Tour de France 1935 (2e partie) : La 1ère étape entre Paris et Lille !
Après avoir présenté l’organisation de cette 29e édition du Tour de France, celui de 1935, voici sa 1ére étape entre Paris et Lille, plus précisément depuis Le Vésinet qui fut le départ réel, Paris étant un départ fictif. L’arrivée étant bien elle, à Lille.
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Annonce du journal L'Auto (doc. Gallica, BNF)
L’objet de cet article est que cette édition vit passer les coureurs dans le Territoire de Belfort, il y a 90 ans, car Belfort fut ville étape (arrivée et départ), avec au programme le Ballon d’Alsace.
Au regard de la densité de cet article sur la 29e édition, j'ai préféré le proposer en plusieurs parties.
NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder au Sommaire des articles consacrés au Tour de France et aux articles liés à cette édition.
Deuxième partie de l'article
Tour de France 1935, le départ de Paris & du Vésinet
Comme depuis plusieurs années, le regroupement des coureurs pour le départ fictif et l'émargement de la feuille de course furent effectués à Paris, au siège de l'organisateur, le journal L'Auto, rue du Faubourg Montmartre. Le rendez-vous fut donné à 6h30 aux As et aux Individuels, dans la cour du journal; l’appel étant prévu en ce lieu.
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Journal L'Auto (doc. Gallica, BNF)
Comme toujours, la foule des grands jours avait envahi le secteur pour voir les courageux coureurs, voire les interpeler, si reconnus.
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Carte publicitaire André Leducq et Georges Speicher avant le départ (coll. privée)
Le départ fut donné à 7 heures, pour rejoindre la ligne de départ réelle au Vésinet, l'Équipe de Belgique ouvrant la route du peloton, suivi des quatre autres équipes nationales, des Individuels et des Touristes-routiers.
80 agents de police cyclistes accompagnèrent les coureurs et les voitures de l’organisation; ils furent mis à disposition par le directeur de la police municipale, Paul Guichard.
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Coureurs rue Royale à Paris
(journal Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)
Le peloton fut précédé de deux voitures Hotchkiss officielles, celle de Lucien Cazalis, le secrétaire général du Tour et celle des deux gendarmes affectés au Tour. Suivaient derrière les autres voitures officielles dont celle du directeur Henri Desgrange, la camionnette et les camions Lattil, ces derniers filant directement sur Lille, dès la porte Maillot. Puis les 69 autres voitures accréditées.
L'itinéraire utilisé fut depuis le faubourg Montmartre, par la rue Georges-Batelière, la rue Drouot, les grands boulevards, la rue Royale, la place de la Concorde, l'avenue des Champs-Élysées…
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Les Champs-Élysées (journal Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)
Puis la place de l’Étoile, les avenues de la Grande-Armée et de Neuilly, les ronds-points de la Défense et des Bergères, Nanterre puis direction Chatou et pour finir le Vésinet.
Tradition oblige, la ligne de départ au Vésinet était positionnée à la hauteur des établissements de l'ancien coureur de vitesse Julien Rudolph, en charge de l'organisation de cette tâche, épaulé par la municipalité et les membres des sociétés sportives de la région.
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Extrait du journal L’Auto (doc. Gallica, BNF)
Le départ fut donné à 9 heures pour cette première étape du Tour de France 1935, en direction de Lille distant de 262 kilomètres.
Ils partaient pour effectuer 4 363 kilomètres en 23 étapes pour revenir à Paris, le 29 juillet.
1ère étape, Paris-Le Vésinet – Lille, la course
Le jeudi 4 juillet, se déroula la première étape du Tour de France 1935, entre Paris, du moins Le Vésinet et Lille, avec au programme 262 kilomètres à effectuer par les coureurs.
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Illustration Jean Routier (Journal L’Auto, doc. Gallica, BNF)
Dès l’entame de cette étape ou presque, un évènement va provoquer un emballement du peloton car Georges Spencer creva à la sortie de Conflans-Sainte-Honorine (13e km). Sous l’impulsion de Joseph Moerenhout et Jean Aerts, un groupe de sept coureurs appuyèrent sur les pédales, suivi par un 2e groupe d’une dizaine unités et un peu plus loin le peloton avec sa tête Maurice Archambaud.
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Carte postale Conflans-Sainte-Honorine (coll. privée)
Nouveau fait de course à Méru (43e km) avec le passage à niveau qui se ferma et qui provoqua le regroupement deux premiers groupes devançant toujours le 1er peloton de 40 coureurs, à près de 2 minutes.
Mais à Froissy (90e km), suite à la détermination de Georges Spencer, les groupes et le peloton vont se reformer. Après une période de calme, les problèmes mécaniques et les crevaisons de plusieurs coureurs vont provoquer une cassure à la hauteur de Saint-Pol (189e km), avec la séparation en deux parties du peloton.
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Amiens, le ravitaillement
(Journal Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)
Du premier va s’extraire le belge Romain Maes pour prendre la poudre d’escampette. Il va rapidement prendre le large, possédant 2 mn 49 sur deux poursuivants, un peu détaché du 1er peloton, René Debenne et Charles Pélissier. Par contre, l’avance va fondre à une minute 10, à Cuinchy (227e km) suite au réveil de plusieurs coureurs dont Antonin Magne et Charles Pélissier, sous contrôle des belges Jean Aerts, Edgard de Caluwé, François Neuville (Individuel)…
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Romain Maes (Journal Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)
Un nouveau passage à niveau va permettre au seul échappé de passer avant sa fermeture, celui d’Haubourdin (248e km), lui assurant une victoire certaine à Lille, sauf incident majeur !
Lille, ville d’arrivée
L’arrivée à Lille s’effectua en réalité à l’hippodrome des Flandres, situé à Marcq-en-Barœul où les spectateurs avaient pris possession des gradins, environ 20 000 personnes. L’organisation fut confiée au secrétaire des lieux, Antoine Bazon. Un programme d’attente fut organisé avec des courses.
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Carte postale Souvenir de Lille (coll. privée)
Concernant la réception des coureurs du Tour de France, le commissaire général fut M. Dupriez, épaulé par MM. Vandenhaute et Julliot, commissaires du Cercle Sportif des Défenseurs de Lille, complété du chef délégué de l’UVF, Léo Lekieffre.
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Carte postale Marcq-en-Barœul Hippodrome du Croisé-Laroche
(coll. privée)
Les derniers kilomètres furent difficiles et la marge à l’arrivée à Lille avait fondu comme neige au soleil, car il arriva avec seulement 8 secondes d'avance, sur son premier poursuivant, le belge !
Le belge Romain Maes remporta donc la première étape du Tour de France 1935.
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Romain Maes après l’arrivée (Miroir du cyclisme, doc Gallica, BNF)
Avec le temps de 7h 23mn 58s, mais avec le jeu des bonifications, il devançait Edgard De Caluwé
- 2e : Edgard De Caluwé à 2 mn 31
- 3e : Charles Pélissier (Individuel) à 3 mn 16
- 4e : Jean Aerts Même temps
- 5e : Antonin Magne Même temps
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Carte postale Romain Maes (coll. privée)
Cette victoire, après sa 2e place en 1934 en cette même ville, lui permettait aussi de revêtir le Maillot jaune.
Le contrôle de signature fut installé au Café de Bellevue, à Lille.
Fin de la deuxième partie de l'article
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Épilogue
Cette première étape du Tour de France vit gagner le belge Romain Maes, à quelques kilomètres de son pays. Ce n’était que la première étape et les français étaient loin d’avoir effectués leurs derniers tours de roue !
La prochaine étape de cet article ne sera pas deuxième étape, mais la quatrième entre Metz et Belfort, avec le Ballon d’Alsace comme premier col de ce Tour de France 1935, tout en étant le tout premier col franchi, par des coureurs lors du Tour de France 1905 !
JM
Liens pour accéder aux articles cités
Sommaire des articles sur le Tour de France : Cliquer ici
Références presse : Journaux La Frontière et L’Alsace (Collection Archives départementales du Territoire de Belfort, AD90), Fascicule Paris-Belfort cycliste 1933 (doc. BF)
Référence Web : Wikipédia, Le Miroir des Sports et L’auto (Gallica, BNF), Site La Grande Boucle, Divers autres Sites…
Infos pratiques
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