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LE CARTOPHILION
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19 décembre 2024

Raid aviateurs anglais de Belfort sur Friedrichshafen en novembre 1914

Après un article consacré à la présence de prises de guerre sur la place d’armes de Belfort en août 1914, un autre fait militaire m’a interpellé provoquant un nouvel article à vous proposer sur le début de la Première Guerre Mondiale.

 

Il s’agit du raid aérien d’aviateurs anglais à partir du Champ de mars de Belfort, sur Friedrichshafen en Allemagne, le 21 novembre 1914

 

Les officiers du commandos anglais dont les aviateurs
(photo Site IWM)

 

Cette opération eut pour but de détruire l’usine Luftschiffbau Zeppelin GmbH, du moins réduire ses moyens de production, construisant des Zeppelins, implantée au bord du lac de Constance.

 

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder à l’article en quatre parties consacrées aux prises de guerre suite à la deuxième offensive française en Haute Alsace en août 1914.

 

Contexte

 

Avant le début de la Première Guerre Mondiale, l’Allemagne possédait via ses Zeppelins, une force aérienne puissante pouvant causer de gros dégâts matériels et humains, car capable de transporter sur de longues distances des charges explosives. Ils avaient aussi des caractéristiques propres très supérieures aux avions, altitude atteinte, vitesse de montée, charge transportée…

Carte postale Graf Zeppelin (coll. privée)

 

L’état-major anglais avait créé le 1er juillet 1914, le Royal Naval Air Service, en charge de protéger les côtes anglaises, puis avec la déclaration de la guerre, d’attaquer les côtes allemandes. À sa tête, fut nommé comme directeur, le capitaine Murray Sueter. Il avait une bonne connaissance de ces machines volantes, car mi 1912, il avait pu visiter une usine en Allemagne et même effectuer un essai !

Carte postale patriotique anglaise (coll. privée)

 

Au regard de ces missions, il devait éliminer, à minima affaiblir ce potentiel destructeur.

 

La solution choisie fut d’anéantir, autant faire se peut, les usines de construction de ces engins.

 

Une première mission aérienne anglaise, se déroula le 22 septembre 1914, pour bombarder les hangars de Zeppelin de Cologne et Düsseldorf, avec des dégâts peu importants.

 

Une deuxième fut mené le 8 octobre 1914, à nouveau sur l’usine de Düsseldorf qui eut comme résultat la destruction du Zeppelin LZ25 gonflé dans son hangar, grâce aux bombes explosives lâchées par l’aviateur Reginald Marix aux commandes d’un Sopwith Tabloid, parti d’Anvers, en Belgique.  

Carte postale Zeppelin LZ25 (coll. privée)

 

Mission secrète

 

Fort de cette réussite, l’état-major anglais décida de s’en prendre à un autre objectif, plus ambitieux, l’usine Luftschiffbau Zeppelin GmbH implantée à Friedrichshafen, située sur la rive nord-est du lac de Constance. Car elle était la plus importante, avec plusieurs hangars de construction de dirigeables, complétée de bâtiments annexes nécessaires pour réaliser ces fabrications.

Carte postale Friedrichshafen Hangar Zeppelin (coll. privée)

 

Le gouvernement anglais parvint à convaincre son homologue français de s’inscrire dans cette volonté de détruire cette usine. Apparemment, ce dernier était frileux* à adhérer à cette attaque programmée… il est vrai que la France était plus à portée de rétorsions que l’Angleterre ! Elle donna tout de même son accord mais en demandant de maximaliser le secret du projet.

 

*Peu de temps après, dès décembre, elle envisagea ce type d’actions pouvant détruire des usines allemandes.

 

La préparation de la mission

 

Belfort fut choisi comme base de départ du raid anglais, car la plus proche de l’objectif, n’étant qu’à 125 miles (201 kilomètres) de Friedrichshafen, située en bordure nord-est du Lac de Constance.

 

Par contre, elle ne possédait pas une vraie piste d’aviation !

Plan du trajet du raid sur Friedrichshafen (concept. JM & réal. BF)

 

Dès le 24 octobre 1914, le lieutenant anglais Noel Pemberton-Billing, qui fut chargé d’organiser cette opération, tant en Angleterre qu’en France, vint à Belfort avec son adjoint pour préparer le raid envisagé. Après avoir rencontré son officier traitant et les aérostiers pouvant les aider, et prendre en compte les contraintes des lieux. Ensuite, il se rendit en Suisse, pour rejoindre le lac de Constance et effectuer une reconnaissance des lieux.

Carte postale Friedrichshafen (coll. privée)

 

Après cette tournée d’inspection, il rejoignit son pays, le 28 octobre.

 

Il fut décidé d’utiliser quatre nouveaux aéroplanes, des Avro type 504, et de les équiper de quatre bombes de type Hales, de 20 livres (9 kilogrammes) chacune, contenant 4,5 livres (2 kilogrammes) d’explosif. Certains des aviateurs n’avaient pas encore effectué de vols avec ces nouveaux aéroplanes.

Bombe Hales de 20 livres (9 kg) (doc. Site maquetland)

 

Une tacks force fut constituée en vue de cette mission cruciale, sous le commandement du commandant Philipp Shepherd (brevet de pilote n°288 du 17 septembre 1912). Elle fut composée de cinq aviateurs, le chef de groupe ainsi que les commandants John Babington (brevet n°408 du 4 janvier 1913) et Edward Featherstone Briggs (brevet n°265 du 30 juillet 1912), le lieutenant Sydney Vincent Sippe (brevet n°172 du 9 janvier 1912), et le sous-lieutenant Ronald Portmann Cannon (brevet n°801 du 30 mai 1914); elle était complétée de dix autres personnes devant assurer des activités prévues à Belfort.

 

Le lieutenant Sydney Vincent Sippe avait participé au raid sur Düsseldorf, le 8 octobre.

 

L’aéroplane anglais Avro 504

 

L’aéroplane Avro type 504 est un bombardier biplan fabriqué à partir de 1913, par la Compagnie aéronautique Avro, fondée en 1910, installée à Lancashire, Comté du nord-ouest de l’Angleterre.

Carte postale Aéroplane AVRO 504K (coll. privée)

 

Il fut un dérivé de l’aéroplane version Avro 500.

 

L’aéroplane était en bois, il possédait deux baies (ailes) fixées sur un fuselage de forme carrée et était biplace. Il fut construit à près de 9 000 exemplaires, une grande partie en Angleterre, mais aussi dans de nombreux pays, sous licence.

 

Il était équipé d’un moteur rotatif Gnome Lambda de 80 chevaux (60 kW), à sept cylindres refroidis par air, de conception française, par la Société des moteurs Gnome, produit en Angleterre sous licence par la société Daimler, à Coventry. Il ne possédait que 2 régimes de vitesses, bas et haut régime.

Moteur Gnome Lambda (doc. Wikipédia)

 

Ce moteur fut construit, lui aussi à des dizaines de milliers d’exemplaires.

 

L’AVRO 504 est considéré comme l’un des premiers bombardiers légers.

 

Cet aéroplane biplace permettait d’ajouter un réservoir supplémentaire, en lieu et place, du deuxième siège, pour couvrir le besoin en carburant pour la mission. La distance à parcourir, aller et retour, nécessitait cette adjonction.

 

La préparation sur le terrain

 

Par sécurité, l’équipe dédiée à cette mission, embarqua seule à Southampton à bord d’un bateau pour rejoindre Le Havre, quant aux caisses contenant les quatre aéroplanes démontés de la RNAS (Royal Naval Air Service) et des pièces de rechange dont deux moteurs, elles effectuèrent le même trajet, mais en empruntant un bateau distinct.

 

Au port français, hommes et matériel empruntèrent le même train pour rejoindre Belfort où l’arrivée en gare le 13 novembre, se déroula après la tombée de la nuit, permettant de maintenir la confidentialité exigée.

Carte postale Belfort La gare & les voies (coll. JM)

 

L’ensemble fut convoyé au Camp d’aviation du Champ de Mars, dans l’un des hangars à dirigeable affecté à cette mission, pour permettre l’assemblage à l’abri des regards. Il fut réservé lors de la visite préparatoire en octobre.

 

Tout comme le matériel, l’équipe fut elle aussi consignée dans le bâtiment, avec interdiction d’en sortir jusqu’à la phase de préparation des essais de validation et d’envol ! Les membres du groupe durent supporter tant bien que mal, le froid mordant du mois de novembre de l’Est de la France.

 

Mais l’un d’eux, le commandant Philipp Shepherd prit froid et tomba malade. Pour éviter l’épidémie, les membres de l’équipe couchèrent dans un hôtel.

Carte postale Belfort Hangars aux dirigeables (coll. JM)

 

Les mécaniciens ne mirent que deux jours pour assembler les quatre aéroplanes et les mettre à la disposition des aviateurs. Pour conserver le secret, une partie des essais furent même effectués dans le hangar, dont le fonctionnement des quatre moteurs, permettant de valider l’assemblage.

 

Parmi l’équipe, il y avait aussi un spécialiste, l’ingénieur Roy Chadwick, un des concepteurs de l’AVRO 504, chargé du montage sécurisé des râteliers à bombes sur les aéroplanes, d’expliquer et de former les aviateurs au fonctionnement du largage de celles-ci; une première pour eux !

Les officiers du commandos (photo Site IWM)

De gauche à droite : Le chef de la mission, le commandant Noel Pemberton-Billing, le lieutenant Frank Arthur Brock, le commandant Philip Shepherd, le lieutenant John Tremayne Babington, le commandant Edward Featherstone Briggs, Lieutenant Sidney Vincent Sippe et le commandant Roland Portman Cannon. Photographie prise à Belfort dans la salle des ballons.

 

Par contre, les pilotes anglais avaient apparemment l’habitude d’avoir une vraie piste d’envol, et non d‘être sur un terrain herbeux plus ou moins bosselé, mais ils durent en faire leur parti. Les aérostiers du camp avaient enlevé les plus gros cailloux et même supprimé des fils de barbelés de séparation de parcelles, présents dans l’alignement de la piste !

Aéroplane AVRO 504 (photo Site IWM)

 

Malgré la petite forme, mais étant le commandant des aviateurs, Philipp Shepherd fut le premier des aviateurs anglais à tester la "piste" pour effectuer un envol. Lors du roulage, l’aéroplane n’apprécia pas trop les conditions bosselées du terrain qui provoquèrent de la casse… en endommageant l’atterrisseur, l’hélice et la queue de l’avion. Au regard de la situation et du peu de pièces de rechange, il fut décidé d’annuler les autres essais et d’effectuer le prochain… lors du départ pour le raid sur Friedrichshafen.

 

Les mécaniciens durent effectuer les réparations pour remettre l’avion en état, pour effectuer le vol prévu.

 

Le raid sur Friedrichshafen

 

La date du 21 novembre fut arrêtée, au regard des conditions météorologiques favorables à effectuer un vol aller-retour sans carte, car l’état-major français ne voulait pas que l’on sache d’où étaient partis les aéroplanes, en cas de capture de l’un deux ! Les aviateurs durent mémoriser le trajet aller-retour défini, qui évitait de survoler la Suisse, pays neutre. Ils savaient que la défense aérienne du lieu était limitée à la présence de canons et de mitrailleuses mais en quantité limitée.

 

Les quatre aviateurs anglais dans leur aéroplane armé des bombes furent prêts au départ à 9 heures trente, pour accomplir leur mission sur Friedrichshafen. Le commandant Philipp Shepherd trop faible fut remplacé par le sous-lieutenant Ronald Cannon.

Les aéroplanes AVRO 504 au départ le 21 novembre 1914
(photo Site IWM)

 

De gauche à droite, les aéroplanes des aviateurs anglais

 

N°873 : Commandant Edward Featherstone Briggs, le chef de mission
N°875 : Commandant John Babington
N°874 : Lieutenant Sydney Vincent Sippe

 

Non visible sur la photo

N°879 : Sous-lieutenant Ronald Portmann Cannon

 

À 10 heures, dans cet ordre, le premier pris son envol suivi des autres, hormis celui du sous-lieutenant Ronald Portmann Cannon qui ne parvint à décoller, malgré deux essais, certainement lié aux dégâts suite au premier essai de roulage par le commandant Sheperd, les réparations ne durent pas être suffisantes pour le rendre totalement opérationnel.

Le lieutenant Sydney Vincent Sippe (doc. IWM)

 

Le départ fut effectué en retenant chaque aéroplane pour atteindre le plein régime et le lâcher pour permettre le décollage le plus rapidement possible, réduisant ainsi le roulage au maximum pour éviter des casses !

 

Comme prévu, il devait contourner la Suisse par le nord donc passer au-dessus de la Forêt Noire à une altitude de 4 000 pieds (environ 1 200 mètres), s’enfoncer dans l’Allemagne et puis virer après avoir parcouru environ 85 miles (137 kilomètres) en direction du Lac de Constance pour atteindre leur objectif, les hangars de l’usine de Zeppelin, Luftschiffbau Zeppelin GmbH, située à Friedrichshafen.

Plan du trajet du raid sur Friedrichshafen (concept. JM & réal. BF)

 

Ils leur étaient impossibles de voler en escadrille, chaque aviateur devait appliquer le plan de vol mémorisé pour atteindre leur objectif.

 

Leur cible

 

Il n’était pas encore midi quand les aéroplanes atteignirent le lac de Constance.

 

L’aéroplane n°873

 

Le premier aéroplane piloté par le chef de mission, le commandant Edward Featherstone Briggs arriva plein nord sur la côte est du lac de Constance et peu après, il identifia sa cible. À 10h50, il lâcha ses bombes sur les bâtiments, mais il subit le tir efficace de la défense allemande car il fut blessé à la tête et le système d’alimentation du carburant fut atteint, l’obligeant à se poser dans l’environnement du site de fabrication, en territoire ennemi.

Carte postale L’attaque des aviateurs anglais sur Friedrichshafen
(coll. privée)

 

Rapidement arrêté, mais au regard de sa blessure, il fut emmené à l’hôpital de Weingarten, commune située à une vingtaine de kilomètres au nord de Friedrichshafen, pour être soigné. Ensuite, il fut conduit dans une prison à Ingolstadt, au nord de Munich; il parvint à s’évader en avril 1917.

 

L’aéroplane n°874

 

Le second aviateur, le lieutenant Sydney Sippe avait longé la côte ouest du lac, à basse altitude, pour virer à la hauteur de la cible, remonta un peu en altitude pour lâcher ses bombes. Mais la quatrième ne se détacha pas, l’obligeant à refaire un deuxième tour, du moins viser un autre équipement militaire, le parc d’hydravions,  pour larguer cette bombe récalcitrante et qui ne voulut pas plus, quitter son râtelier ! La première bombe fut dirigée sur la défense aérienne, et les deuxième et troisième sur les hangars.

Carte postale extrait Attaque des aviateurs (coll. privée)

 

Il revint à son point de départ, au camp d’aviation de Belfort, en ne suivant pas, apparemment, le même itinéraire, tirant au plus court en survolant la Suisse. Son aéroplane avait quelques trous faits par des balles allemandes, mais sans dégât.

 

L’aéroplane n°875

 

Le dernier à intervenir fut le commandant John Babington qui eut des problèmes avec son aéroplane, son moteur ne produisant pas la puissance attendue. Il arriva sur la cible par le nord-est pour lâcher ses bombes et revint en France en s’égarant de son trajet, survolant en partie le territoire de la Suisse et il dut s’astreindre à atterrir, car un peu perdu, pour se renseigner où il se trouvait…

Gravure Attaque des aviateurs (coll. privée)

 

D’ailleurs, la Suisse émit une protestation auprès du gouverneur français pour ces survols de son territoire, sans y être autorisés, qui par ailleurs, n'auraient pas été donnée par son gouvernement pour cause de neutralité affirmée. Elle a obtenu ce statut via le Traité de Paris du 20 novembre 1815, suite à sa demande du 20 mars. Statut confirmé à plusieurs reprises.

 

Les dégâts occasionnés

 

Comme d’habitude, en temps de conflit, suivant de quel côté on est, le niveau de dégâts n’est pas mesuré de la même façon ! Pour les allemands, le raid fit très peu de dégâts, quand côté anglais, on considérait son résultat sinon efficace, du moins probant !

 

Les bombes lâchées sur l’usine de Friedrichshafen auraient endommagé légèrement des hangars de construction dont celui du Zeppelin LZ VII en cours de fabrication, mais sans le toucher, et détruit le système de fabrication d’hydrogène utilisée pour le gonflage des dirigeables allemands (informations au conditionnel).

 

Retours du raid

 

Seul l’aéroplane du lieutenant Sydney Sippe revint sur le Champ de Mars à Belfort, vers 14 heures; ses deux compatriotes eurent des fortunes diverses !

Carte postale Aéroplane Retour de l’aviateur Sydney Sipp (coll. JM)

 

Le commandant John Babington dut atterrir près de Villersexel (Haute-Saône), peu avant l’entrée du bourg de Longevelle, s’étant perdu. Il fut considéré, dans un premier temps, comme un aviateur ennemi… par les habitants qui le gardèrent prisonnier, le temps que les autorités soient contactées et qu’elles vinrent sur les lieux.

 

Malgré ses explications en français, langue bien maîtrisée, il fut conduit à Villersexel pour vérifier ses dires.

Carte postale Villersexel Place de l'école & mairie (coll. privée)

 

La vérification avec le centre de commandement de Belfort, permit de confirmer la véracité de ses explications. Il devint alors un héros auprès de la population de la ville, fort acclamé lors de son départ dans l’automobile du Parc d’aviation belfortain, venue le chercher en soirée.

 

Comme écrit un peu plus haut, le commandant Edward Featherstone Briggs, il avait dû atterrir… en Allemagne !

 

Légion d’honneur

 

Le général Joseph Joffre informé du raid réussi par les aviateurs alliés, décida d’attribuer la Légion d’honneur aux trois aviateurs anglais. Il chargea le gouverneur de Belfort, le général Claude Thèvenet, de leur remettre, au nom de la France.

 

La cérémonie se déroula dans le grand hangar du Champ de Mars, le matin du 22 novembre, en présence de l’état-major de la Place forte, d’une section d’aérostiers, de deux sections du 9e d’Artillerie avec son drapeau et ses trompettes et de détachements des 171e et 172e Régiments d’infanterie.

Le général Thévenet remet les Légions d’honneur (photo Site IWM)

 

Lors de cette cérémonie, le général Claude Thévenet remis les Légions d’honneur, rang chevalier, aux commandants John Tremayne Babington et Sidney Vincent Sippe, ayant participé à ce raid.

Le général Thévenet échangeant avec les aviateurs anglais
(photo presse)

 

Leur compatriote, le commandant Edward Featherstone Briggs étant prisonnier en Allemagne, sa décoration devant lui être remise après sa libération.

 

Le retour de ces aéroplanes en Angleterre

 

Si on se fie aux éphémérides de Louis Herbelin, il écrit à la date du 4 décembre que "les trois biplans anglais stationnés dans le hangar à dirigeables ont pris leur envol, entre onze et midi, à dix minutes d’intervalle l’un de l’autre et se sont dirigés vers la Haute Alsace pour aller atterrir, sans doute à Dannemarie."

Louis Herbelin (photo revue SBE)

 

Les aéroplanes étant, celui du sous-lieutenant Ronald Portmann Cannon qui n’avait pas pu décoller, celui du lieutenant Sydney Vincent Sippe et, celui du commandant John Babington, qui s’était posé vers Villersexel et qui fut rapatrié au camp d’aviation !

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Distinction anglaise

 

Le 1er janvier 1915, fut attribuée à ces trois officiers la distinction anglaise Distinguished Service Order (Ordre du service distingué), par le roi d’Angleterre George V.

 Décoration Distinguished Service Order (doc. Wikipédia)

 

Le 18 mai 1916, il autorisa ces mêmes militaires à porter leur Légion d’honneur en leur pays, une décision rare.

 

Mes remerciements à mon ami Philippe pour l'aide apportée sur la recherche de sources concernant ce raid anglais; beaucoup de sources mais aussi beaucoup d'incohérences; j’ai tenté d’être le plus proche possible du terrain, le moins possible dans les nuages…

 

Épilogue

 

Ce troisième raid anglais, parti de Belfort, n’avait pas atteint le résultat escompté mais il est vrai que vu les conditions mises en œuvre pour le monter, furent loin d’être optimum ! Un tout nouvel aéroplane que plusieurs aviateurs ne connaissaient pas, un système de largage des bombes non testé par eux, une piste d’envol non adaptée à l'AVRO 504, un trajet aller-retour sans carte… et une cible peu documentée.

 

Si l’impact, ou les impacts, n’eut pas le résultat espéré, il gonfla le moral des Anglais et confirma que cette stratégie pouvait résoudre en partie, le problème pour combattre les Zeppelins, forteresses volantes protégées par leur capacité de monter en altitude pour se protéger et du grand nombre de bombes pouvant être transportées !

 

Ce nouveau raid marqua tout de même l’état-major allemand qui renforça sa défense aérienne et construisit une seconde méga usine du même type, mais à Potsdam, à 700 kilomètres de la frontière française.

 

À la volée, le 28 avril 1915, le capitaine Maurice Happe, chef de l’escadrille de Belfort fit un raid sur Friedrichshafen où il endommagea deux Zeppelins, malgré le feu nourri de la défense allemande.

 

JM

Lien pour accéder à l’article cité

Prises de guerre exposées sur la place d’Armes de Belfort : Cliquer ici

 

Références internet : Wikipédia, Sites "fondavion", Plusieurs sites anglais dont "iwm", "wordnavalship"...

 

Références livres : Bulletin de la Société Belfortaine d’Émulation, Presse locale…

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

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