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LE CARTOPHILION
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20 mai 2026

Le Marché Fréry de Belfort : Réception du projet finalisé (4e partie)

Après la parution des trois premières parties de l’article retraçant l’historique de la construction de ce tout nouveau Marché couvert, depuis la genèse du projet mené par la municipalité de Belfort, à sa construction en 1904-1905, cette quatrième partie est consacrée à sa réception.

Carte postale Belfort Le Marché couvert (coll. JM)

 

La réception est double, d’une part la réception du projet livré par le constructeur Schwartz & Meurer et d’autre part, la réception par les belfortains via la presse !

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder à l’historique du projet via le Sommaire.

 

Quatrième partie

 

Description du bâtiment

 

Avant de passer à la phase réception de la halle du Marché couvert, en voici une petite synthèse, avec quelques éléments chronologiques structurant de ce projet important pour la Cité du Lion, au début du 20e siècle.

 

Quelques dates

 

Le 14 novembre 1902, le conseil municipal confia à l’architecte municipal belfortain Eugène Lux, de dessiner le projet de ce bâtiment, suite à la décision actée le 11 août 1902 de sa construction, par cette même instance. Le concept d’un tel bâtiment fut initié dès 1898.

Buste d’Eugène Lux (photo JM)

 

NA : Mes recherches, pour trouver un visuel de l’architecte, m’ont permis de trouver ce buste.

 

L’architecte soumis le résultat de ses travaux avec un avant-projet document (plans + devis), le 26 octobre 1903, à la commission des travaux. Le cahier des charges fut entériné, par le conseil municipal, le 26 décembre.

 

Le projet répondait à l’attente de la municipalité qui voulait un bâtiment de grandes dimensions pour être en accord avec les constructions type haussmanniennes du nouveau quartier, entre la Vieille Ville et la Savoureuse. Il possède une surface couverte de 2 268 m², d’une longueur de 63 mètres et d’une largeur de 36 mètres et surtout une façade principale monumentale de belle hauteur, 17,30 mètres, finalisée par son campanile.

 

Le 20 mai 1904, le conseil municipal choisit le projet de la société parisienne Schwartz & Meurer.

Pilier de la halle portant l’inscription
"Schwartz & Meurer à Paris" (photo BF)

 

NA : Je me demande si Eugène Lux n’eut pas une relation avec cette société et l’architecte, pour instruire son projet, car si les plans des deux architectes sont légèrement différents, ils se ressemblent tout de même beaucoup !

 

Les plans du projet retenu furent dressés l’architecte Jules Doré (1854-1912), pour le compte de la société parisienne. Peu de gens le savent, et c’est l’architecte Eugène Lux qui est souvent cité, par méconnaissance du dossier.

Façade principale du projet retenu (doc. AMB)

 

La conception du projet permettait même, son extension potentielle en déplaçant sa façade arrière; il suffisait d’ajouter des piliers supplémentaires, pour le prolonger. 

 

J’aurai voulu dresser une petit bio sur l’architecte de cette superbe halle, mais mes nombreuses recherches, aidées par mon ami Philippe, n’ont pas eu le résultat escompté. Même pas trouver une photo* de lui pour le mettre à l’honneur, comme j’ai pu le faire pour Eugène Lux, en pouvant présenter son buste, après mes recherches !

 

*Photo : En vérité, j’ai pu obtenir une photo, celle de sa tombe à Enghien.

 

Structure métallique

 

Sa construction basée sur l’acier s’appuyait sur l’expérience acquise via la réalisation des chefs-d’œuvre comme le Viaduc de Garabit (1884), la Tour Eiffel (1889)… grâce aux ingénieurs français, Henri de Dion, Léon Boyer, Gustave Eiffel qui mirent en œuvre l’invention de l’anglais Henry Bessemer, la fabrication de cette matière, brevetée en 1855, et celle de l’ingénieur Paul Cottencin, avec le ciment armé en 1889.

Carte postale Un train sur le Viaduc de Garabit (coll. privée)

 

La grande évolution est l’absence de murs porteurs, mais tout de même la réalisation de massifs de volume importants et profonds, en béton pour supporter les piliers. Il fut monté des murs d’habillage, je dirai même plutôt, des murs de décoration via des briques vernissées, surmontés de vitrages et de persiennes. Les fermes de la toiture sont supportées par les 16 piliers alignés sur deux rangées, non pas sur le pourtour extérieur, mais à l’intérieur de la halle.

Intérieur du Marché, photo La Construction Moderne (doc. AMB)

 

La halle fut aussi décorée par la présence de son campanile avec sa cloche et son blason, son horloge double face, les 48 Lions sur les bas de toitures, les deux têtes de bœuf, les fleurs…

Carte postale Belfort Le marché couvert (coll. JM)

 

À l’intérieur, la halle fut équipée de 64 boutiques sur son pourtour, avec des séparations montées en brique, de deux toilettes, de deux bureaux, de quatre bornes fontaines et de l’éclairage au gaz.

 

Cet édifice critiqué !

 

Dans son édition du 30 avril 1905, le Journal de Belfort, un article signalait à ses lecteurs, que l’ouverture du Marché était prévue le 1er mai. De même, son rédacteur signant Le Moustique, n’avait pas assez de mots durs sur le conseil municipal à ce sujet

 

"Cette coûteuse construction répond-elle bien au but pour lequel elle a été édifiée ? Elle conviendrait pour un temple, une synagogue, une salle des fêtes, de réunion… mais à un marché, fort peu… M. Lux a voulu faire grand, mais il ne paraît s’être nullement soucié de la destination de ce bâtiment."

Extrait du Journal de Belfort (coll. AD90)

 

Il poursuivait son propos amer en enfonçant son clou "Au lieu d’élever un édifice aux dimensions luxueuses d’une cathédrale, il eut été pratique de couvrir la place du marché, de larges quais abrités de galeries vitrées…"

 

Cet édifice encensé ou presque !

 

Dans son édition du 14 mai 1905, le journal Le Haut-Rhin Républicain, l’article est plus positif, signé Le belfortain, que celui de son confrère le Journal de Belfort !

 

"Le marché couvert est fait ou presque parfait. C’est un édifice qui, extérieurement, a fort belle apparence; il est un peu peinturluré peut-être; mais la vivacité des couleurs se ternira assez tôt. Il est vaste, bien éclairé ; le sol est cimenté, les boutiques du pourtour sont déjà construites : l’eau, les cabinets, le gaz, une horloge, rien n’y manque"

Extrait du journal Le Haut-Rhin Républicain (coll. AD90)

 

Dans son descriptif, il donne une information importante "Nous pensons qu’on achèvera de le vitrer pour l’hiver : il n’y a pas de raison d’y laisser pénétrer la bise et le froid. Il sera d’ailleurs suffisamment aéré puisqu’il est, si je ne trompe, ouvert à la partie supérieure."

 

Réception des travaux

 

Les procès-verbaux de réception provisoire pour le terrassement (Entreprise Guidon) et pour la structure (Société Schwartz & Meurer), ne furent signés que le 25 mai 1905.

Extrait du procès-verbal de réception provisoire du terrassement
(doc AMB)

 

Il entérine que les travaux sont terminés globalement conformément au cahier des charges; il déclenche un terme de versement important à l’entreprise. La plus grande partie des travaux fut terminée avant !

 

Quant aux procès-verbaux de réception définitive, concernant toujours les deux intervenants, l’Entreprise Guidon pour le terrassement et la Société Schwartz & Meurer pour la structure, ils ne furent signés que le 19 juin 1906.

Extrait du procès-verbal de réception définitive de la structure (doc AMB)

 

Il était prévu au contrat, que ce procès-verbal ne serait signé qu’un an après la fin des travaux.

 

Fin de la 4e partie

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder à la partie suivante ainsi qu’aux parties précédentes de cet article, tout comme autres articles consacrés au Marché couvert, via le Sommaire.

 

Épilogue

 

L’idée soumise en fin 1898 de se pourvoir d’un Marché moderne et opérationnel, aboutit à la construction de cette structure métallique entre 1904-1905, par la société parisienne Schwartz & Meurer. Elle qui fut un temps sur la sellette, elle est toujours opérationnelle en 2026.

 

Comme toujours la presse était partagée entre le plébiscite et les griefs ! Il est vrai que la presse à cette période était très souvent un organe des parties politiques... CQFD !

 

JM

 

Lien pour accéder à l’article cité

 

Le Marché couvert, le sommaire : Cliquer ici

 

Références : Dossiers des Archives municipales de Belfort (Archives municipales de Belfort, AMB), Dossiers des Archives départementales du Territoire de Belfort (Archives départementales du Territoire de de Belfort, AD90), les journaux La Frontière, L’Alsace, Le Haut-Rhin Républicain, Le Ralliement et Le Journal de Belfort (AMB & AD90)

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

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Commentaires
C
Bonjour Jean-Marie. J'ai apprécié cette étude d'un bel édifice de Belfort. J'ai apprécié les détails, les personnages et aussi le nombre de lions (48). Bravo. Continuez. Amicalement. Claude
Répondre
L
Bonjour Claude<br /> Merci du commentaire.<br /> Il reste encore 3 parties (écrites) à diffuser).<br /> Bonne journée.<br /> JM
LE CARTOPHILION
  • Le CartophiLion est un journal proposant des articles centrés sur la ville de Belfort et du département, ainsi que d'autres thématiques nationales et internationales (sports, fêtes & traditions...); agrémentés de visuels liés aux collections. A l'origine, il fut imaginé comme outil de communication des CCTB.
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