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LE CARTOPHILION
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7 août 2025

Tour de France 1935 (3e partie), Ballon d'Alsace & arrivée à Belfort ville étape

Après avoir présenté l’organisation de cette 29e édition et la première étape Paris-Lille, la troisième partie de cet article est consacrée au passage du Tour de France 1935, sur les routes du Territoire de Belfort.

 

Pour la 3e année consécutive, il recevait la plus grande course cycliste au Monde, lors de la même 4e étape. Les coureurs partirent de Metz le dimanche 7 juillet, pour rejoindre Belfort, ville étape, en passant par le Ballon d’Alsace.

Annonce du journal La Frontière (doc. AD90)

 

Le lendemain, ils quittaient la Cité du Lion, pour rejoindre Genève dans un premier temps, puis effectuèrent un contre-la-montre jusqu’à Évian, dans la foulée… en bicyclette.

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder au Sommaire des articles consacrés au Tour de France dont ceux liés à cette édition.

 

Troisième partie de l'article

 

Ballon d'Alsace 1935, passage du Tour de France

 

Pour cette 4e étape, le Ballon d’Alsace était au programme des coureurs.

 

Pour mémoire, il fut le premier sommet franchi par le Tour de France en 1905, et fut reconduit jusqu’en 1914*. Il ne revit pas les coureurs entre 1919 à 1929, les retrouva en 1930, mais sur un parcours inversé (Belfort –> Saint-Maurice), le vit revenir en 1933 sur le sens traditionnel (Saint-Maurice -> Belfort).

 

*En 1913 et 1914, le Ballon fut gravi dans les deux sens.

Carte postale Ballon d'Alsace Le sommet Grand Hôtel Stauffer
(coll. BF)

 

Il fut prévu à l’origine, que l’Harmonie des Automobiles Peugeot donne un concert à l’Hôtel Stauffer, situé au sommet. Mais suite à l’arrêté préfectoral sur les conditions de circulation entre Belfort et le sommet, la société dût annuler son concert. Par contre celui prévu, sur la place de République fut donné.

 

Belfort 1935, ville étape d’arrivée

 

Pour recevoir cette nouvelle étape du Tour de France, Charles Chaussin, le correspondant du journal L'Auto, en charge de son organisation, s’était entouré d’une équipe de choc via un Comité, avec comme secrétaire général Marcel Roth, et comme directeurs adjoints Robert Baumgarten, L. Servin, Albert Schneitter et Aloïs Miesch, G. Wandrès comme speaker, comme membres Charles Bottemer, XXX Reiniche, XXX Dugois, XXX Delarbre.

Extrait du journal L’Est Républicain (doc. AMB)

 

Les sociétés des cyclistes étaient venues en renfort, représentées par Alain Prévot et XXX Legrenée, le vice-président et le secrétaire du Vélo-Club Belfortain, XXX Drouot, le secrétaire du Groupement Amicale des Clubs Cyclistes de Franche-Comté, XXX Reininger du Comité de Belfort-Cycle, Jules Littot, le chef de l’Union Vélocipédique de France… et de nombreux membres de ces sociétés.

 

Arrivée sur le stade du Champ de Mars

 

Après la fermeture du vélodrome, il revint au Stade du Champ de Mars*, à partir de 1930, d'accueillir l'arrivée des coureurs à Belfort. Ils devaient effectuer un tour trois-quarts de la piste.

Plan Belfort situant le stade du Champ de Mars (doc JM)

 

*Stade du Champ de Mars : Il fut construit en 1920 par les militaires et utilisé pour la 1ère fois lors des Fêtes du 2 au 4 juillet 1920, qui furent aussi le théâtre du 1er Concours Fédéral & International de gymnastique et de tir. Il est connu aussi sous le nom de Stade Denfert.

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder à ces Fêtes.

 

Pour l’édition 1935, le stade fut le fait d’attentions supplémentaires par les organisateurs en charge de l’arrivée, avec la participation de la municipalité.

 

Une tribune de 200 places fut ajoutée en prolongement d’une existante. La tribune principale fut couverte. La piste fut refaite et cylindrée, grâce à l’obligeance des MM Picaud et Martin, propriétaires des Sablières et Gravières d’Andelnans qui avaient fourni la terre nécessaire.

 

Comme pour les années précédentes, il fut organisé des espaces protégés pour installer le chronométreur jugeant l'arrivée, emplacements dédiés aux officiels, à la presse…

 

Des lignes téléphoniques et de la TSF furent installées par l'administration des PTT pour permettre les reportages des journalistes; trois lignes de radiodiffusion furent mises à disposition pour les journaux de "L'Auto", "L'Intransigeant-Match", le "Miroir des Sports" et du "Petit Parisien".

Extrait (journal L'Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Le stade fut équipé de hauts parleurs de la Maison Eleosa de Strasbourg, installés par la Maison Riche et Maurice, permettant à un speaker de tenir informé les spectateurs du déroulement de la fin de l'étape et des animations, sans oublier les messages publicitaires...

 

Dans le stade, furent installées quatre buvettes, par J. Grevillot, dit "Sepi", bien connu des sportifs de la Brasserie de L’Est, face au stade de l’USB.

 

L'accès du public au stade du Champ de Mars

 

Les tickets d’accès au Champ de Mars furent vendus dans plusieurs lieux, quelques jours avant le 7 juillet

 

   - La Brasserie Danjean, faubourg de Montbéliard
   - La Coupole, faubourg de France
   - Chez Charles Chaussin, 24 avenue Jean-Jaurès
   - La Brasserie populaire Maison Valdenaire, avenue Jean-Jaurès
   - Nordey, face au marché, avenue Jean-Jaurès
   - Chez Grevillot, à la Brasserie de l’Est, avenue Jean Jaurès
   - Hôtel Le Chalet, avenue Wilson

Carte photo Belfort Hôtel du Chalet (coll. JM)


Mais aussi à Delle (Brasserie Terminus, Maison Vivès), Héricourt (Hôtel des Deux Clefs), Lure (chez Girard, Grande Rue), Luxeuil (Café des Thermes, chez Jean) et à Montbéliard (Hôtel Bristol)

 

Les tarifs pour accéder au stade furent

 

   -Tribune couverte : 15,25 francs
   - Tribune-gradin : 10 francs
   - Pesage :  8,00 francs
   - Populaires : 5,00 francs, réduits à 3,00 francs pour les soldats et caporaux

 

Le parcours dans la ville

 

Pour rejoindre le stade, les coureurs venant du nord de Valdoie passaient devant l'église et continuaient en direction d'Offemont par le chemin d'I C.22  (chemin d'Intérêt Commun) vers le Bois de l'Arsot; à sa sortie, ils tournaient à droite au hameau des Forges devant le restaurant Musy, passaient le pont du Martinet pour rejoindre l'avenue du Champ de Mars où était située l'entrée du stade.

Carte postale Valdoie Route du Ballon d’Alsace (coll. privée)

 

Quant aux véhicules, un contrôle fut installé à Valdoie, à l'intersection de la route G.C.4. (chemin de Grande Communication) et l'I.C.22; seules les voitures officielles pouvaient continuer, les autres étant déviées sur la route G.C.4.

 

Un parking était réservé aux voitures officielles devant le théâtre.

Carte postale Valdoie Le théâtre municipal (coll. privée)

 

Au regard des circonstances, la circulation et le stationnement dans la ville furent réglementés par un arrêté municipal; des déviations furent mises en place. Il fut complété de celui de la préfecture pour la circulation entre Belfort et le Ballon d’Alsace

 

La brochure du Tour

 

Il fut édité un programme pour mémoriser l'évènement avec photos et textes, et donner plein d'informations au public

Page de garde de la brochure (doc. AD90)

 

Il comprenait

 

   - l’évolution du Tour de France de la 1ère à la 29e édition
   - Henri Desgrange, le créateur
   - les détails sur les étapes Metz-Belfort et Belfort-Évian (horaires, contrôles…)
   - les accès au stade
   - le programme de la Réunion cycliste
   - la liste des étapes et les villes de ravitaillement
   - le palmarès depuis l'origine (1903)
   - les moyennes réalisées
   - …

 

Sa couverture fut l’œuvre du maître dessinateur belfortain Robert Henin.

 

Programme "En attendant le Tour"

 

Comme pour chaque arrivée du Tour, un programme d'attente fut proposé au public, avec cette année, une nouveauté en plus de plusieurs courses traditionnelles (vitesse, poursuite, individuelle…).

Programme de la Réunion cycliste (doc. AD90)

 

Bien entendu, ces animations furent récompensées par des primes de la part des organisateurs, avec potentiellement d’autres venues du public et autres mécènes.

 

Concours de pronostics

 

Comme annoncé dans la première partie de l’article, le journal avait organisé un concours de pronostics sur les étapes du Tour de France 1935.

Extrait du bulletin (journal L'Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Concernant la 4e étape, les questions furent

 

   - 1ère : Vainqueur de l’étape Metz-Belfort ?
   - 2e : Premier Individuel de l’étape Metz-Belfort ?
   - 3e : Moyenne horaire réalisée par le vainqueur ?

 

Le concours était doté de deux prix, 4 000 francs à celui ayant trouvé les deux premières réponses et la moyenne la plus approchante, et 6 000 francs à partager entre ceux ayant répondu aux deux premières questions.

 

7 juillet 1935, départ de Metz

 

La 4e étape, se déroula le samedi 7 juillet, entre Metz et Belfort, avec 220 kilomètres à parcourir avec les premières difficultés de ce Tour de France 1935, dont la principale et de loin, avec la montée du col du Ballon d'Alsace à franchir, afin de rejoindre la ligne d'arrivée dans la Cité du Lion.

Étape Metz-Belfort (journal L'Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Depuis la 1ère étape, le Maillot jaune était sur les épaules du belge Romain Maes. Il avait bénéficié de bonifications à l’occurrence 2 minutes 23 secondes. Son temps au classement général était de 17 heures 24 minutes 34 secondes, devançant au classement général

 

   - 2e : Charles Pélissier à 1 mn 46 s
   - 3e : Edgard De Caluwé (B) à 2 mn 31 s
   - 4e : Antonin Magne à 3 mn 16 s
   - 5e : Georges Speicher à 4 mn 58 s

Carte postale Romain Maes (coll. privée)

 

Au départ de Metz, il ne restait plus que 84 coureurs dont 39 As, 19 Individuels et 26 Touristes-routiers.

 

Les coureurs devaient signer la feuille de contrôle au café d’Orville, place Philippe-de-Vigneulles, sous la direction de Marcel Royer, le correspondant du journal L’Auto et MM. Barthélémy et Blaut. Il fut épaulé par la Pédale Messine, du TC Austrasia, du Vélo-Club Lorrain et de sociétés sportives. Le départ était organisé par M. Lagarde, le commissaire de police et M. Poncin, l’officier de paix avec leurs équipes.

Carte postale Souvenir de Metz (coll. privée)

 

Le départ fut donné à 9h30, hors de Metz car l’organisation avait eu connaissance de morceaux de verre déversés sur le parcours prévu pour sortir de la ville… Le peloton et les véhicules utilisèrent un autre itinéraire pour quitter la ville et le départ réelle fut donné 12 kilomètres plus loin, à Corny, certainement, par le starter patenté à cet exercice, Georges Biscot.

 

De nombreux coureurs subirent des crevaisons sur tout le long de cette étape. Les boyaux de remplacement furent nécessaires...

Extrait carte publicitaire Boyaux Barreau (coll. privée)

 

Les coureurs, apparemment habitués à rouler lentement avant le départ réel, avaient pris goût à cette période calme et n’ouvrirent les hostilités qu’après Épinal (125e km), comme à Nancy (56e km), les spectateurs avaient vu passer un peloton étiré, mais un peloton sans échappée.

 

Le premier à mettre le feu aux poudres, fut l’individuel suisse Léo Amberg qui posséda une avance d’une minute trente à Remiremont (150e km), ce qui provoqua le réveil des leaders emmenés par le Maillot jaune Romain Maes, Antonin Magne, André Leducq, Jean Aerts formant un groupe d’une quinzaine de coureurs.

Carte postale Léo Amberg (coll. privée)

 

Un autre groupe rejoignit le premier pour doubler le nombre d’unités avec les grimpeurs, René Vietto, Francesco Camusso, Remo Bertoni, Benoît Faure, l’espagnol Vicente Trueba, Dante Gianello, René Debenne, Maurice Archambaud, Charles Pélissier, Raffaele Di Paco, Kurt Stoepel.

 

Des coureurs ne voulant pas attendre le début de la pente du sommet à atteindre, quittèrent ce peloton. Le premier fut le touriste-routier Charles Berty, suivi de Eugenio Gestri, Félicien Vervaecke, Gabriel Ruozzi, Oskar Thierbach, Jules Lowie, Antoon Dignef, André Leducq et Salvador Cardona.

 

7 juillet 1935, le passage au Ballon d'Alsace

 

Tous les moyens de transports furent mis à contribution pour emmener les très nombreux spectateurs au Ballon d’Alsace, il fut même triplé le nombre d’autobus. Les bonnes places furent durement gagnées pour être en bonne position, afin de voir et encourager les géants de la route arc-boutés sur leur bicyclette, qui se trouvaient tout de même petits face à la difficulté pour vaincre le dénivelé du géant des Vosges ! 

Extrait carte du Tour (journal Miroir des Sports, Gallica, BNF)

 

La course

 

À Saint-Maurice-sur-Moselle (180e km), au pied du Ballon d’Alsace, le suisse Léo Amberg est toujours devant, il précédait d’une petite minute (1 mn 10), Charles Berty et de deux bonnes minutes (2 mn 45), huit autres touristes-routiers et le reste du peloton des 33 coureurs à trois minutes 30. Le peloton principal était à plus de 5 minutes.

Carte postale Ballon d’Alsace (coll. privée)

 

Le suisse fut rejoint à 2 kilomètres du sommet par les belges Félicien Vervaecke et Jules Lowie. Le premier poursuivit son effort et se détacha de son compatriote pour passer en tête avec une marge de 37 secondes. Derrière 3 coureurs était à moins de la minute.

 

Félicien Vervaecke récidivait sa chevauchée gagnante lors de l’édition précédente.

Carte postale Félicien Vervaecke (coll. privée)

 

Comme avant lui, René Pottier en 1905 et 1906, il inscrivait son nom sur les tablettes du col vosgiens

 

Tablette du Ballon d'Alsace

 

La liste des coureurs ayant passé en tête du Ballon d’Alsace, est présente dans le Sommaire des articles consacrés au Tour de France.

 

Les passages en haut du Ballon

 

Donc derrière le belge Félicien Vervaecke, passa

 

   - Jules Lowie (B) à 37 secondes
   - François Neuville (B) à 53 s
   - Antoon Dignerf (B) à 55 s
   - Léo Amberg (CH) à 1 minute

 

Par contre, ce fut l’italien Francesco Camusso qui réalisa le meilleur temps de la montée. Il avait fixé sur son vélo, un petit tableau représentant le profil de ce tronçon.

Carte publicitaire Francesco Camusso (coll. privée)

 

Je n’ai pas trouvé son temps !

 

Malheureusement il creva dans la descente, bon grimpeur mais aussi bon descendeur à ses dire "si je n’avais pas crevé, j’aurai été en tête".

 

La suite de la course…

 

Mais la descente pouvait rabattre les cartes… la preuve, Jules Lowie creva et tomba. Plusieurs autres coureurs subirent le même désagrément mais sans tomber, Jules Merviel, Sylvère Maes, Maurice Archambaud…

 

La descente sur Belfort

 

Le belge fut rattrapé par François Neuville, bon descendeur avant Giromagny (207e km). Derrière un trio, à 37 secondes, tentait de revenir sur eux, Jean Aerts, Danneels et Oskar Thierbach. Grâce à leur entente, ils vont finir par les rattraper peu avant Valdoie.

 

Un autre trio s’était constitué avec le Maillot jaune Romain Maes, Vasco Bergamaschi et Antoon Dignef, mais ne purent les rejoindre avant l’arrivée.

 

7 juillet 1935, Belfort en attendant le Tour

 

Deux entrées permettaient d'accéder au stade, la première par le pont de la rue de l'Est pour accéder aux places en tribune et au pesage, et une seconde, à l'autre extrémité face au Forges, conduisant aux places du pourtour (pelouse). Les spectateurs devant posséder un ticket acheté à l'entrée ou se l'être procuré lors de la location chez un des dépositaires à Belfort ou dans les villes des alentours.

 

L'accès à l'intérieur de la piste était réservé aux seuls porteurs de brassards (juges, commissaires, officiels, journalistes…). Il était filtré par des membres du service d’ordre du stade et il en était de même pour les parcours d’accès au stade et le passage en ville.

Photo Champ de Mars (doc. BF)

 

Il fut à peine 13 heures, que le stade du Champ de Mars fut déjà bien rempli, tant au niveau des tribunes que sur son pourtour. Le public avait à nouveau répondu présent, à la venue presque traditionnelle du Tour de France, cette édition 1935 ne dérogea pas à ces prédécesseurs. Les 8 000 places environ offertes, du moins payantes, trouvèrent acquéreurs sans problème ! Le problème fut plutôt que de nombreux spectateurs n’avaient pu décrocher le sésame et durent se contenter de s’installer en amont, sur le bord des routes utilisées par le peloton et même, bien que gratuites, les places furent elles aussi difficiles à acquérir… certains s’étaient pris tôt pour se réserver les meilleurs emplacements !

Carte postale Belfort Champ de Mars (coll. privée)

 

Comme pour chaque évènement de ce type, les autorités civiles et militaires furent présentes, des places leur étant réservées dans la tribune couverte; on pouvait reconnaître, le conseiller général Christophe Klopfenstein, l’adjoint au maire, Hubert Metzger, le représentant de la préfecture A. Marchal le chef de division, H. Berthold, juge au tribunal civil, A. Verdun, le procureur de la République, Léon Marx, avocat…

 

Comme on peut le constater, Belfort était bien concerné par cette fin d’étape dans ses murs, même si ceux de ses fortifications étaient aux moins présents !

 

Mais avant de présenter l’arrivée de la course au compte de cette 4e étape et les résultats, voyons les animations qui se déroulèrent en attendant les vedettes du jour, surtout qu’elles furent complétées par rapport à celles prévues dans le programme.

 

Les animations

 

La première animation débuta à 14h00 par une course de vitesse de débutants sur 2 tours de 1 000 mètres, avec les coureurs répartis dans 3 séries de 4 coureurs. La finale vit la victoire de XXX Castelli (vainqueur 1ère série), devant A. Piveta (repéché), XXX Salvador (vainqueur 2e série), M. Golder (vainqueur 4e série) et XXX Mouroulé (vainqueur 3e série).

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La course suivante fut l’omnium, en 4 manches, une en vitesse, deux en individuelle et une en poursuite.

 

   - la vitesse fut remportée par Alphonse Karm, devant A ; Laurent, Roger Littot et R. Berger
   - les individuelles virent vaincre A. Laurent (17 pts) devant Alphonse Karm (11 pts), R. Berger (6 points), G. Catté (5 pts), R. Ridolphi (4 pts), H. De Conto

   - la poursuite avec A. Laurent en premier, devant G. Catté, H. De Conto et Alphonse Karm

Carte postale Le belfortain Alphonse Karm (coll. JM)

 

Le vainqueur au classement général de l’omnium fut le parisien A. Laurent (28 pts), précédant Alphonse Karm (17 pts), G. Catté (6 pts), H. De Conto (4 pts), Roger Littot (4 pts), R. Berger (3 pts).

Carte postale Le valdoyen Roger Littot (coll. JM)

 

La dernière course, l’individuelle régionale qui se disputa sur 20 tours, soit 10 kilomètres avec classement tous les cinq tours, fut âprement disputée et eut les faveurs du public. Il y eut deux ex aequo, E. Cuenin de Beaulieu et le Belfortain A. Castelli (18 pts), suivaient M. Robin, XXX Jeanblanc, XXX Mouranié, R. Pataille et XXX Chevrolet.

 

Entre les courses se déroulèrent trois matches de boxe, sous la direction de R . Levy de la Fédération Française de Boxe. Le premier fut remporté par le vésulien XXX Bouc sur le belfortain A. Longht (ARB), en 3 rounds de 2 minutes. Le deuxième se termina au bout des 4 rounds de 2 minutes, par un match nul entre XXX Clémence (ARB) et XXX Bouc (Vesoul). Le dernier entre le belfortain XXX Schwimmer, finaliste du Championnat de France militaire et XXX Antoine de Remiremont, vit ce dernier abandonner au 3e round.

Carte postale Combat de boxe (coll. privée)

 

L’attraction avec Freddy Parker et ses audacieux acrobates motocyclistes "Celmars" qui proposèrent des exercices audacieux et périlleux, rendirent ébahis les spectateurs.

Carte postale Les Frères Calmars (coll. privée)

 

En parallèle, le public fut informé de l'avancement de la course grâce à la diffusion, par un haut-parleur installé, des informations communiquées par le speaker Georges Wandrès, tout comme à la déclinaison de publicités pour vanter telle ou telle marque au bénéfice souvent exagérée… il faut bien vendre la soupe ! Je vous laisse choisir votre marque préférée...

 

Le final de l’animation fut la course à l’américaine, sur 80 tours donc 40 kilomètres, avec 25 coureurs mais l’arrivée annoncée de la caravane précédant les échappées, fit qu’elle fut reportée après l'emballement final des routiers du peloton jusqu’aux lâchés.

 

7 juillet 1935, arrivée du Tour à Belfort

 

Il est temps de passer à l’arrivée des coureurs…

Ils furent précédés par la caravane publicitaire, elle aussi très attendue. A-t-elle emprunté la piste du sable… les véhicules se garèrent sur des emplacements réservés au bord du stade. Puis elle se rendit place du Théâtre après l’arrivée des coureurs.

Itinéraire utilisé par les coureurs dans Belfort (réal. BF)

 

Les premiers furent ce groupe de cinq coureurs constitués détachés qui entra dans Valdoie (216e km), avec les belges Félicien Vervaecke,  François Neuville, Jean Aerts, Gustave Danneels et Oskar Thierbach. La victoire à Belfort ne pouvait pas échapper à l’un d’entre-eux !

 

L’arrivée de ce quintet sur le stade fut ovationnée par le public qui les attendait depuis plus de 3 heures, même agrémenté par un programme alléchant qui avait permis de voir d’autres sportifs en action.

 

Sur la piste en terre, le podium fut belge, car la victoire au sprint revint à Jean Aerts devant Gustave Danneels et l’Individuel François Neuville.

Carte postale Jean Aerts (coll. privée)

 

Le trio suivant arriva à 10 secondes, avec en tête le Maillot jaune Romain Maes, Vasco Bergamaschi et Antoon Dignef, puis Georg Umbenhauer à 16 secondes suivi d’un groupe de 11 coureurs dont Roger Lapébie, le touriste-routier Georges Hubatz et l’infortuné Jules Lowie.

 

Classement de l'étape

 

Donc le podium fut belge

 

   1 : Jean Aerts en 7 h 14 s (ramené à 6 h 58 mn 44 s avec la bonification)
   2 : Gustave Danneels (B)
   3 : François Neuville (B)
   4 : Oskar Thierbach (D)

   5 : Félicien Vervaeke (B)
   6 : Romain Maes (B)

  

Après la victoire de Roger Lapébie en 1934, le belge Jean Maes inscrivait son nom sur la tablette des vainqueurs à Belfort, le 12e coureur.

 

NA : La liste des coureurs ayant remporté à Belfort, est présente dans le Sommaire des articles consacrés au Tour de France.

 

Georges Hubatz fut le premier touriste-routier, il termina à la 16e place (11e ex aequo).

 

Classement général

 

Le Maillot Jaune resta sur les épaules du belge Romain Maes, il avait bénéficié de bonifications à l’occurrence 2 minutes 23 secondes. Son temps au classement général était de 17 heures 24 minutes 34 secondes, devançant

 

   - 2e : Antonin Magne à 5 mn 29 s
   - 3e : Georges Speicher à 8 mn 53 s
   - 4e : Edgard De Caluwé (B) à 9 mn 4 s
   - 5e : Félicien Vervaecke (B)
   - 6e : René Bernard à 9 mn 28 s, 1er Touriste-routier
   - 7e : Eugenio Gestri (I) à 10 mn 1s, 1er Individuel

Carte Romain Maes (coll. privée)

 

Cette étape avec le Ballon d’Alsace au programme eut un impact sur le classement général, le 1er au col passa de la 15e à 5e place et inversement, Charles Pélissier recula de la 2e à la 12e place.

 

Classement du Meilleur grimpeur

 

Concernant le classement du Meilleur grimpeur, il reprenait celui de l'ordre des coureurs au passage du col du Ballon d'Alsace, avec l'attribution de points aux 10 premiers coureurs (de 10 à 1 point)

 

   1 : Félicien Vervaecke (B), 10 points
   2 : Jules Lowie (B), 9 points
   3 : François Neuville (B), 8 points
   4 : Antoon Dignerf (B), 7 points
   5 : Léo Amberg (CH), 6 points
   6 : …

 

Signature de la feuille de contrôle

 

Après l'arrivée et les tours d'honneur, les coureurs devaient se rendre à la Brasserie Danjean, pour signer la feuille de contrôle d'arrivée. Pour y accéder, ils empruntèrent la rue de l'Est, l'avenue Jean Jaurès, le faubourg des Ancêtres, la place Corbis et le faubourg de Montbéliard où était situé l'établissement réputé.

Carte postale Belfort Brasserie Danjean (coll. JM)

 

Après avoir affronté le col du Ballon d’Alsace, les coureurs furent soumis à une autre difficulté pour se rendre à la table de contrôle, se frayer un chemin parmi les spectateurs malgré la maréchaussée, un tant soit peu débordée…

 

7 juillet 1935, la soirée à Belfort

 

Hormis les restaurants, les brasseries, les cafés… plusieurs animations furent organisées pour agrémenter la soirée du public dans la Cité du Lion.

 

Place du théâtre

 

Après l’arrivée des coureurs, se déroulèrent les radioreportages sur le déroulement de la journée, les différents faits, les résultats, les comportements des coureurs, les incidents de course…

 

Place de la République

 

N’ayant pu donner son concert comme prévu devant l’Hôtel Stauffer au Ballon d’Alsace, l’Harmonie des Automobiles Peugeot en délivra un allongé, à partir de 18 heures, sur la place de la République.

Carte postale Belfort Place de la République (coll. JM)

 

Elle se rendit ensuite faubourg de Montbéliard, devant chez Danjean, pour effectuer quelques morceaux, puis défila en jouant en direction de la gare.

 

Place d’Armes

 

A 21 heures, les spectateurs eurent droit à une séance cinématographique proposée par la Société des Reportages Cinématographiques avec le concours du grand quotidien parisien "Le Journal", avec au programme, les étapes précédentes, les dernières actualités mondiales de France Actualités Gaumont, un film comique…

Carte postale Belfort La place d'Armes (coll. JM)

 

Le public fut à nouveau fort nombreux à assister à ces projections et fut fort heureux de toutes ces animations gratuites.

 

La ville fut en fête toute la soirée, tel un 14 juillet !

 

Fin de la troisième partie de l'article

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder au quatrième article, via le Sommaire, ainsi qu’aux deux premiers.

 

Épilogue

 

Une nouvelle fois, Belfort fut à la hauteur pour recevoir la 29e édition du Tour de France et proposa un beau programme au public, avant, pendant et après l'arrivée.

 

Dans le Ballon d'Alsace, le belge Félicien Vervaecke fit un doublé consécutif en passant en tête du col à l’image de l’année précédente, comme le fit René Pottier en 1905 et 1906.

 

Un nouveau coureur avec le belge Jean Maes inscrivit son nom sur la tablette des vainqueurs à Belfort.

 

Malgré ce col, le Maillot jaune resta sur les épaules du leader, le belge Romain Maes, en tête du classement général depuis la 1ère étape.

 

Comme on peut le voir, la Belgique fut à l’honneur de la Cité du Lion.

 

La 4e partie de l'article nous dira qui fut le vainqueur final au Parc des Princes, du Tour de France 1935.

 

JM

 

Liens pour accéder aux articles cités

 

Sommaire des articles sur le Tour de France : Cliquer ici

 

Sommaire des Fêtes du 2 au 4 juillet 1920 : Cliquer ici

 

Références presse : Journaux La Frontière et L’Alsace (coll. Archives départementales du Territoire de Belfort, AD90), Journaux L'Est Républicain, Le républicain de Belfort et la République de l’Est (doc. Archives municipales de Belfort, AMB),

 

Référence Web : Wikipédia, Le Miroir des Sports et L’auto (Gallica, BNF), Site La Grande Boucle, Divers autres Sites…

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

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