Canalblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE CARTOPHILION
Publicité
7 juin 2026

90e anniversaire du 6e Paris-Belfort cyclisme 1936 (1ère partie)

Depuis plusieurs années, je reporte la rédaction d’un article sur cette épreuve cycliste des années 1930, reliant Paris à Belfort ! Il est vrai qu’elle percute une autre épreuve de cyclisme, le Tour de France… il s’agit du Paris-Belfort cyclisme qui se déroulait entre Charenton et la Cité du Lion.

 

Me faisant violence, je m’y suis collé en traitant la 6e édition qui s’était déroulée le 7 juin 1936, il y a 90 ans.

Programme Paris-Belfort cycliste
(photo du programme, doc. AD90)

 

La première édition de cette compétition s’était déroulée en 1931 et la dernière en 1939.

 

Au regard des informations récoltées lors de mes recherches, j’ai préféré présenter cet article en plusieurs parties.

 

Première partie

 

Petit historique

 

Ayant l’intention de traiter cette première édition de 1931, je ne vais pas développer beaucoup ce chapitre.

 

Cette compétition serait à l’initiative de la nouvelle société du Vélo-Club Belfortain, créée en 1928, suite aux fusions de trois sociétés cyclistes belfortaines. Fondée une première fois en 1919, elle avait fusionné en 1923, avec le Cycle Belfortain pour devenir, l’Union Cycliste Belfortaine.

Carte de membre VCB, années 1940 (doc. JM)

 

Rapidement, l’idée fut émise de créer une épreuve importante entre Paris et Belfort. Trois personnes du club, Émile Géhant Père, Jules Litot et Arthur Petitjean, se rendirent à Charenton pour proposer le concept au président de La Pédale Charentonnaise, Gilbert Borredon et à son Comité. L’idée conquis l’auditoire, il ne restait plus qu’à obtenir l’aval de l’Union Vélocipédique de France, pour passer à la phase active du projet.

Médaille Pédale Charentonnaise (doc. privée)

 

Cette course était un critérium de grand fond, l’épreuve de la saison internationale ayant le plus grand nombre de kilomètres (420) à parcourir sur une journée.

 

La première édition qui se déroula le 14 juin 1931, fut remportée par Jean Bidot.

 

6e édition du Paris-Belfort

 

Après cinq éditions sans interruption, il fut coorganisé une 6e édition de cette course cycliste internationale, Paris-Belfort, le dimanche 7 juin 1936, par le Vélo-Club Belfortain, La Pédale Charentonnaise, avec le concours des journaux parisiens Miroir des Sports et Le Petit Parisien.

 

L’épreuve cycliste empruntait la route nationale Paris-Belfort, sur 420 kilomètres.

Le tracé Paris-Belfort cycliste 1936 (réal. BF)

 

La course était ouverte sur inscription, aux coureurs licenciés à l’U.V.F. (Union Vélocipédique de France) et à l’U.C.I. (Union Cycliste Internationale), des catégories professionnels, aspirants et indépendants sélectionnés. Un droit d’inscription de 10 francs était demandé pour couvrir les frais de transports des vêtements entre Charenton et Belfort. La clôture des inscriptions pour cette édition, fut le 31 mai 1936.

 

*U.V.F. : Fondé en 1881, est l’ancêtre de la Fédération Française de Cyclisme.

Insigne U.V.F. (coll. BZ)

 

Un total de 20 000 francs fut alloué pour récompenser les 20 meilleurs par un prix, dont le montant variait en fonction du classement

 

   -1er prix : 5 000 francs
   - 2e prix : 3 000 francs
   - 3e prix : 2 000 francs
   - 4e prix : 1 000 francs
   - 5e prix : 700 francs
   - …

 

Sans compter les primes distribuées le long du parcours.

L’arrivée fut prononcée sur le Champ de Mars de Belfort, après deux tours de pistes (800 mètres).

 

Le règlement

 

Quelques articles du règlement

 

   - les coureurs étaient sans assistance, donc ni entraîneur, ni suiveurs et ni soigneurs
   - les cadres des bicyclettes étaient plombées la veille du départ
   - les coureurs devaient apporter leur ravitaillement pour le départ et pour les postes prévus sur le parcours
   - les contrôles fixes de ravitaillement et signature étaient placés à Troyes, Langres et Lure
   - les contrôles volants étaient placés à Nogent-sur-Seine, Chaumont et Vesoul
   - des commissaires de courses étaient en charge de faire respecter le règlement et de sévir si nécessaire.

 

Les participants

 

Pour cette nouvelle édition, 87 coureurs s’étaient inscrits, dont des bonnes pointures représentant plusieurs grandes marques, tels Peugeot, Terrot, Génial Lucifer…

 

On retrouvait des triomphateurs des grandes compétitions classiques, Bordeaux-Paris, Paris-Tours, Paris-Rennes…et des baroudeurs du Tour de France.

Extrait programme, dessin Robert Hennin (doc. BF)

 

Quelques noms

 

   Jeff Demuyrère (2e Tour de France 1931, 2e Tour d’Italie 1931 et 1932…)
   Benoît Faure (roi de la montagne)
   Jules Moineau (2e Bordeaux-Paris 1935, 1er Paris-Tour 1932…)
   Raymond Louviot (Champion de France 1934, 1er Circuit du Midi 1933…)
   Jean Bidot (1er Paris-Vichy 1931 et 1932, 1er Paris-Belfort 1931…)
   Marcel Bidot (Champion de France 1929, 2e Paris-Tours 1930…)
   Manuel Garcia (espagnol, 1er Paris-Rennes 1936…)
   Lucien Weiss (1er Paris-Limoges 1934, 1er Grand Prix d’Issoire 1935…)
   Joseph Mauclair (1er Paris-Belfort 1933, 1er Paris-Strasbourg 1936…)
   Émile Decroix (belge, 1er Tour de Belgique, 1er Paris-Limoges…)
   Raymond Debruyckère (2e Grand Prix des Fourmies 1935…)
   Albert Barthélémy (1er Paris-Bruxelles 1933, 1er Paris-Lille 1932…)
   Léon Louyet (belge, 1er Paris-Vichy 1933, 1er Circuit du Midi 1932
   Jean Wauters (belge, 2e Paris-Roubaix 1934, 3e Tour de Belgique 1935…)

 

Mais aussi le local valdoyen du V.C.B., Roger Littot !

 

Animation au Champ de Mars

 

En attendant, l’arrivée des coureurs, une grande réunion cycliste fut organisée sur la piste du stade du Champ de Mars, avec plusieurs épreuves dont une individuelle débutants, un match omnium réservé aux sélectionnés du Paris-Nancy-Belfort, une américaine de 50 kilomètres avec 12 équipes… et le Championnat de vitesse des coureurs sociétaires du V.C.B.

Vue aérienne Belfort Champ de Mars (doc. BF)

 

Pour améliorer les conditions d’accueil du public, le Vélo-Club Belfortain avait installé des gradins en terre, pour compenser le mauvais état des tribunes, ne pouvant pas être utilisées.

 

Annulation de la course

 

Quelques jours avant la date, il fut décidé que la course serait annulée ! La raison était la situation nationale avec des grèves importantes dans tout le pays !

 

Mais suite aux nombreuses démarches des organisateurs belfortains et charentonnais, la sanction fut tout de même levée, et le 6e Paris-Belfort cyclisme put se dérouler comme prévu.

 

La course

 

La veille, se déroulèrent les opérations liées à l’épreuve, la confirmation des participants, le plombage des bicyclettes, la remise des dossards...

 

Le jour de la compétition, le dimanche 7 juin 1936, les opérations habituelles liées au départ d’une course cycliste, débutèrent dès 3 heures du matin, à la mairie de Charenton, sous la responsabilité du président de la Pédale Charentonnaise, Gilbert Borredon, épaulé par le vice-président de l’épreuve, Albert Prévot du Vélo-Club Belfortain.

Gilbert Borredon Président Pédale Charentonnaise
(photo du programme, doc. AD90)

 

Au départ à 4 heures du matin devant la mairie, plus que 44 coureurs prirent la route sous une pluie forte et glaçante, qui s’était malheureusement invitée ! Les concurrents partaient pour plus de 12 heures de vélo et tenter l’exploit de gagner à Belfort. Malgré cette météo pas folichonne, le public était venu nombreux pour voir et encourager les coureurs, comme ce fut le cas toute la journée au bord des routes et aux postes de ravitaillement.

Carte postale Charenton Mairie (coll. privée)

 

Maisons-Alfort (2e km) voit l’allure de la course s’accélérer un peu, et voit la pluie tomber plus faiblement. Au passage à Boissy-Saint-Léger (11e km), le jour commence à pointer, avec un peloton toujours complet. Il commença à s’étirer à Guignes-Rabutin (36e km), mais la pluie glaçante fit son retour. Maison-Rouge (66e km) fut atteint après deux heures de course, plusieurs coureurs se plaignaient du froid tétanisant les muscles.

Les coureurs sous la pluie glaçante
(photo L’Auto, doc. Gallica, BNF)

 

Il fallut attendre, le passage de Provins (77e km) vers 6 heures 45 pour voir le peloton éclaté, avec en tête (Émile) Bewing et Maurice Kraus (L) devant un groupe d’une douzaine d’unités suivi d’un autre groupe d’une vingtaine de coureurs échelonnés, toujours sous une pluie battante complétée du vent venant user leurs forces.

 

Au passage dans Nogent-sur-Seine (97e km) à 7h30, un groupe formé de 12 concurrents avec devant Émile Decroix, (Ottavio) Gabrielli, Jules Knepknes, Roger Kalmes… À 100 mètres, un deuxième groupe de 10 unités suivait le premier, dont sortis Léon Level, Lucien Weiss, Edmond Weiss, XXX Bocquet, François Adam (B) et Anselme Maurice, et peu après Roger Littot, pour revenir sur le groupe précédent.

Carte Belge François Adam (coll. privée)

 

À Saint-Hilaire, (107e km) un petit peloton s’est reformé en tête. Avec plus d’une heure de retard sur l’horaire, fut atteint Romilly-sur-Seine (114e km) où la pluie était moindre. Le peloton va se reformer peu à peu, avant d’atteindre Fontaines-les-Grés (133e km) et atteindre le poste de contrôle fixe et de ravitaillement de Troyes (162e km), peu après 9 heures, dans cette configuration. Comme toujours, le public troyen était en effervescence pour accueillir les coureurs du jour. Ce court arrêt redonna des forces et l’un d’entre-deux décida de partir seul, XXX Lopez, mais il fut rejoint peu après Lusigny (168e km).

Carte postale Troyes (coll. privée)

 

Le peloton réduit à 35 unités passa Vendoeuvre-sur-Barse (183e km) et atteignit la moitié du parcours de la journée, à Bar-sur-Aube (212e km), à 10h45. Déjà près de 7 heures de courses dans les jambes martyrisées par la pluie et le froid ! À midi, au contrôle volant de Chaumont (254e km), Roger Kalmes passa en-tête devant Roger Jeanblanc, XXX Pionnier et XXX Colaert (B), puis vint un groupe formé de 26 unités.

 

Avant de rejoindre Langres (289e km) et sa fameuse côte, 29 coureurs emmenés par Henri Garnier, Bruno Carrini, (Ottavio) Gabrielli et Roger Littot, se détachèrent pour aborder cette difficulté. Le contrôle fixe du ravitaillement, installé au centre-ville, vit arriver Joseph Mauclair à la tête d’une quinzaine de coureurs, peu après 13 heures.

Langres, le poste de ravitaillement
(photo Le Petit Parisien, doc. Gallica, BNF)

 

Mais plusieurs coureurs revinrent rejoindre ce groupe, un peu plus loin.

 

Fin de la première partie

 

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder à la deuxième partie de l’article.

 

Épilogue

 

Avec cette première partie de l’article, on a découvert un petit historique de la 6e édition Paris-Belfort cycliste, compétition créée en 1931, et la bonne moitié de la course, jusqu’à Langres.

 

JM

 

Lien pour accéder à l'article cité

 

Paris-Belfort cycliste 1936 (2e partie) : Article à venir

 

Références : Journaux L’Est Républicain, La Frontière et La France de L’Est (coll. Archives départementales du 90, AD90), Le programme de la 6e édition Paris-Belfort (coll. Archives départementales du 90, AD90), Le Petit Parisien et L’Auto (Gallica, BNF), Wikipédia

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

---o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o---

Publicité
Commentaires
LE CARTOPHILION
  • Le CartophiLion est un journal proposant des articles centrés sur la ville de Belfort et du département, ainsi que d'autres thématiques nationales et internationales (sports, fêtes & traditions...); agrémentés de visuels liés aux collections. A l'origine, il fut imaginé comme outil de communication des CCTB.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 1 003 184
Publicité
Publicité