Canalblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE CARTOPHILION
Publicité
26 juillet 2026

Il y a 100 ans, le Tour de France 1926 (2e partie) : La 1ère étape entre Evian et Mulhouse, avec le passage à Belfort

Dans la première partie de l’article, on a pris connaissance de la présentation de la 20e édition du Tour de France qui se déroula en 1926 et qui posséda deux départs, un départ fictif à Paris sous la forme d’un cortège des coureurs entre la porte Maillot et la gare de Lyon, à Montparnasse.

 

La deuxième partie de l’article est consacré à la première étape qui se déroula le lundi 20 juin, entre Évian-les-Bains et Mulhouse, où les coureurs empruntèrent les routes du Territoire de Belfort, s’arrêtant à Belfort pour signer la feuille d’émargement de leur passage à la table de contrôle fixe.

Extrait du journal L'Auto (doc. Gallica, BNF)

 

Cet article étant très dense, je le propose en plusieurs parties, en voici la deuxième partie.

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder au Sommaire des articles consacrés au Tour de France.

 

Deuxième étape de l'article

 

Pour mémoire

 

Henri Desgrange, le créateur du Tour de France en 1903, innova en 1926, comme lors des années précédentes !

Livre sur Henri Desgrange (coll. privée)

Dans la première partie de l’article, on a découvert que les coureurs participèrent à un défilé imposé par l’organisateur du Tour, dans les rues de Paris, le 18 juin matin, depuis la Porte Maillot pour se rendre à la gare de Lyon où ils devaient prendre un train pour rejoindre Évian, ville de départ de cette 20e édition, un peu particulière par son lieu de départ officiel.

 

Évian-les-Bains, départ le 20 juin

 

Donc pour la première fois en 1926, Paris ne fut pas la ville de départ d’une édition du Tour de France, Evian fut choisie pour avoir cet honneur.

 

Préambule

 

Pourquoi ce départ en cette ville d’eau d’Evian ?

Carte postale Souvenir d’Évian (coll. privée)

 

J’ai cherché à en connaître la raison. Ce qui est écrit me semble incohérent avec la réalité du terrain ! Ce déport serait de la volonté de Henri Desgrange, qui aurait voulu pimenter la course avec le passage par les montagnes du Jura et des Vosges… le seul col fut celui de La Faucille, et quelques côtes, qui est trop éloigné de l’arrivée (à 250 km) pour inciter des attaques vu la distance à parcourir et les retours d’expérience des éditions précédentes. De plus, cette configuration augmente le nombre d’étapes avant les Pyrénées et les Alpes (le Tour se déroulant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre).

Carte du Tour de France 1926
(extrait journal Le Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)

 

Si c’était la raison, il aurait été plus efficace d’inverser le sens ! D’ailleurs, cette solution fut appliquée en 1933, avec toujours un départ de Paris.

 

Il faudra attendre 1956, pour que le Tour de France ne parte pas de Paris, mais de Metz.

 

L’étape

 

Par la même, Belfort fut sur la première étape d’un Tour de France, mais ville de passage seulement, car sur le parcours entre Évian et Mulhouse, le 20 juin 1926, avec 373 kilomètres au programme dont le col de la Faucille (1 322 m) à franchir.

Extrait du journal L'Auto (doc. Gallica, BNF)

 

Les postes de contrôle furent Gex*, Morez, Pontarlier*, Montbéliard* et Belfort.

 

*Ils furent aussi les lieux de ravitaillement.

 

Il est fort probable que le favori de l’étape fut le luxembourgeois Nicolas Frantz, qui avait gagné à Mulhouse en 1924 (départ de Genève) et 1925 (départ d’Évian).

 

Les opérations de contrôle de signature des coureurs avant le départ, débutèrent à minuit la veille. La table de contrôle fut installée dans le Casino de la ville, sous la responsabilité du docteur Eyraud-Joly, correspondant du journal L’Auto, assisté de membres du Comité d’organisation créé pour ce départ. Ne furent qualifiés plus que 126 coureurs, 44 As et 82 Touristes-routiers.

Carte postale Évian Casino (coll. privée)

 

Plusieurs personnalités de la ville furent présentes au départ, dont le maire Gustave Goy, le directeur général de la Société des Eaux d’Évian-Cachat, Josué Barillot… et bien entendu un grand nombre de spectateurs venus voir et applaudir les "Forçats de la route" !

 

Le départ fut donné à 2 heures du matin, près du Casino, sur le quai de Blonay. Les coureurs quittèrent Evian sur un rythme de sénateurs, sauf quand survint une crevaison subit par l’italien Ottavio Bottecchia. Elle provoqua l’accélération des coureurs car pouvant pénaliser le vainqueur des deux années précédentes. Mais le transalpins rattrapa le peloton avant le Col de la Faucille (126e km).

Carte postale Col de la Faucille (coll. privée)

 

Comme souvent, la montée du col de 7 kilomètres fut abordée sans forcer par les As, mais de nombreux Touristes-routiers décrochèrent tout de même… Mais l’italien appuya sur les pédales pour prendre la poudre d’escampette et passer seul le col,Mais aussi avec plus de 30 secondes sur le belge Léon Devos.

Carte postale Ottavio Bottecchia (coll. privée)

 

Mais aussi, près de la minute sur un trio constitué de son compatriote Bartolomeo Aimo, des belges Joseph Pé et Léon Parmentier, et près de deux minutes sur une dizaine de coureurs. Quelle mouche l’avait piqué ? Vexé de la volonté des autres coureurs de le lâcher…

Un peloton dans le col de la Faucille
(photo journal Le Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)

 

Les cinq premiers coureurs, plus Jules Buysse (passé à 2’20 de retard au col) vont se regrouper dans la descente et rejoindrons Morez (152e km) ensemble, devant un gros groupe où on trouve Nicolas Frantz, pointé à 4 minutes quarante.

Carte postale Souvenirs de Morez (coll. privée)

 

Mais peu à peu, l’un derrière l’autre, des coureurs de l’échappée lâchèrent prise, suite au rythme imposé par Joseph Pé qui se retrouva seul en tête. Mais Jules Buysse se requinqua peu à peu et revint sur le fuyard avant d’atteindre Pontarlier (213e km). Il profita même d’une crevaison de son concurrent, pour partir seul en creusant son avance.

Jules Buysse dans la côte de Mathay
(photo journal Le Miroirs de Sports, doc. Gallica, BNF)

 

Il poursuivit son effort pour éviter le retour de son compatriote mais roulant pour une autre marque, Jouvet-Hutchinson, quand lui appartenait à la marque Automoto-Hutchinson. Il posséda plus de 6 minutes, tel un prince, au passage à Montbéliard (315e km).

Carte postale Montbéliard Le Château (coll. privée)

 

Il fila sur Belfort et Mulhouse avec une belle marge sur ses adversaires du jour… Ses quelques kilomètres sur les routes du Territoire de Belfort, depuis Chatenois-les-Forges, en passant par Trétudans et Danjoutin pour rejoindre le poste de contrôle dans la Cité du Lion, lui permirent de conforter son avance.

Carte Parcours dans le Territoire de Belfort (réal. BF)

 

Où les coureurs étaient attendus.

 

Passage à Belfort

 

Le poste de contrôle à Belfort (332e km) fut installé au Café des Halles comme pour les années précédentes. La responsabilité des opérations à effectuer, fut confiée à Charles Chaussin, le correspondant de L’Auto. Il fut assisté de l’UCB (Union Cycliste Belfortaine) dont son président Albert Scheiter et des membres, XXX Prévot, Albert Van Boren, (Xavier) Voltz, XXX Baumgarten ainsi que des membres de la Pédale Belfortaine avec son président XXX Piat. Le service d’ordre fut assuré sous le commandement de Albert Gobillot.

Carte photo Belfort Café des Halles (coll. JM)

 

Un professeur du Lycée, Robert Morel, se dévoua comme chronométreur.

 

La foule était présente sur les trottoirs du parcours emprunté par les coureurs, elle s’était amassée sur le quai Vauban où ils devaient freiner et s’arrêter pour émarger la feuille de pointage du passage.

 

À 14h50, quand Jules Buysse se présenta seul devant, il fut acclamé par les centaines, voire milliers de spectateurs, suivant la presse locale.

Carte postale Jules Buysse (coll. privée)

 

Il fallut attendre 9 minutes pour que le belge Joseph Pé vienne signer la feuille et, 4 minutes plus tard, un petit groupe de poursuivants de belges avec Léon Parmentier, Albert Dejonghe, Raymond Decorte, Jan Debusschère et Adelin Benoît, des français Georges Cuvelier et Benoît Faure, puis à plus de 15 minutes, l’italien Secondo Martinetto, à 20 minutes l’italien Ottavio Bottecchia et Jules Buysse, à 35 minutes le belge Félix Sellier, à 44 minutes le français Marcel Bidot, le luxembourgeois Nicolas Frantz (L), l’italien Giovanni Rossignoli (1er Touriste-routier), le belge Théophile Beeckman, à 48 minutes, les français Romain Bellenger et Arsène Alancourt…

Les coureurs quittant Belfort, faubourg de Brisach
(photo journal Le Miroir des Sports, doc. Gallica, BNF)

 

Les coureurs poursuivirent sur les routes du département, par Denney, Roppe et Lachapelle-sous-Rougemont (348e km), puis entrèrent en Alsace en direction de Mulhouse, ville d’arrivée de la 1ère étape du Tour 1926.

 

Mulhouse, ville d’arrivée

 

Les coureurs entrèrent en Alsace par Soppe-le Bas (338e km), puis Burnhaupt pour fondre sur la ville d’arrivée.

 

La ligne d’arrivée à Mulhouse (373e km) fut tracée dans la rue Zu Rhein bénéficiant d’une ligne droite de 300 mètres, non pavée. Les opérations de contrôle furent confiées au correspondant de L’Auto, Gaston Moesch, qui fut assisté par le chef-consul de l’UVF de membres des sociétés cyclistes.

Carte postale Souvenir de Mulhouse (coll. privée)

 

Peu après 16 heures, arriva seul le belge Jules Buysse sous les acclamations du public venu en nombre pour cette nouvelle arrivée en ce lieu et, passa sous la banderole avec le gain de la première étape, dans son escarcelle, lui qui n’était pas attendu pour ce succès.

Mulhouse Jules Buysse à l’arrivée
(photo journal Le Miroir de Sport, doc. Gallica, BNF)

 

 

Il devança un petit groupe de 9 coureurs qui franchit la ligne d’arrivée avec 13 minutes de débours, donnant le classement de l’étape, suite au sprint lancé pour les places donnant accès au podium

 

    1er : Jules Bruysse (B)
    2e : Camille Van de Casteele (B)
    3e : Léon Parmentier (B)
    4e : Jan Debusschère (B)
    5e : Georges Cuvelier (F)

 

Puis, Adelin Benoit (B), André Casterman (B), Odile Taillieu, Benoît Faure (F) et Gustaaf Van Slembrouck. Le frère de Jules Bruysse, Lucien se classa 15e et l’italien Giovanni Rossignoli fut le premier Touriste-routier à Mulhouse, à la 23e place. Par contre 14 autres furent éliminés.

 

Après l’arrivée, les coureurs n’en eurent pas fini car ils durent se rendre place de la République.

Carte postale Mulhouse Place de la République (coll. privée)

 

Les émargements sur la feuille de contrôle devant être effectués au Café Moll, situé en ce lieu.

 

Les perdants du jour

 

Le double vainqueur en titre, l’Italien Ottavio Bottecchia termina à la 16e place, à 34 minutes. Le luxembourgeois Nicolas Frantz n’avait pu faire la passe de 3 victoires de suite à Mulhouse, il termina à la 20e place, avec 50 minutes de retard.

 

Classement général

 

Il fut une copie parfaite du classement de l’étape.

 

Le vainqueur du jour, le belge Jules Bruysse revêtit le Maillot jaune.

Photo Jules Buysse 1er à Mulhouse (coll. privée)

 

Constat

 

Au regard du déroulement de cette première étape, qui fut un coup dans la fourmilière des coureurs voulant jouer la victoire finale, Henri Desgrange fut-il un visionnaire en choisissant Evian comme ville de départ ? J’ai toujours un doute, à défaut de trouver une information documentée.

 

Fin de la deuxième étape de l'article

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder à la troisième partie de l'article.

 

Épilogue

 

Pour la 20e édition du Tour de France, cette première étape un peu particulière car partant d’Evian au lieu de Paris, le coureur belge Jules Buysse fut la surprise de jour, en la remportant et en revêtant le Maillant jaune. Il le conserva le lendemain, mais le perdit dès la 3e étape.

 

Mais il est écrit que ce Maillot jaune ne serait peut-être pas totalement abandonné par un Buysse !

 

JM

 

Liens pour accéder aux articles cités

 

Tour de France 1926, 3e partie : Article à venir

 

Sommaire des Tours de France : Cliquer ici

 

Références presse : Journal L'Auto (Gallica, BNF), Journaux L’Alsace et La Frontière (Coll. Archives départementales du Territoire de Belfort),

 

Référence Web : Wikipédia, Site La Grande Boucle, Divers autres Sites…

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo ou un document, vous pouvez l’agrandir.

 

---o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o-----o---

Publicité
Commentaires
LE CARTOPHILION
  • Le CartophiLion est un journal proposant des articles centrés sur la ville de Belfort et du département, ainsi que d'autres thématiques nationales et internationales (sports, fêtes & traditions...); agrémentés de visuels liés aux collections. A l'origine, il fut imaginé comme outil de communication des CCTB.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 1 004 455
Publicité
Publicité