B) en 171h 34mn 16s

2. Henri Pélissier à 31mn 50s

3. Jean Alavoine à 1h 3mn 6s

4. Jean Rossius à 1h 20mn 11 s

5. Gustave Garrigou à 3h 7mn 45s

 

Cette étape n’eut pas d’impact sur les cinq premiers.

 

26 juillet 1914, dernière étape Dunkerque-Paris

 

L’avant dernière étape n’aurait pas dû avoir d’incidence sur le classement général, mais le belge fut sanctionné de 30 minutes, suite à un incident près de Bailleul ! Il tomba par la faute d’un cycliste du dimanche. À l’époque, il était possible de s’insérer dans le peloton pour effectuer des kilomètres avec eux…

Carte postale Bailleul Avenue de la gare  (coll. privée)

 

Mais dans l’affaire, il cassa une roue et fut dépanné par son partenaire et concitoyen Louis Heugshem, mais il oublia de rapporter le moyeu cassé poinçonné aux commissaires de la course, d’où la sanction.

 

Philippe Thys n’avait plus qu’une minute cinquante d’avance sur Henri Pélissier.

 

Ce dernier tenta bien sa chance dans la côte du Cœur-Volant mais elle ne fut pas à la hauteur de son ambition, ne lui permettant pas de prendre du temps sur le leader. Par contre, il obtint une consolante.

Fiche Philippe Thys (coll. privée)

 

L'arrivée fut jugée comme les années précédentes au Parc des Princes.

 

Arrivée au Parc des Princes

 

Comme pour chaque arrivée du Tour au Parc des Princes, le public présent au vélodrome bénéficia d'un beau programme, seul élément perturbateur, la pluie ! Plusieurs courses se déroulèrent dans le cadre des Championnats des coureurs de la 1ère à  la 4e catégorie, et des courses dans d’autres formats.

Carte postale Parc des Princes Départ d’une course (coll. privée)

 

Malgré un beau programme, les spectateurs, environ vingt mille, tenus au courant par des ardoisiers du déroulement de l’étape, attendaient impatiemment l’arrivée des coureurs.

 

Un coup de clairon les annonça et ils virent se présenter sur la piste, un quatuor composé d'Henri Pélissier, du belge Philippe Thys, de Jean Rossius et de Maurice Brocco, ce qui déclencha des ovations tonitruantes, à plein gosier.

 

La victoire au sprint revint à Henri Pélissier devant Jean Rossius et Maurice Brocco; Philippe Thys prit la 4e place, mais c’était secondaire pour lui, avec sa deuxième victoire sur le Tour de France.

L’arrivée du quatuor sur la piste du Parc des princes
(photo journal La Vie au Grand Air doc. Gallica, BNF)

 

Comme chaque année, la piste fut envahie par les spectateurs malgré les cordons de la police qui furent rompus sous la pression. Elle dût s'employer fermement pour faire retourner la vague humaine derrière les barrières.

 

1. Henri Pélissier en 13h 21mn 16s

2. Jean Rossius MT

3. Maurice Brocco MT

4. Philippe Thys (B) MT

5. Trousselier à 1mn 11s

Carte postale Henri Pélissier (coll. privée)

 

Cette victoire vint compléter les deux autres acquises, à Grenoble (10e) et à Belfort (12e).

 

Classement final

 

Le Tour de France 1913 fut donc remporté par le belge Philippe Thys succédant à lui-même; en étant en tête du classement depuis la 1ère étape ! Il faut remonter à 1903, la première édition, pour retrouver cet exploit, avec le vainqueur Maurice Garin.

Carte postale Philippe Thys Vainqueur 1913 & 1914 (coll. privée)

 

Il n'avait remporté qu’une étape, la première, au Havre, récidivant comme en 1913 où il ne remporta que la 6e étape.

 

Il dut partager la tête du classement de la 2e à la 5e étape, étant ex aequo avec Jean Rossius.

Henri Pélissier fut aussi sur ce podium, à Brest (3e), à La Rochelle (2e), et pris la 2e place à Perpignan (7e étape) pour ne plus la lâcher.

 

1. Philippe Thys (B) en 200h 28mn 48s

2. Henri Pélissier à 1mn 50s

3. Jean Alavoine à 47mn 3s

4. Jean Rossius à 1h 27mn 5 s

5. Gustave Garrrigou à 3h 21s

 

92 coureurs furent éliminés ou abandonnèrent sur les 145 ayant pris le départ.

 

Classement des Marques

 

Voir chapitre "Les Prix".

 

Classement final des "isolés"

 

Le belge Camille Botte termina 1er isolé lors de ce 12e Tour de France.

Camille Botte (photo L'Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Il prit une très belle 15e place du classement général, à 9 h 45mn 27s du vainqueur.

 

Les prix et les primes

 

Les primes de L'Auto pour les professionnels

 

La victoire finale rapporta à Philippe Thys, 5 000,00 francs auxquels s’ajoutaient d’autres primes qui firent un montant total s'élevant à 6 801,25 francs.

 

Quant aux suivants

 

   2e : Henri Pélissier avec 5 714,89 francs
   3e : Jean Alavoine avec 2 789,32 francs
   4e : Jean Rossius avec 2 545,00 francs
   5e : François Faber avec 1 653,49 francs
   …

Billet de 50 francs 1914 (coll. privée)

 

D'autres prix furent offerts par de nombreux donateurs… tout au long du parcours de cette 12e édition du Tour de France, comme à Belfort.

 

Le Challenge "Vie au Grand Air"

 

Le Challenge du journal "Vie au Grand Air" créé en 1911, fut remis à l'équipe Peugeot avec ses 12 victoires : Henri Pélissier 3 victoires, Oscar Egg 2, François Faber 2, Philippe Thys 1, Émile Engel 1, Firmin Lambot 1, Jean Alavoine 1, Gustave Garrigou 1.

 

L’équipe du Lion finissait devant Alcyon (Jean Russius 2) qui l’avait remporté les deux années précédentes, et La Française-Hutchinson (Octave Lapize 1).

 

  -1911 : Alcyon
  -1912 : Alcyon
  -1913 : Peugeot

Cette œuvre du sculpteur aviateur Léon Delagrange décédé en 1910, un bronze, fut réalisée par la Maison Louchet.

 

Le Challenge "Annales Politiques et littéraires"

 

Un autre prix créé en 1911 à l'initiative de René Tampier, le challenge des "Annales Politiques et littéraires", la Jeanne d'Arc d'Antonin Mercié récompensa l'équipe Peugeot qui avait placé ses coureurs aux 3 premières places du classement général.

 

  -1911 : La Française des Jeux
  -1912 : Alcyon
  -1913 : Peugeot

 

Les primes de L'Auto pour les "isolés"

 

Chez les isolés, Camille Botte obtint le montant de 2 020,00 francs dont 1200,00 francs pour son classement final.

 

De nombreux coureurs isolés récoltèrent de belles primes dont Julien Tuytten avec 1430,00 francs.

 

Une petite statistique

 

Pour effectuer les 5405 kilomètres de cette 12e édition, les coureurs ont roulé entre 8 jours 8 heures 28 minutes pour le vainqueur, le belge Philippe Thys, et 12 jours 11 heures 33 minutes, pour le dernier, Henri Leclerc.

 

Donc le dernier est resté sur sa selle, 50% de temps en plus que le premier.

 

Anecdote

 

Il est écrit dans le journal L’Auto que des coureurs du Tour de France trustant les premières places du classement général, avait fait appel à un breuvage plus efficace que le thé ou le café, le "Vin Kolo à la Coca du Pérou" via la Coca contenu !

 

Car la Coca du Pérou contenu possédait un pouvoir stimulant… extraordinaire ! En macérant la Coca dans les vieux vins de Portos, ajoutés à d’autres produits de premier ordre scientifiquement dosés, les établissements Koto réalisèrent un vin tonique inégalable.

Extrait publicité Coca des Incas (coll. privée)

 

Est-ce l’ancêtre du "Pot Belge" appellation correspondant à un mélange de produits dopants ?

 

Les premiers utilisateurs furent les boxeurs.

 

Le vainqueur, Philippe Thys

 

Après avoir fini 6e en 1912, 1er en 1913, Philippe Thys remportait ce nouveau Tour de France, lui qui fut le vainqueur du Tour des Indépendants en 1911.

 

NA : En fin de texte un lien permet d'accéder à cet article.

Publicité Peugeot (photo L'Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Dans ce même article est consacré un chapitre sur sa carrière, je vous invite à la consulter.

 

Fin de la 3e partie

 

Épilogue

 

Le vainqueur du Tour de France, le belge Philippe Thys après avoir remporté l’édition 1913, a récidivé en étant vainqueur du Tour de France 1914, en ayant été en tête de la première à la dernière étape.

 

Comme pour la précédente édition où il fut en concurrence avec Gustave Garrigou, il le fut avec Henri Pélissier cette année-là.

 

Avec cette victoire, il rapportait une troisième consécutive pour la Belgique.

 

Belfort vit la victoire d'Henri Pélissier, le deuxième du classement général.

 

Quant au Ballon d'Alsace, Jean Alavoine succéda au belge Marcel Buysse pour le 1er passage.

 

JM

 

Liens pour accéder aux articles cités

 

Sommaire des Tours de France : Cliquer ici

 

Tour des Indépendants 1911 : Cliquer ici

 

Références presse : Journaux La Frontière et L’Alsace (doc. Archives départementales du Territoire de Belfort), Journal L'Auto et La Vie au Grand Air (doc. Gallica, BNF)

 

Référence Web : Wikipédia, Site La Grande Boucle, Divers autres Sites…

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

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