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LE CARTOPHILION
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22 novembre 2012

Le Festival EntreVues est né Festival National du cinéma des Jeunes Auteurs à Belfort en 1969, découvrons ce parcours chronologique !

MAJ et complété le 16 novembre 2025

Suite à l’article écrit sur la présentation de l’édition 2012 du Festival EntreVues, il m’a semblé nécessaire d’effectuer une rétrospective de son histoire, en présentant les différents rushes de cette construction débutée en 1969, à Belfort.

Titre du journal L’Est Républicain  (doc. AD90)

Le Festival EntreVues a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse dans le cercle du 7ème art… redynamisé en 1986, sous l’impulsion de Jean-Pierre Chevènement, épaulé par Janine Bazin.

Mais ce Festival ne serait pas ce qu’il est, sans la création du Festival National du cinéma des Jeunes Auteurs dès 1969, sous l’impulsion de son metteur en scène, Michel Legrand.

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder aux articles sur le Festival EntreVues, via le Sommaire.

La naissance du Festival en 1969

Le Festival National du cinéma des Jeunes Auteurs fut créé en 1969, par Michel Legrand, directeur belfortain du Comité Département de l’Enfance Populaire (CDEP), épaulé de Michel Dèque, après une gestation de près de quatre ans.

Michel Legrand (photo privée)

Pour leur projet, ils avaient pris contact avec Claude Lafaye des services culturels du Centre National de la Cinématographique (CNC).

L’objectif du festival était de détecter les nouveaux talents et d’encourager les réalisations des auteurs aspirant à devenir des cinéastes professionnels, venant des écoles de cinéma reconnues par le CNC. Tout comme à des professionnels du cinéma, non réalisateurs et désireux de s’exprimer par la mise en scène, ainsi que les réalisateurs amateurs ayant obtenu un premier prix dans un concours depuis trois ans au maximum.

Il répondait ainsi à l’attente du Centre National Cinématographique (CNC) qui se plaignait que les films réalisés par les élèves de l’Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC) n’étaient pas ou peu programmés !

Carte permanente d’entrée au Festival (doc. AD90)

Une présélection des films en concours à Belfort, fut réalisée à Paris par le filtre du CNC. 18 films furent retenus, un long métrage et dix-sept couts-métrages; trois courts métrages furent ajoutés au programme initial.

Le jury

Comme tout festival, un jury. Il fut composé de 8 personnalités du monde cinématographique, parmi eux, il était prévu Claude Lelouch, mais il fit faux bond.

Il était composé de Claude Beylie critique, Michel Cournot réalisateur, Michel Fardoulis-Lagrange écrivain, Jean Lescure président de la Fédération française des cinémas d’art et d’essais, Jean-Pierre Moulin acteur, Georges Rouquier réalisateur et André Valiot producteur.

Michel Fargoulis-Lagrange, Jean-Pierre Moulin, Michel Cournot
 et Claude Lafaye (photo LER, doc. AD90)

René Belot, Jean Lescure et Claude Beylie (photo LER, doc. AD90)

Henry Schmitt reporter à l’ORTF rejoignit le jury tout comme, deux belfortains, René Belot, le président du Photo-Caméra Club belfortain et Pierre Schuller, président du CDEP

Pierre Schuller, Georges Rouquier et André Valiot
(photo LER, doc. AD90)

Les membres, le premier jour du Festival, choisirent le producteur André Valiot, comme président.

Il revint à l’Hôtel de l’Europe de les accueillir.

L’Hôtel de l’Europe (photo 1968, coll. BF)

Le festival se déroula du 17 au 19 octobre, principalement au centre culturel du quartier de La Pépinière, seuls 3 films furent projetés au cinéma ABC.

Les résultats

Quatre prix furent remis par le jury aux vainqueurs.

Les trois films récompensés (LER, doc. AD90)

Après la remise des prix, un vin d’honneur fut offert par la municipalité belfortaine.

Environ 400 personnes avaient suivi les projections, donc une réussite pour cette première, du point de vue des organisateurs. Ils pensaient déjà à la prochaine édition…

Michel Legrand (1925-2009) 

Fils de résistant, instituteur à la Pépinière, il a passé sa vie à promouvoir les activités associatives. Dès 1953, il fonda le Foyer coopératif des écoles du quartier qui deviendra plus tard le centre culturel (le premier de Belfort).

Michel Legrand

En 1960, il devint le responsable du CDEP (Comité Département de l’Enfance Populaire), puis du CDAC (Centre de Développement et d’Animation Concertée). Ce dernier installé à la Tour 41 fut un lieu de créativité : Théâtre du Pilier, Centre de Culture Scientifique et Technique…

Une future notoriété y participa !

Dans les participants, il est à noter la présence d’un futur grand réalisateur Patrice Lecomte; il présenta un de ses tous premiers courts métrages… "Au-delà de l’horizon".

Né en 1947 à Paris, il est un réalisateur, acteur, scénariste et auteur de bandes dessinée au périodique Pilote. Il intégra en 1967 l’IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques) et réalisa des courts métrages d’où sa présence au festival de 1969.

Il sortit son premier long métrage en 1975, "Les vécés étaient fermés de l’intérieur" avec Coluche.

Patrice Lecomte (photo coll. privée)

Ces films reçurent de nombreuses récompenses dont le César de meilleur réalisateur avec "Ridicule", en 1996.

Dès ces débuts, le festival fit déplacer les hommes et les femmes du septième art vers la Cité du Lion.

Les éditions du Festival dans les années 1970

Ces années virent plusieurs personnalités du cinéma assurer le poste de président (e) du jury.

1970, Françoise Arnoul

L’actrice Françoise Arnoul fut une des premières présidentes du jury.

Carte postale Françoise Arnoul (coll. privée)

Née en 1931, Françoise Arnoul est une actrice française qui débuta réellement avec le réalisateur Willy Rozier sur le film L’épave (1949). Elle possède une filmographie en cours et riche de plus de 80 films et d’une bonne trentaine de téléfilms. En 2012, elle est à l’affiche du film "Beau rivage" de Julien Donada.

Le festival se centralisa...

Quittant le centre culturel du quartier de La Pépinière pour se dérouler au cinéma ABC, faubourg de France, le festival vint en cœur de ville.

Photo Cinéma ABC (coll. privée)

1971, Michel Deville

Après une actrice, un scénariste succéda pour assurer la présidence du festival en 1971, avec Michel Deville.

Né en 1931, Michel Deville est un scénariste et réalisateur français. Il coréalise son premier film en 1958 "Une balle dans le canon" avec Charles Gérard. Sa filmographie dépasse la trentaine de films comme réalisateur.

Extrait carte postale Michel Deville (coll. privée)

Il obtient 2 Césars, du meilleur scénario, dialogues & adaptation avec Gilles Perrault pour "Le dossier 51" (1979) et du meilleur réalisateur pour "Péril en la demeure" (1986). Il écrit aussi des poèmes.

1972, Emmanuelle Riva et Paul Frankeur

L’année suivante, un duo fut à la tête du jury, Emmanuelle Riva accompagnée de Paul Frankeur.

Emmanuelle Riva

Née en 1927, Emmanuelle Riva est une actrice française dont son deuxième film "Hiroshima mon amour" d’Alain Resnais (1960), la projeta sur la scène mondiale. Sa filmographie est impressionnante tant par la quantité de films (plus de 50) que par la notoriété de ceux-ci !

Carte postale Emmanuelle Riva (coll. privée)

Elle fit aussi une superbe carrière au théâtre. En 2012, elle donne la réplique à Jean-Louis Trintignant dans "Amour" de Michael Heneke, Palme d’or au Festival de Cannes.

Paul Frankeur (1905-1974)

Acteur français, il débuta au théâtre dans la troupe du Groupe Octobre et effectua des numéros dans les cabarets parisiens. Il tourna son premier film "Nous les gosses" en 1941 avec le réalisateur Louis Daquin.

Extrait fiche cinéma Paul Frankeur (coll. privée)

Sa filmographie est riche de plus de 80 films tournés en France et en Italie ainsi que de nombreux téléfilms. Il est considéré comme le comédien des seconds rôles.

L'envol du festival

Le festival prit son envol créant des liens très étroits entre la Cité du Lion et la profession, que ce soit avec le CNC, le ministère de la Jeunesse et aux Sports, les firmes de cinéma…

1974, création du CDAC

En 1974, le CDEP devient le CDAC (Centre de Développement et d’Animation Concertée).

Ce changement coïncide avec une première ! Le premier prix ne fut pas remis par la présidente Marika Green, la comédienne franco-suédoise; les courts métrages furent jugés non à la hauteur de l’attendu… le sésame Belfort se méritait déjà.

Marika Green (photo coll. privée)

Née en 1943, Marika Green est une actrice franco-suédoise qui dès son premier film "Pickpocket" (1959) avec le réalisateur Robert Bresson, obtint un excellent succès et voit les portes du cinéma s’ouvrir pour une cinquantaine de films et téléfilms.

1976, un délégué général

En 1976, un nouveau pas fut franchi par la création du poste de délégué général dont le rôle est de promouvoir le festival. Rui Nogueira, auteur d’ouvrages sur le cinéma, fut le premier à assurer cette fonction clé.

Né en 1938, Rui Nogueira est un journaliste-écrivain portugais. Il monte à Paris dès 1961, pour entrer dans le monde du cinéma. Il rédige de nombreux articles pour la presse spécialisée (Les Cahiers du Cinéma, Écran…), participe à des films comme assistant réalisateur, publie des livres sur le 7ème art dont Melville on Melville et collabore au Dictionnaire du Cinéma. Sa grande connaissance du cinéma lui vaut d’être appelé à de nombreuses fonctions dans le développement du 7ème art.

Rui Nogueira (photo coll. privée)

Il assurait cette fonction de délégué général depuis 1974, pour le Festival international du Jeune Cinéma de Hyères-Toulon. Avec lui, le festival prit de l’ampleur par l’ajout des mentions spéciales et des labels ainsi que la présentation de longs métrages.

En 2009, il a créé la Fondation Rui Nogueira qui abrite ses collections… sur le cinéma.

1980, arrivée de Janine Bazin

Après un passage éclair de Marc Château au poste en 1979, arriva en 1980, Janine Bazin.

Le carnet d’adresses cinématographiques de Janine Bazin permit au festival de Belfort de poursuivre le développement de sa notoriété dans le 7ème art. Cette même année, le festival fut confié à l’association "Le Mois de l’Image" qui regroupait les différents acteurs locaux des villes de Belfort et Montbéliard.

Janine Bazin (photo Revue municipale, doc. JM)

À cette occasion, le festival se déroula sur les deux villes.

En 1984, Michel Legrand laissa les commandes à Janine Bazin, après quinze années dévolues à cette manifestation connue et reconnue.

Janine Bazin (1923-2003)

Productrice française de cinéma et de télévision, épouse du critique et historien André Bazin. Elle a accueilli et aidé François Truffaut comme un fils.

Janine Bazin (photo LER)

Elle s’est dépensée sans compter, à mettre en valeur les jeunes générations de cinéastes et faire connaître les piliers du 7ème art.

Nommée Déléguée générale du Festival de Belfort, elle s’employa à redynamiser le Festival, en le structurant et en le réorientant sur la production cinématographique en lien avec les sorties en salle, au détriment des œuvres des écoles de cinéma.

1986, le Festival est pris en charge par la Ville

En 1986, l’organisation du Festival fut intégrée au sein des affaires culturelles de la ville; le Centre d’Action Culturelle (CAC) succéda au CDAC (Centre de Développement et d’Animation Concertée).

Logo du Centre d’Action Culturelle (doc. AMB)

En 1986, l’organisation du Festival fut intégrée au sein des affaires culturelles de la ville. La réorientation impulsée par le maire, Jean-Pierre Chevènement et Janine Bazin, s’appuya sur une nouvelle programmation composé d’une compétition internationale, un programme thématique, une analyse sur le patrimoine cinématographique, sur l’histoire du cinéma et des hommages à des cinéastes

Le Festival renouvelé prit aussi un nouveau nom "EntreVues".

Problème de date !

Il est écrit que cette nouvelle appellation prit date en 1986. Mes recherches dans la presse, la revue municipale et les archives du site EntreVues, n’ont pas confirmé cette information !

En termes de support de communication, on peut voir cette appellation apparaître au plus tôt, sur une carte double sur l’édition 1989.

Carte double EntreVues 1989 (col JM)

Sur la carte postale de 1987, la première éditée pour le festival, l’intitulé imprimé est 19e Rencontres Cinématographiques.

Carte postale Festival 1987 (col JM)

Donc un point à éclaircir.

1987, Cinéma d’Aujourd’hui

Le 13 novembre 1987, la ville de Belfort décida de créer une nouvelle association, "Cinéma d’Aujourd’hui", pour prendre en charge le secteur du cinéma, issu du CDAC et de l’attaché aux affaires culturelles de la ville.

Le festival passa sous la tutelle de la mairie. Richard Gorrieri, responsable de l’association, eut en charge l’organisation du festival, mais aussi de développer le secteur du cinéma d’auteur, via la programmation de films d’art et d’essai, tout le long de l’année.

Richard Gorrieri (photo Le Pays)

Dès 1970, il avait côtoyé le festival et devint acteur par la prise de ses fonctions, comme chargé des relations pour le CDAC, à partir de 1978.

Pour le 20e anniversaire, le thème fut "Avoir vingt ans au cinéma", un véritable clin d’œil à la manifestation. Le festival était passé d’un niveau de reconnaissance national à international. Un colloque fut même organisé sur le devenir du cinéma.

2003, décès de Janine Bazin

Le 31 mai 2003, EntreVues perd sa bienfaitrice qui a accompagné presque 20 ans son développement et a permis d’assoir le festival, comme un moment incontournable dans l’agenda annuel du cinéma. Elle avait passé le relais en 2001, au critique de cinéma et membre à la Cinémathèque Française, à Bernard Benoliel, son choix.

Belfort lui a dédiée à son nom, la place en face du cinéma des Quais, pour qu’elle puisse toujours avoir un œil sur son enfant.

Plaque de la place Janine Bazin (photo JM)

L’ancienne place de l’Abattoir fut nommée Place Janine Bazin, par le conseil municipal, le 25 juin 2004 et elle fut inaugurée, le 4 décembre 2005.

JM

Épilogue

Pour mieux comprendre le film du Festival EntreVues, il faut connaître le début de sa pellicule !

Par ce petit article, j’ai essayé de présenter le scénario de son histoire, dès les premières images et de ses scénaristes qui l’ont élaboré au fil des années.

Liens pour accédés aux articles cités

Festival EntreVues, le sommaire : Cliquer ici

Site EntreVues : Cliquer ici

Références : Journaux L’Est Républicain (doc. Archives départementales du Territoire de Belfort), Revues municipales (doc. JM), Site EntreVues,

Infos pratiques  

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

En cliquant sur les photos, vous pouvez les agrandir.

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