La Chapelle Le Corbusier, son architecte novateur (§2, 4e partie)
Après 3 articles consacré à la Chapelle Le Corbusier, il est temps de présenter l’architecte concepteur de ce projet avant-gardiste, Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier !
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Carte postale 1er jour Timbre 1987 Le Corbusier (coll. JM)
L’architecte a fait de Ronchamp via sa chapelle, un lieu connu du monde entier, en offrant cette construction religieuse innovante, emplie de modernité.
NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder aux autres articles, via le Sommaire.
4e partie du 2e chapitre
Ses premières années
Le Corbusier de son vrai nom, Charles-Edouard Jeanneret-Gris, est né le 6 octobre 1887, à La Chaux-de-Fond en Suisse. Son père Georges-Edouard Jeanneret était un graveur et émailleur de montres français, il s’est marié avec Marie-Charlotte-Amélie Perret, une musicienne suisse, fille d’une famille d’industriels horlogers.
Carte postale La Chaux-de-Fond (Suisse) Place du marché
(coll. privée)
Son pseudonyme est issu du patronyme d’un de ses ancêtres maternels, lui belge, Corbésier. L’architecte l’utilisa dès 1920, pour signer des articles avec une petite digression orthographique.
Après des études qui l’emmenèrent vers le métier de son père, du moins très proche, celui de graveur-ciseleur. Il dut suite à une très mauvaise vue d’un œil, se réorienter vers des études d’architecte sur le conseil de son professeur de dessin. Dès 1907, il entreprit des voyages d’études en Europe (Italie, Autriche, Grèce, Allemagne…) et même en Turquie, sans parvenir à s’intégrer dans le cercle des architectes locaux.
Carte postale La Chaux-de-Fond Musée Atelier de graveur
(coll. privée)
Il poursuivit ses études entre sa ville natale et Paris où il espérait pouvoir s’installer; ville où il fit une rencontre importante en 1909, celle d’Eugène Grasset, l’architecte spécialiste de la décoration. Il lui conseilla d’étudier l’architecture en béton armé.
Ses premières activités
A partir de 1913, il enseigna l’art toujours dans sa ville tout en effectuant son métier d’architecte qui ne fut pas sans échec, car plusieurs de ses réalisations ne respectèrent pas les délais et les coûts, voire furent sujettes à des problèmes techniques.
Carte postale La Chaux-de-Fond Place de l’Hôtel de Ville (coll. privée)
Une de ses premières réalisations fut la Villa Schwob, appelée aussi la Villa Turque, dans sa ville natale.
La Villa Schwob (photo Fondation Le Corbusier)
En 1917, il rejoignit à nouveau Paris. C’est vrai qu’il avait pris cause pour la France, regrettant que son pays soit neutre dans cette Première Guerre Mondiale. Il y ouvrit son cabinet d’architecte.
Parallèlement, il s’initia à la peinture à l’huile, avec le peintre français Amédée Ozenfant, avec lequel il créa le courant du purisme, le respect de l’ordre à contre-courant du cubisme qui lui bouleverse la représentation des objets.
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Amédée Ozenfant
Après avoir fait faillite, il ouvrit un nouvel atelier en 1922, avec son cousin architecte Pierre Jeanneret qui deviendra un designer de grand talent.
Cette nouvelle décennie fut pour l’architecte, l’occasion de réaliser de nombreux projets de villas en France et en Europe.
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Carte postale Maison municipale Frugès à Pessac
(près de Bordeaux) 1925 (coll. privée)
L’architecte prend de la hauteur
Les années 1930 confirmèrent la capacité de Le Corbusier à réaliser de l’architecture immobilière mais il franchit un pas important avec des projets d’immeubles collectifs en France et dans le monde.
L’un des premiers immeubles fut le Clarté à Genève, en 1930.
Le Clarté à Genève (photo Fondation Le Corbusier)
La même année, la Suisse passa commande à Le Corbusier et à son cousin, Pierre Jeanneret, de la construction d’une cité étudiante devant être implantée à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Cette habitation collective, le Pavillon Suisse, formée de trois volumes apportait indubitablement une modernité architecturale, voire avant-gardiste en ce début des années 1930. Un grand effort fut aussi réalisé dans l’aménagement de ce lieu de vie, destiné aux étudiants.
Télécarte Italie Le Pavillon Suisse à la Cité Universitaire à Paris
(coll. privée)
D’autres activités
Au début des années 1940, il abandonna ses activités à Paris, pour le sud de la France où il s’adonna à la peinture.
Après six années de guerre, le temps de la reconstruction était d’actualité; l’architecte sollicité créa l’ATBAT (ATeliers des BATisseurs), toujours rue de Sèvres.
Au regard des besoins, il proposa une industrialisation pour la fabrication d’immeubles standardisés.
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Timbre Suisse édité en 1972 (coll. privée)
Les années cinquante virent la construction de la Cité Radieuse à Marseille et la Chapelle Notre-Dame du Haut à Ronchamp. L’architecte participa à l’urbanisation de la nouvelle ville indienne, Chandigarh.
Livre Chandigarh La ville indienne de Le Corbusier
Il dessina plusieurs bâtiments à l’usage des services de l’administration.
Une autre Cité Radieuse fut construite à Rezé, commune au sud-ouest de Nantes, entre 1953 et 1955.
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Fève de la Cité radieuse à Rezé (coll. privée)
L’architecte n’inscrivit pas son atelier dans une politique de l’enrichissement à tout-va, offert suite à l’explosion des besoins en habitat dans les années 1960, il préféra travailler sur des projets plus artisanaux où il laissait libre cours à sa créativité. Elle fut la sève de son mode de fonctionnement !
Eveux (Rhône), le couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette (1958)
Il consacra en 1957, un livre sur son œuvre haut-saônoise intitulé "Ronchamp Les carnets de la recherche patiente" où il revint sur le déroulement de ce projet, depuis les premiers contacts avec les ambassadeurs des commanditaires.
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Livre Ronchamp Les carnets de la recherche patiente (1957)
Le Corbusier ne fut pas seulement un architecte, il possédait d’autres flèches à son arc, dont la peinture et le dessin. Il réalisa des centaines de toiles et des milliers de dessins.
Carte postale Peinture Le Corbusier Composition 1954
Musée Jardot à Belfort (coll. privée)
Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier meurt le 27 août 1967, à Roquebrune-Cap-Martin, en laissant une richesse architecturale novatrice et variée, en termes de concepts essaimés à travers le monde (Allemagne, Brésil, États-Unis, Inde, Japon…).
Carte postale Roquebrune-Cap-Martin, le village (coll. privée)
Mais aussi, bien entendu, dans ses deux pays de cœur que furent la Suisse et la France.
Le temps des hommages
En 1987, pour le centenaire de sa naissance, de nombreux hommages furent rendus à l’architecte et à son talent, enfin reconnu.
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Timbre émis le 11 avril 1987 en France,
Le Modulor de l’architecte (coll. privée)
Cette juste récompense, bien tardive, se retrouve dans les nombreuses expositions présentées dans le monde et à des initiatives gravées…
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Timbre émis 1987 par Monaco,
Notre-Dame du Haut et l’architecte (coll. privée)
Que ce soit en France ou à l’étranger, ces expositions ont montré la capacité de l’architecte à apporter des solutions innovantes en architecture urbaine, tant en conception individuelle ou collective. Il fit, c’est évident, bouger les lignes mais pas seulement au sens figuré !
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Pin’s et magnet Le Corbusier (coll. privée)
Un autre constat sur son parcours architectural montre que Le Corbusier créa de nombreux bâtiments collectifs, mais il semble avoir une nette préférence à construire de petites unités…
Billet Suisse de 10 Francs émis à partir de 1967 (coll. privée)
Comme tout artiste, il a sa part d’ombre par ses relations avec des membres du parti fasciste français, le Faisceau (1925-1928), dirigé par Georges Valois. Son nom fut aussi associé à des revues (Plans, Préludes…) aux idéologies développées pro nationalistes. Surtout, il fut présent à Vichy pendant près de 18 mois, dans un bureau d’état.
En 2015, pour le 50e anniversaire de sa mort, pas moins de trois livres sont sortis sur ce passé
- Un Corbusier de François Chaslin,
- Le Corbusier Un fascisme français de Xavier de Jarcy
- Le Corbusier, une froide idée du Monde par Perelman !
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Livre Le Corbusier Un fascisme français Xavier de Jarcy 2015
(coll. privée)
Malgré la richesse des réalisations de Le Corbusier, aucune n’est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en ce début mars 2016 !
En 2009, le dossier présenté ne fut pas eaccepté d’où la constitution d’un nouveau dossier regroupant six pays (Allemagne, Argentine, Belgique, France, Japon et Suisse) réunissant 17 sites, dont Notre-Dame du Haut, répondant aux critiques formulées et déposées en janvier 2015.
Carte postale Siège de l’UNESCO à Paris (coll. privée)
Cette reconnaissance universelle sera peut-être reconnue lors de la 40e session du Comité du patrimoine mondial, prévu du 10 au 20 juillet 2016, à Istanbul.
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Pièce de 50 euros or éditée en l’honneur de l’architecte (coll. privée)
Ajout juillet 2025
Il fallut attendre le dimanche 17 juillet 2016 pour que la Chapelle Le Corbusier soit avec seize autres œuvres inscrites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, lors de la réunion de l’organisme à Istanbul (Turquie).
Fin de la 4e partie du 2e chapitre
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Épilogue
Ce quatrième article du 2e chapitre permet d’avoir une petite parcelle de l’histoire de cet architecte novateur que fut Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier.
Il dut attendre le 17 juillet 2016 pour que 17 de ses œuvres dont la Chapelle de Ronchamp soient reconnues par l’UNESCO.
Lien pour accéder à l'article cité
Ronchamp Notre-Dame du Haut, le Sommaire : Cliquer ici
JM
Références : Voir recensement de la documentation utilisée dans le Sommaire
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