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LE CARTOPHILION
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9 juillet 2025

Tour de France 1905 (1ère partie), Présentation & 1ère étape

En juillet 1905, pour la 3e édition du Tour de France, les forçats de la route vinrent sur les routes du futur département de Belfort, pour la première fois !

 

Tout comme, ce fut la première fois que les coureurs eurent à vaincre un col, celui du Ballon d’Alsace

Annonce Tour de France 1905 (Journal L'Auto, Gallica BNF)

 

Par contre, pour cette édition, lors de la 2e étape du 11 juillet, entre Nancy et Besançon, le Tour de France ne s’arrêta pas dans la Cité du Lion, les coureurs ne firent seulement que la traverser… plus exactement, ils s’arrêtèrent tout de même, pour signer la feuille de contrôle et se désaltérer !

 

Cette compétition fut créée par le journal L’Auto à l’initiative d’Henri Desgrange.

 

Comme ce Tour de France se déroule sur plusieurs étapes, et pas seulement que cette édition, je présente cette édition en trois parties

 

   - Tour de France 1905 (1ère partie), la présentation de la compétition & 1ère étape
   - Tour de France 1905 (2e partie), Nancy-Besançon par le Ballon d’Alsace et Belfort
   - Tour de France 1905 (3e partie), l’arrivée à Paris, les résultats finaux & bio vainqueur

 

Au programme de cette première étape de cet article, la présentation de la 3e édition du Tour de France 1905, et la première étape, Paris-Nancy.

 

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder au Sommaire des Tours de France.

 

Première partie de l'article

 

Un petit retour sur l’édition précédente

 

Ce Tour de France 1904 vit 29 coureurs disqualifiés par l’UVF (Union Vélocipédique de France), le 30 novembre pour différentes tricheries, dont les quatre premiers du classement général, Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier. Certains furent même suspendus, Maurice Garin pour 2 ans et Lucien Pothier à vie !

 

Le classement général ne fut homologué que le… 2 décembre; le 5e coureur au classement, Henri Collet fut déclaré vainqueur de cette édition tumultueuse…

Henri Cornet (doc. Wikipédia)

 

Henri Desgrange envisagea même, de ne pas proposer l’épreuve l’année suivante !

 

Tour de France 1905, plusieurs nouveautés

 

Après les deux premières éditions de 1903 et 1904, Henri Desgrange pas satisfait du déroulement de son enfant en 1904, décida de corser les difficultés, sans aller en Corse ! Il préféra les emmener dans l’Est de la France, et mit au programme un sommet, celui du Ballon d’Alsace, dès la 2e étape, entre Nancy et Besançon.

Carte postale Le Ballon d’Alsace (coll. privée)

 

Cette décision permit au département belfortain d’effectuer son entrée dans le Tour de France cycliste, même si Belfort ne vit que passer les coureurs, ou presque.

Carte postale Belfort 1905 (coll. JM)

 

3021 kilomètres furent prévus au programme de cette 3e édition du Tour de France, seul 2994 kilomètres furent réellement effectués, du 9 au 30 juillet 1905, avec un départ de Noisy-le-Grand, banlieue de Paris, et une arrivée à Paris.

Tracé du Tour de France 1905 (création BF)

 

Le parcours fut allongé de près de 600 kilomètres (593 km) par rapport à l’édition précédente, avec une augmentation du nombre de jours de course.

 

Jours de course

 

Les étapes se déroulèrent les 9, 11, 14, 16, 18, 20, 23, 25, 27, 29 et 30 juillet 1905; entre ces dates, des jours de repos.

 

Les difficultés

 

La seule difficulté fut le col du Ballon d’Alsace, le premier col à gravir depuis la première édition du Tour de France organisé en 1903.

 

D’autres aménagements

 

Avec cette 3e édition, le Tour de France se déroula en 11 étapes au lieu de six au programme des deux épreuves précédentes. Les distances parcourues lors des étapes furent réduites

 

   - En 1904, entre 268 et 471 kilomètres (4 au-dessus de 400 km)
   - En 1905, entre 167 et 348 kilomètres (4 au-dessus de 300 km)

 

Le classement général fut établi obtenu par le cumul des places obtenues à chaque étape, en lieu et place, des temps cumulés lors des deux premiers Tours. Une pénalité d’un point supplémentaire fut appliquée à chaque coureur, arrivant avec plus de 5 minutes d’écart avec son prédécesseur, de 2 points pour 10 minutes, etc…

Le journal L'Auto (doc. Gallica, BNF)

 

Les longs parcours de nuit furent supprimés, pour permettre un meilleur contrôle du déroulement de la course et conjurer les fraudes.

 

Pour éviter les mouvements de foules, les lignes blanches furent tracées hors de l’axe principal des communes accueillant les arrivées, voire hors de la commune et le plus tardivement possible. Un drapeau informait les coureurs, du dernier kilomètre restant à parcourir. Les coureurs rejoignant le centre pour signer la feuille de contrôle.

 

Quelques autres infos… sur le règlement

 

L’épreuve se courait sans entraîneurs, ni suiveurs, ni soigneurs, hormis pour la première et dernière étape du Tour. Le non-respect entraînait l’exclusion du coureur. Des indemnités furent allouées aux coureurs n’ayant pas d’assistance, pour obtenir un entraîneur pour ces deux étapes.

 

À chaque étape, des contrôles étaient positionnés le long du parcours, des "contrôles fixes" et "contrôles volants"; les coureurs étaient informés que des premiers, car ils devaient s’arrêter pour signer aux tables de contrôle.

 

Les participants

 

60 coureurs sur 78 inscrits furent finalement au départ, à Paris.

 

Seul deux coureurs étrangers prirent le départ de cette compétition, les belges Aloïs Catteau et Julien Lootens, qui terminèrent le Tour, respectivement aux 11e et 20e du classement général. Le suisse Anton Jaeck inscrit mais n’a pas pris le départ.

 

Les coureurs n’étaient pas officiellement regroupés sous une marque mais la plupart d’entre-deux, furent sponsorisés, principalement par  

 

   - Alcyon-Dunlop
   - Guerrin Cycle
   - Catteau Cycle
   - Griffon
   - JC Cycles
   - Peugeot-Wolber
   - Pirate-Michelin
   - Renault
   - Saving

 

Parmi les coureurs favoris, on retrouvait le déclaré vainqueur 1904 sur tapis vert, après élimination des quatre premiers, Henri Cornet, et Hyppolite Aucouturier (6 étapes du Tour), Lucien Petit-Breton (Bol d’Or), René Pottier (2e Paris-Roubaix), Louis Trousselier (1er Paris-Roubaix 1905)…

Carte postale Lucien Petit-Breton (coll. privée)

 

Apparemment, il n’eut pas de représentant du Territoire de Belfort !

 

Les machines

 

Toutes les bicyclettes étaient autorisées à condition qu’elles soient mues par la force musculaire. Pour mémoire, on était en 1905 et non en 2005…

 

Le changement de machine était autorisé en cours d’étape; le coureur devant être au contact de sa bicyclette pendant tout le parcours.

Carte postale Publicité bicyclette Gladiator (coll. privée)

 

Sur volontariat, les coureurs pouvaient faire poinçonner leur bicyclette. Ils étaient posés sur

 

   - l’axe du pédalier
   - la pièce de raccord du tube de direction
   - la plaque de la tête de fourche
   - l’axe de la roue avant
   - l’axe de la roue arrière

L’emplacement des plombs sur les bicyclette
(Journal L’Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Des primes spécifiques récompensaient les coureurs s’étant engagés à participer à cette opération.

 

Une vérification obligatoire des plombs était prévue au terme de chaque étape. Ceux qui ne respectaient le contrat, pouvaient continuer la course mais ne pouvaient plus prétendre à ces primes.

 

Droits d’inscription

 

Le droit de participation était à 10 francs. Le coureur devait fournir la licence à l’une des fédérations affiliées à l'UCI (Union du Cyclisme International). Il devait signer au bas du règlement.

 

Les mineurs (moins de 21 ans) devaient fournir une attestation des parents.

Publicité dur les freins (Journal L’Auto, doc. Gallica BNF)

 

Les organisateurs leurs demandèrent de bien vouloir fournir une photographie, la nomenclature des principales courses effectuées et le nom de la marque de la bicyclette utilisée.

 

Les inscriptions prévues d’être clôturées le 29 juin, furent reportées au 1er juillet.

 

Les commissaires de la course & chronométreurs

 

Pour cette édition, les commissaires furent MM. XXX Hesse, Levasseur et Ferriol.

 

Suite aux irrégularités constatées l’année précédente, l’organisateur confia à un collaborateur, Victor Breyer, la mission de suivre la course en automobile pour chaque étape. Il possédait des pouvoirs étendus pour prendre toute décision adaptée.

 

Les récompenses

 

Le Tour de France 1905 était doté de plusieurs type de primes, dont le montant total prévu était de 25 000 francs.

 

Primes pour les étapes

 

Elles étaient de montants variables suivant les étapes

 

  - 1ère , 3e , 4e et 6e : 500, 200, 150, 100 (2 fois) et 75 francs (2 fois)
  - 2e et 7e , 8e et 9e : 450, 175, 125, 10, 60, 50 et 40
  - 5e et 10e : 400, 150, 100, 50 (2 fois) et 25 (2 fois)

 

Pour la première étape, les coureurs présents au classement général, au-delà de la 8e place toucheraient la somme de 50 francs.

Billet de 50 francs (coll. privée)

 

Pour la dernière étape, tout coureur du classement général n’aurait pas acquis 200 francs, percevrait une indemnité de 50 francs.

 

Primes pour le classement général

 

La prime pour le 1er du classement général fut de 4 000 francs, 2 000 francs au 2e , 1000 francs au 3e, puis 700, 500, 400, 300, 200 et 100 francs du 9e au 32e coureur.

 

Ces sommes n’étaient allouées qu’aux seuls coureurs ayant rejoint la ligne d’arrivée à Paris, dans le temps imparti.

 

Primes de consolation

 

Pour les coureurs n’ayant pas gagné au moins 150 francs sur la durée de la course, toucheraient 5 francs par jour de présence (y compris les jours de repos). Elles étaient attribuées en priorité à ceux étant dans le classement général final.

Billet de 100 francs (coll. privée)

 

Bien d’autres primes furent données aux coureurs par des bienfaiteurs, quel que soient leurs catégories.

 

Prime spéciale pour coureur avec machine plombée

 

Pour motiver les coureurs de petits constructeurs, il fut attribué des primes à ceux présents à l’arrivée finale, 500 francs au 1er, 200 francs au 2e, 150 francs au 3e, 100 francs au 4e et 50 francs au 5e.

 

Challenges

 

Dès 1904, un challenge fut offert au vainqueur du Tour de France, offert par le journal La Vie au Grand Air; il s’agissait d’une sculpture intitulée "La Fée électricité".

Statuette La Fée électricité (Journal L’Auto, doc. Gallica BNF)

 

Il était détenu par Henri Cornet, le vainqueur sur tapis vert du Tour de France 1904, qui devait le rendre ou… gagner la 3e édition du Tour.

 

1ère étape : Paris-Nancy, le 9 juillet 1905

 

Le maire, François Souchet, avait organisé une soirée pour animer la nuit avant le départ, grâce à une souscription auprès des commerçants, avec la participation de la musique municipale jouant ces meilleurs morceaux lors d’un grand bal, jusqu’à l’ouverture du contrôle.

Carte postale Noisy-le-Grand Souvenir (coll. privée)

 

Nouveauté pour la première étape, Nancy remplaçait Le Havre (1904) et Dunkerque (1903), pour une étape de 340 kilomètres. Le départ s’effectuant à 5 heures du matin, depuis Noisy-le-Grand, commune de Seine-et-Oise, à l’Est de Paris, l’arrivée était prévue vers 16 heures.

 

Une grande tente fut installée dans le parc de Villeflix, l’ancienne propriété de Madame de Maintenon, pour la table de contrôle. Une banderole fut installée pour la signaler. Elle était tenue par les commissaires et le correspondant de L’Auto, XXX Andresse, aidés par les membres de la Société Cycliste de Noisy-le-Grand.

Carte postale Noisy-le-Grand Entrée du Parc de Villeflix (coll. privée)

 

À partir de 3 heures du matin, les coureurs signèrent la feuille de contrôle à la table des commissaires; la clôture étant prononcé à 4 heures 30. Ils vinrent ensuite se ranger un quart d’heure plus tard, pour répondre à l’appel et se mettre sous les ordres du stater.

 

Le départ du 3e Tour de France fut donné à 5 heures par Georges Abran, aux 60 coureurs seulement ayant signé la feuille de contrôle, sur les 78 inscrits.

Georges Albran, illustration Mich
(Journal L’Auto, doc. Gallica BNF)

 

Le parcours de l’étape passait par Meaux (33 km), Château-Thierry (84 km), Épernay (134 km), Châlons-sur-Marne (165 km), Vitry-le-François (196 km), Saint-Dizier (225 km), Bar-le-Duc (249 km), Toul (317 km) et Nancy (340 km). Ils furent suivis par des coureurs sans dossard…

 

L’arrivé à Nancy

 

Les milliers de nancéiens, ne sachant pas exactement où était prévu la ligne d’arrivée de la 1ère étape, une démarche des organisateurs pour gérer les mouvements de foule, s’étaient positionnés sur la route de Toul pour applaudir les forçats de la route.

Carte postale Nancy Gruss (coll. privée)

 

L’organisation de l’arrivée fut gérée par le représentant de L’Auto, Robert Desmarets, les officiels furent accueillis au Grand Café Glacier et bénéficièrent du prêt d’une voiture par XXX Shoot, et ils purent compter sur le dévouement des sociétés cyclistes et athlétiques.

Carte postale Nancy Grand Café Glacier (coll. privée)

 

La victoire revint à Louis Trousselier qui arriva à 16h25, après 11h25 de course, avec une petite avance de 3 minutes, sur un duo qui lutta pour la 2e place. Elle revint à Jean-Baptiste Dortignacq devant René Pottier, ce dernier chuta peu avant, gêné par une automobile, et ne put conserver la 2e place promise.

Carte postale Louis Trousselier (coll. privée)

 

Le vainqueur de l’étape fut devant toute la journée, dans un petit groupe de moins de 10 coureurs.

 

Aux deux places suivantes, arrivèrent Hippolyte Aucouturier et Henri Cornet à 26 minutes du vainqueur, donc avec des pénalités de 3 points.

 

Tous les coureurs ou presque subirent des crevaisons liés à des clous semés sur leur route, principalement entre Noisy-le-Grand et Château-Thierry, puis entre Châlons-sur-Marne et Saint-Dizier. Pourtant, il n’y avait pas de neige, nécessitant des pneus… cloutés !

Publicité Peugeot Tour de France 1905 (Journal L'Auto, Gallica, BNF)

 

Les coureurs avaient deux journées de repos avant la 2e étape, entre Nancy et Besançon, en passant par le Ballon d’Alsace et Belfort.

 

Fin de la première partie

 

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder à la 2e partie de cet article, via le Sommaire des Tours de France.

 

Épilogue

 

Ce Tour de France de 1905 fut une édition particulière, d’une part pour les coureurs avec ascension du premier col, et d’autre part pour le département belfortain, qui accueillait cette compétition, pour la première fois. Ces routes offraient son plus haut col, avec le Ballon d’Alsace

 

La première étape entre Noisy-le-Grand et Nancy, fut remportée par un des favoris, Louis Trousselier.

 

JM

 

Lien pour accéder à larticle cité

 

Sommaire des Tours de France : Cliquer ici

 

Références presse : Journaux La Frontière et L’Alsace (doc. Archives départementales du Territoire de Belfort), Journal L'Auto (doc. Gallica BNF), Divers autres titres…

 

Référence Web : Wikipédia, Site La Grande Boucle, Divers autres Sites…

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

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