Canalblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE CARTOPHILION
Publicité
9 avril 2026

L’Aviso Belfort au fil de l’eau !

Comme annoncé dans l’article précédent, sous forme de brève, où j’avais présenté le marrainage de l’Aviso Belfort de la Marine nationale, voté le 30 juillet 1921, par le conseil municipal de la Cité du Lion, je propose un article plus détaillé centré sur l’histoire de ce navire, comme je l’avais fait pour le paquebot Normandie.

Carte postale Saint-Malo L’Aviso Belfort (coll. JM)

Dans ce deuxième article, on va découvrir l’histoire de ce navire, l’Aviso Belfort au gré du fil de l’eau.

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder aux articles cités, à l'article cité.

Le projet

Lors de la Première Guerre Mondiale, le gouvernement français décida de faire construire 43 avisos de la classe Arras*. Ils furent commandés en 1917, à plusieurs chantiers navals français

  - Arsenal de Brest (4, dont l’Arras)
  - Arsenal de Lorient (3, dont le Belfort)
  - Arsenal de Cherbourg (1)
  - Ateliers et chantiers de Bretagne, Nantes (2)
  - Ateliers et Chantiers de la Loire, Saint-Nazaire (5)
  - Chantiers et Ateliers de Provence, Port-de-Bouc (2)
  - Chantiers de Penhoët, Saint-Nazaire (2)
  - Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne-sur-Mer (8)
  - Forges et Chantiers de la Gironde, Bordeaux (2)
  - Forges et Chantiers de la Méditerranée, Le Havre (1)

Seules furent lancées en réalité que trente unités, les treize autres furent décommandées à l’Armistice.

Chaque navire fut baptisé du nom d’une ville sur le front, lors de la Première Guerre Mondiale.

*Aviso Arras : Le nom d’un des deux premiers navires construits, le deuxième étant l’Aviso Amiens. Ils entrèrent en cale en 1917, ils furent lancés et mis en service en 1918. Le dernier fut le Béthune en 1922.

L’Aviso

À l’origine, l’aviso était un petit navire de guerre à voile, rapide et de faible tonnage, servant de liaison entre les différents navires d’une escadre (un groupe naval). Avec l’arrivée de la transmission sans fil, sa fonction évolua pour effectuer les liaisons entre escadres et/ou avec la terre.

La silhouette de ce navire type Aviso ressemblait à un cargo, ayant pour objectif de tromper les commandants des sous-marins. Cette morphologie reprenait le concept des bateaux pièges développés par les Britanniques, appelés Q-ships, petits bateaux qui étaient armés de canons lourds pour détruire les sous-marins, remontés en surface.

Carte postale Le Tréport L’Aviso Arras (coll. privée)

Chaque unité comprenait 4 officiers et 99 marins.

Caractéristiques de l’aviso Belfort

Il fut construit dans l’Arsenal de Lorient. Il entra en cale en 1918, fut lancé et baptisé Belfort en mars 1919 et entra en service en 1920.

Les caractéristiques du bâtiment

  - Longueur : 74.90 mètres
  - Maître-bau (plus grande largeur) : 8,70 mètres
  - Tirant d’eau : 3,20 mètres
  - Déplacement : 644 tonnes

Sa propulsion via 2 turbines à engrenage Parsons / Breguet entrainées par 2 chaudières fonctionnant avec une réserve de 200 tonnes de fuel

  - Carburant : Fuel
  - Puissance : 5 000 chevaux
  - Vitesse : 20 nœuds (37 km/h)

Carte postale Saint-Malo L’Aviso Belfort (coll. JM)

Les caractéristiques de son armement

   - 2 canons de 138,6 millimètres modèle 1910
   - 1 canon de 75
millimètres
   - 4 mitrailleuses anti-aériennes de 8 millimètres Hotchkis
   - 2 mortiers ASM (Anti Sous-Marins) à l’arrière (ou lance mines), avec 20 charges de profondeur

Cet Aviso possédait un rayon d’action de 3 000 milles nautiques (5 556 km) à 11 nœuds (20,4 km/h)

Un Aviso marrainé Belfort !

À la demande du commandant de l’Aviso Belfort, André Pitous, l’enseigne de vaisseau, Marcel Martin, contacta le maire de Belfort par un courrier le 27 juillet 1921, pour obtenir "un modèle réduit des armes de la ville et du fameux Lion ", pour être placés bien en vue sur le navire, et lui proposer que la ville soit la marraine du navire.

Extrait du courrier de l’enseigne de vaisseau (doc. AMB)

Cette proposition présentée par le maire Noël Lapostolet, fut acceptée par le conseil municipal, le 30 juillet 1921

Photo officielle de l’Aviso Belfort (doc. AMB)

Cette partie étant développée dans le premier article, je vous y renvoie si vous le souhaitez.

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder à l’article.

Une deuxième vie maritime civile !

En novembre 1927, l’Aviso Belfort et quatre autres unités (Épernay, Lunéville, Péronne, Revigny) furent prêtées à la Compagnie Générale Aéropostale (ou L’Aéropostale) par la Marine Nationale, pour être affectés sur la ligne d’aviation France-Amérique du Sud. L’armement fut retiré.

En 1928, un sixième les rejoignit, le Reims.

Carte postale L’Aéropostale (coll. privée)

Ayant repris l’activité de la ligne mise en place par Latécoère, l’Aéropostale assurait l’acheminement du courrier par avion, de Toulouse à Dakar, via une escale à Casablanca au Maroc, mais il ne possédait pas l’autonomie pour rejoindre la ville de Natal au Brésil, depuis le Sénégal. Les avions n’ayant pas la capacité d’effectuer les 1 700 milles (2 736 km) séparant les deux villes, au-dessus de l’Océan Atlantique, d’où l’idée d’employer ces avisos loués.

Les six avisos furent préparés à Cherbourg, au bassin Charles X et repeints en noir avec un liston blanc (partie supérieur de la coque), la structure étant blanche.

L’Aviso Belfort et les cinq autres furent donc affectés à la ligne maritime entre Dakar (Sénégal) et Natal (Brésil), pour effectuer le transport du courrier, le dépannage, le ravitaillement…

Carte postale Dakar Port L’entrée (coll. privée)

Le premier qui fut opérationnel, fut le Péronne qui réalisa la première liaison, en mars 1928. La traversée était effectuée en quatre jours et demi, avec une moyenne de 17 nœuds (31,4 km/h).

Confrontés à de fortes vagues, les navires assurèrent avec régularité leurs missions. Par contre, le nombre de membres d’équipage était réduit à 22 marins, pénalisait le bon fonctionnement des chaudières.

Lors d’une traversée, l’Aviso Belfort échoua le 12 novembre 1927, à Natal, mais sans dommage.

Carte postale Dakar L’Aviso Belfort (coll. privée)

Suite à l’acquisition de quatre avisos spécifiques par la Compagnie Générale Aéropostale, Aviso Aérospatiale I à IV, ils furent restitués en 1931, à la Marine nationale.

Apparemment, l’Aviso Belfort fut celui des six navires prêtés, qui fut le plus exploité.

Troisième vie Marine nationale

À son retour à Brest, la CGA remit à disposition l’Aviso Belfort à la Marine nationale, le 25 janvier 1931. Elle le récupéra le 12 mars et le bâtiment revint à Cherbourg, en réserve normale.

Il fut transformé en ravitailleur d'hydravion du transport, en 1934-1935. Il fut équipé sur sa poupe, d’une pièce de 75 millimètres modèle 1897, ainsi qu’une grue en lieu et place du canon arrière de 138 millimètres. Il fut livré ainsi à la 1ère Région maritime, basée à Cherbourg.

Photo Le ravitailleur d’hydravion Belfort (site Forum marine)

L’Aviso Belfort fut le seul à reprendre un service actif au sein de la Marine Nationale.

Il accomplit de nombreuses missions dans cette nouvelle activité et affectation, où il fut très apprécié pour ces interventions.

Le 15 mars 1938, le nouveau ravitailleur talonna* sur les rochers de La Tranche, au sud de l’Île d’Yeu. Il fut remorqué par le remorqueur Aurochs et la citerne Cascade, pour rejoindre Lorient, mettant fin à cette fonction.

*Talonner : Toucher le fond.

Quatrième vie, lors de la Seconde Guerre Mondiale

Lors de la Deuxième Guerre Mondiale, l’Aviso Belfort fut versé aux Forces Maritimes du Nord. Il participa à des actions de combat, sous les ordres du capitaine Pierre Viel. Le 29 mai 1940, il secourut les membres d’équipage du cargo Douaisien et le 1er juin, il escorta le torpilleur Cyclone endommagé jusqu’à Cherbourg.

Carte postale Dunkerque Le remorqueur Douaisien (coll. privée)

Le 3 juin 1940, il participa à la bataille et l’évacuation de Dunkerque, lors de l’Opération Dynamo, de même il fut engagé pour l’évacuation du Havre. Il rejoignit Brest, le 15 juin, pour une réparation. L’arrivée des allemands en cette ville, fit qu’il quitta la Bretagne pour rejoindre Plymouth et la France Libre, le 17 juin. Il fut, dans un premier temps, saisi et incorporé par les britanniques de la Royal Navy, le 3 juillet.

Il fut rétrocédé aux Forces Navales de la France Libre, en août 1940, sous l’identité U.63. Elles étaient sous le commandement du vice-amiral Émile Muselier. Nouvelle transformation en octobre 1942, pour devenir un bâtiment-base de la 23e Flottille Motor Torpedo Boats (vedettes lance-torpilles françaises), à Darmouth, et il fut une annexe de la Caserne Birot.

En septembre 1945, il fut rapatrié à Cherbourg.

Il fut vendu 22 novembre 1946, par la Marine nationale et fut démantelé, le 16 janvier 1947.

Point d’attention : L’ensemble des informations est extrait d’internet. Je n’ai pas pu recouper toutes les informations, car très parcellaires et souvent sans source.

Épilogue

Il me semblait intéressant de présenter ce type de navire, et plus particulièrement l’Aviso Belfort qui eut plusieurs vies, passant de la Marine nationale à la Marine marchande puis revenant dans la Marine nationale où il participa à la Deuxième Guerre Mondiale, lui qui fut construit suite à une décision gouvernementale pendant la Première Guerre Mondiale !

L’Aviso Belfort fut un des 30 avisos construits qui eut une des plus longues carrières !

JM

Lien pour accéder à l’article cité

Saviez-vous qu’un Aviso fut baptisé Belfort ? : Cliquer ici

Référence internet : Wikipédia, Divers sites internet,

Infos pratiques  

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

En cliquant sur une photo, vous pouvez l’agrandir.

---o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o---

Publicité
Commentaires
LE CARTOPHILION
  • Le CartophiLion est un journal proposant des articles centrés sur la ville de Belfort et du département, ainsi que d'autres thématiques nationales et internationales (sports, fêtes & traditions...); agrémentés de visuels liés aux collections. A l'origine, il fut imaginé comme outil de communication des CCTB.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 999 625
Publicité
Publicité