Tour de France 2014 en Haute-Saône
Comme en 2012, la Haute-Saône a accueilli le Tour de France ce 14 juillet sur ses terres. Partons à la découverte de l’itinéraire utilisé par les coureurs pour cette 10ème étape (départ de Mulhouse)…
Pour cette 101ème édition, le Tour de France 2014 est revenu affronter le petit Alpe-d’Huez des Vosges, La Planche des Belles Filles. Mais avant d’arriver à ce final, les coureurs avaient 35,5 kilomètres à effectuer dans le département de la Haute-Saône.
Venant des Vosges, ils sont entrés par le Col des Croix sur la commune du Haut-du-Them et ils ont traversé Château-Lambert, Servance, Miellin, Belfahy, Fresse (col de la Chevestraye), Plancher-Bas (Le Mont) et Plancher-les-Mines.
Carte du Tour, le parcours en Haute-Saône
Ce parcours très vallonné depuis le passage du col des Croix, comprenait une nouvelle difficulté pour le Tour de France, le col des Chevrères (914 m) sur la commune de Belfahy.
Même si le départ de Mulhouse s’était effectué sous le soleil, les coureurs tout le long du parcours dans les Vosges subiront les averses et devront se préserver des risques sur les routes glissantes.
Col des Croix (123 km)
Ce fut une échappée constituée de 9 coureurs qui pénétra dans le département de la Haute-Saône par le Col des Croix, après avoir traversé le village du Thillot, un peu avant 17 heures (16h56’).
Cartes postales du Col des Croix à 3 périodes différentes (1910, 1950 et 1990) de l’hôtel-restaurant Le Perce Neige de la Famille Leduc
Les 9 coureurs étaient : Tony Martin (75, Omega Pharma), Thomas Voeckler (159, Europcar), Michal Kwiatkowski (74, Omega Pharma), Joaquim Rodriguez (21, Katusch), Rein Taaramae (179, Cofidis), Christophe Riblon (89, AG2R), Giovanni Visconti (19, Movistar), Marcel Wyss (199, IAM) et Amaël Moinard (144, BMC).
Ce col sépare les deux départements et permet de rejoindre le Haut-du-Them et le Ballon de Servance.
Ce fut l’espagnol Joaquim Rodriguez qui prit les 2 points mis en jeu pour le maillot à pois au sommet du col devant Thomas Voeckler (1 point) et l’allemand Tony Martin le porteur de cette tunique.
Enfin la Haute-Saône, Rodriguez devant Voeckler (Photo France 2)
Le peloton réduit emmené par l’équipe Astana qui passa le col avec un retard réduit à 2’45 derrière les échappées.
Le peloton franchit le col des Croix (Photo France 2)
Le maillot jaune Tony Galopin était présent dans ce groupe d’environ une soixantaine de coureurs. Après un passage difficile, il était revenu dans le peloton.
Le maillot jaune est bien présent dans le peloton
Le Haut-du-Them-Château-Lambert (130 km, 679 m)
Avec leur marge qui a fondu, les échappés attaquèrent la descente via la route du Col des Croix à destination de Servance en passant par le village Le Haut-du-Them-Château-Lambert. La commune fut créée en 1976 en regroupant l’ancien village de Château-Lambert présent dès le 12ème siècle et le village du Haut-du-Them, beaucoup plus récent (19ème siècle).
Cartes postales de Château-Lambert
Cartes postales du Haut-du-Them
Cette commune possède au moins deux particularités géographiques,
le point culminant de la Haute-Saône, le Ballon de Servance à 1215 mètres,
Carte postale de la Vierge des Neiges au Ballon de Servance
et la rivière l’Ognon qui prend sa source sur les pentes de Château-Lambert.
Carte postale de l’Ognon passant au Haut-du-Them
A noter qu’au début du siècle dernier, le village du Haut-du-Them était desservi par la ligne des CFV (Chemins de Fer Vicinaux) venant de Lure. La ligne fut ouverte le 5 août 1903 et il fut même creusé un tunnel entre 1909 et 1912 pour rejoindre Le Thillot à travers la montagne (longueur 1100 mètres) permettant ainsi de relier la Haute-Saône aux Vosges. Cette liaison permit un fort développement du village. Le service s’arrêta en 1937, le tunnel fut encore utilisé par les piétons et les cyclistes jusqu’en 1960. Muré, il devint un captage d’eau important pour la vallée grâce aux sources s’y déversant.
Carte postale du tacot au Haut-du-Them.
Les coureurs laisseront à gauche Château-Lambert sans y passer et ni s’arrêter au Musée départemental de la Montagne créé en 1977 !
Pourtant le musée accueillait en l’honneur du passage du Tour de France, une très belle exposition dédiée à la petite reine…
Le programme du jour ne permettait pas ce type d’incartade, les coureurs étaient attendus pour se mesurer sur deux difficultés.
Le Haut-du-Them fut traversé très rapidement en direction de Servance par la route des Vosges en profitant de la descente pour recharger un peu les accus.
NA : Les accus (accumulateurs) sont interdits sur le Tour de France.
Servance (131,5 km, 414 m)
A Servance débute le plateau des Mille Etangs qui couvre une zone géographique de plus de 220 km2, cette commune étant à l’est de cette zone riche d’un écosystème formé de forêts, de prairies, d’étangs, de tourbières flottantes… et d’une faune avec une grande variété d’oiseaux.
Carte postale multi-vues de Servance
A Servance, les spectateurs installés le long de l’avenue Charles de Gaulle et de la route de Lure, virent passer les coureurs de l’échappée à vive allure emmenés par l’allemand Tony Martin.
Photo des coureurs dans Servance (Photo France 2)
Carte postale de l’avenue Charles de Gaulle
La commune qui ne s’est développé qu’à partir du 16ème siècle peut s’enorgueillir de posséder une mairie-école classé monument historique.
Carte postale de la mairie et de la gare
Le peloton dans le village (Photos France 2)
La commune possède aussi une chute artificielle de 13 mètres de haut, le Saut de l’Ognon. Il s’agit d’un barrage maçonné qui était destiné à fournir l’eau-motrice à l’entreprise de taillage de pierre de Miellin.
Carte postale du Saut de l’Ognon
Avant de sortir du village, les coureurs prirent la départementale D133 pour rejoindre Miellin.
Les échappés quittent Servance (Photo France 2)
Miellin (139,5 km, 580 m)
Avant d’attaquer le col des Chevrères, les coureurs devaient traverser ce petit village haut-saônois (moins de 60 habitants) collé à la montagne.
Carte postale du village vers 1920
Ce village comme celui de Servance font partis du Parc naturel régional des Ballons des Vosges. La commune toute en longueur se composent de plusieurs hameaux sur cette route reliant Servance à Belfahy. Quelques maisons sont regroupées autour de l’église de style néo-gothique (1854) avec son clocher comtois.
Carte postale du village vers 1950
Les échappés avant d'aborder le col des Chevrières devaient gravir au préalable les pentes de Miellin assez "case-pattes".
Dans la montée de Miellin, Tony Martin emmène les échappés (Photo France 2)
Le peloton suit avec le suisse Cancellara aux avant-postes (Photo France 2)
La commune possédait jusqu’en 1837 une verrerie créée en 1695. Les trois lustres encore présents dans son église proviennent de celle-ci.
Mais Miellin avait construit aussi sa réputation au 19ème siècle par sa carrière artisanale où était extrait du granit. Il était travaillé dont le polissage dans La Graniterie, fondée en 1835 par Jean-François Varelle. Elle était située au lieu-dit Le Pont de Miellin au bord de l’Ognon pour utiliser sa force motrice ainsi que celle de la Doue de l’Eau, autre ruisseau du village.
Il fut utilisé pour de nombreux monuments dont les vingt colonnes de l’Opéra Garnier à Paris et quatre des colonnes de Notre-Dame de la Garde à Marseille, mais aussi pour le piédestal du tombeau de Napoléon ! La carrière ferma au début de la seconde guerre mondiale. Elle accueillit plusieurs types d’activité jusque dans les années 60.
Carte postale de l’Opéra Garnier à Paris
Carte postale du tombeau de Napoléon aux Invalides
Sur les dessus de Miellin, près de la Chapelle de Saint-Blaise datant de 1822, une source aurait des propriétés contre les maux de gorges ! Un dicton reprend cette particularité ‘’Eau de Saint-Blaise, tout mal apaise’’.
Pour ceux qui veulent en savoir plus : Cliquer ici.
Chapelle Saint-Blaise (Photo Alain Jacquot-Boileau)
La petite source de Saint-Blaise
La grande majorité des coureurs vont traverser la commune sans connaître ces particularités, ils ont plutôt analysé le relief de la route !
C’est toujours Toni Martin qui mène le train (Photo France 2)
Toni Galopin le maillot jaune dans le peloton (Photo France 2)
Col des Chevrères (143,5 km, 916 m)
L’avant dernière difficulté qui attendait les coureurs se situait à 22 kilomètres de l’arrivée et était une première pour le Tour de France. Après la montée de Miellin, ils devaient affronter le Col des Chevrères.
Classé en 1ère catégorie, la montée s’effectue principalement dans une route forestière sur 3,5 kilomètres avec des pourcentages avoisinant les 15% avec une moyenne à 9,5%.
Certains l’appellent le Petit Galibier…
NA : Si les pourcentages de pente lui sont supérieurs, la distance à parcourir est tout autre entre 3 et 4 fois suivant les versants empruntés et surtout l’altitude à 2462 mètres qui pénalise l’effort et la récupération par la diminution de la pression atmosphérique.
Dans le milieu de la montée, Toni Martin explosa et resta comme scotché à la route; laissant partir son co-équipier Michal Kwiatkowski le maillot blanc qui pris la tête de la course, seuls J. Rodriguez, T. Voeckler, G. Visconti et A. Moinard purent prendre la roue du polonais. Christophe Riblon essaya de s’accrocher mais le rythme et la pente furent imparables pour lui…
Le passage de témoin entre les 2 coureurs d’Omega Pharma (Photo France 2)
Le polonais imposa presque de suite un rythme que seul l’espagnol Rodriguez pu suivre, les autres coureurs décrochant l’un après l’autre, dans un premier temps Voeckler puis Moinard et même Visconti !
L’attaque du polonais fait mal (Photo France 2)
Joachim Rodriguez va prendre le relais de Michal Kwiatkowski ce qui va décrocher définitivement les trois autres coureurs.
Le passage du témoin pour le maillot à pois se profile (Photo France 2)
Puis l’espagnol lâcha au train le maillot blanc pour partir seul à la conquête de ce nouveau col tant redouté par la majorité des coureurs; le passage au col pouvant lui permettre de ravir le maillot de la montagne.
Joachim Rodriguez part seul (Photo France 2)
Dans le peloton le maillot jaune Toni Galopin avait du mal de suivre le train mené par les co-équipiers de Nibali, et reculait progressivement jusqu’à décrocher comme beaucoup d’autres coureurs souffrant dans cette montée éprouvante du col des Chevrières !
L’express bleu Astana met à mal le maillot Jaune (Photos France 2)
L’italien Giovanni Visconti va revenir et dépasser le polonais avant le col et même le français lui aussi va faire l’effort de recoller à sa roue.
Devant, le coureur espagnol de la Katusha passa en tête sous les acclamations de la foule amassée (et transie) au sommet du col.
Le col des Chevrères affiche fièrement son altitude à 914 m (Photo JM)
Il inscrivait ainsi son nom, le premier sur la tablette de ce nouveau col du Tour de France. Au passage, il empocha les 10 points de la difficulté et prenait au passage la tête virtuelle du maillot de la montagne.
Joachim Rodriguez en vue du sommet du col des Chevrères (Photo France 2)
Il fut suivi de l’italien Giovanni Visconti, du polonais Michal Kwiatkowski, des français Amaël Moinard, Christophe Riblon et Thomas Voeckler.
Le peloton bien amaigri passa avec 2’45 de retard, emmené par les Astana dont Scarponi devant Nibali
Belfahy (144 km)
Commune la plus haute de la Haute-Saône, Belfahy pointe à 840 mètres (point le plus haut, le Ballon de Belfahy à 1052 m). Elle est aussi la commune la plus haute du Massif des Vosges !
Carte postale du village au début des années 1900
Le village qui comptait plus de 500 habitants au début du 20ème siècle, a perdu au fil des décennies la majorité d’entre eux pour tomber à moins de 100.
Carte postale du village à la fin des années 1900
En hiver quand la neige est présente, il accueille les skieurs de fond sur ses pistes; le ski de descente pouvait encore se pratiquer dans les années 90…
Carte postale
Si la route était mouillée dans la montée du col, les coureurs eurent la chance d’effectuer la descente dans Belfahy sur une route sèche malgré la pluie tombée le matin.
Joachim Rodriguez dans Belfahy (Photo France 2)
Cela n’empêcha pas la chute, sans gravité, dans un virage du co-équipier de Nibali, Michele Scarponi.
NA : Les coureurs passèrent devant l'Auberge de la Chevauchée sans prendre le temps de déguster une excellente part de tarte de myrtilles, certainement une des meilleur de la région...
Grand vélo jaune devant l'Auberge de le Chevauchée (Photo JM)
Dans la descente pour rejoindre le col de la Chevestraye, un petit regroupement s’était effectué, l’espagnol Rodriguez fut rejoint par l’italien Visconti, le polonais Kwiatkowski et le français Moinard.
Sous l’influence des Astana, l’avance du petit groupe était tombée à 1’37 ce qui ne donnait pas une grande marge à celui qui avait en tête de triompher à la Planche des Belles-filles.
Le peloton dans la descente de Belfahy
Les coureurs ayant encore à effectuer l’étape Evry-Paris, ils ne pourront pas venir le dimanche 27 juillet à une manifestation traditionnelle depuis la fin des années 90, la Fête de la Myrtille Sauvage.
Affichette de la manifestation
Col de la Chevestraye, Fresse (149,5 km)
Le Col de la Chevestraye sépare la vallée de Fresse de la vallée de Plancher-Bas / Plancher-les-Mines, et permet d’accéder à Belfahy.
Carte postale du col, à droite descente sur Plancher-Bas à gauche sur Fresse et en face route venant de Belfahy
En arrivant au col, le Tour de France 2014 retrouve la fin de l’étape commune au Tour 2012, les coureurs partis de Tomblaine (banlieue de Nancy) venaient de Fresse.
Les échappés au passage du col de la Chevestraye (Photo France 2)
Cette difficulté dans l’édition 2012 n’en est pas une pour celle-ci… les coureurs venant de Belfahy poursuivant la descente entreprise depuis le col des Chevrères.
Le Mont de Plancher-Bas (152 km)
Les coureurs firent un court passage sur la commune de Plancher-Bas, plus précisément sur le hameau du Mont de Plancher-Bas. Après la descente de la Chevestraye, ils abordèrent la rue Louis Pasteur pour rejoindre le dernier village de l’étape.
Carte postale du Mont de Plancher-Bas
Dans la fin de la descente du col, le polonais et l’espagnol ont pris un peu d’avance sur le reste du petit groupe et effectuèrent les quelques centaines de mètre dans cette commune avant d’entrer dans Plancher-les-Mines.
Plancher-les-Mines (152,5 km, 489 m)
Plancher-les-Mines situé dans la vallée du Rahin, est encastré entre deux vallons. A l’origine, le village s’appelait Plancher-Haut, distinction avec le village de Plancher-Bas. Il prit son nom définitif au 17ème siècle.
Carte postale
Dès le 15ème siècle, le village possédait une activité économique importante liée à l’exploitation de ses mines. Elles étaient riches en minerais d’argent, de fer, de plomb… Au 18ème siècle, l’activité industrielle a pris le relais avec plusieurs fabriques dont de l’horlogerie…
Cartes postales sur 2 usines présentes au début du 19ème siècle
A partir des années 1960-1970, le déclin va se faire progressivement sentir. Là où les entreprises de la commune faisaient vivre des familles des villages avoisinants, peu à peu les habitants de PLM durent chercher du travail sur le territoire de Belfort et le Pays de Montbéliard.
Cartes postales de 2 autres usines
Au centre du village, les trottoirs des Mainous étaient noirs de monde pour accueillir les coureurs et donnaient un aperçu de ce qui les attendait sur la montée de Planche des Belles Filles. Seules les majorettes étaient absentes…
Carte postale des majorettes de la Vallée du Rahin
Devant la mairie, le périscolaire avait souhaité la bienvenue au Tour (Photo JM)
Le duo reconstitué au bas du col traversa la commune via la rue de France puis la rue des Vosges avant d’arriver au quartier de Saint-Antoine.
Les 2 coureurs en tête de la course dans la rue des Vosges (Photo France 2)
Silhouettes bordant la montée du village
Le peloton emmené par le danois Jakcob Fulgsang (Photo France 2)
Retour de l’italien Michele Scaponni après sa chute (Photo France 2)
Thomas Voeckler rattrapé à la hauteur de l’église (Photo France 2)
Le Maillot jaune entre dans Plancher les Mines (Photo France 2)
Silhouettes sur la fin du village (Photos JM Montage BF)
Saint-Antoine
A la sortie du village de Plancher-les-Mines, les dernières maisons font partie du quartier de Saint-Antoine.
Carte postale du Quartier de Saint-Antoine
puis on entre dans la forêt de Saint-Antoine où les coureurs vont y effectuer un assez bref passage car la bifurcation en direction de la Planche des Belles Filles vient très vite.
Carte postale de la forêt de Saint-Antoine
Dans cette partie de l’étape, c’étaient toujours l’espagnol Rodrigues et le polonais Kwiatkowski qui étaient en tête et se préparaient à attaquer la dernière difficulté du jour, mais quelle difficulté !
Le duo entre dans Saint-Antoine (Photo France 2)
Le peloton emmené par les Ascana (Photo France 2)
La Planche des Belles Filles (161,5 km, 1028 m)
Silhouettes bordant la montée vers la Planche des Belles Filles
Retour sur le Tour 2012
L’Alpe-d’Huez des Vosges attendait avec impatience l’arrivée des coureurs du 2ème Tour de France qui avait vu en 2012 la victoire du britannique Christopher Froom devant l’australien Cadel Evans et le belge Bradley Wiggins.
Le 1er vainqueur à la Planche des Belles filles
Le 1er français arrivant à la 7ème place, fut Pierre Rolland. Le haut-saônois Thibaut Pinot pris la 15ème place mais le lendemain il gagna l’étape Belfort-Porrentruy.
Pour mémoire : Cliquer ici.
Christopher Froom gagnera le tour 2013 et abandonna dans la 5ème étape du tour 2014 après trois chutes.
La Planche des Belles Filles reçoit le Tour 2014
A l’inverse de l’édition de 2012 qui s’était déroulé sous un excellent soleil, cette 2ème édition fut accompagnée de nombreuses averses. La pluie s’est arrêtée pour accueillir les coureurs mais la route par endroit était encore bien mouillée. En ce 14 juillet, la foule avait pris place dès le matin pour acclamer ces champions de la petite reine et est restée stoïque face aux intempéries subies (pluies et froid)..
Classé en 1ère catégorie, la Planche des Belles Filles propose aux coureurs une montée sur 5,9 kilomètres avec des pourcentages variant entre 11 et 13 % et un final à 20%, la moyenne étant de 8,5% !
Dans la montée avant les 5 kilomètres, une nouvelle fois l’espagnol Rodriguez va déposer Michal Kwiatkowski pour essayer de gagner l’étape. Il a 1’30 d’avance sur le petit peloton sans le maillot jaune.
Joachim Rodriguez confiant dans la montée finale ?
Mais il n’était pas le seul à viser cette victoire car l’équipe Astana avait aussi cette même volonté, emmener leur leader Vincenzo Nibali pour lui faire gagner l’étape et reconquérir le maillot jaune pris hier par Toni Galopin à Mulhouse!
Les équipiers de l’italien en tête d’un peloton réduit à une quinzaine de coureurs dont l’espagnol Alejandro Valverde, l’australien Richie Porte, l’américain Tejay van Garderenmais aussi les français Romain Bardet, Thibaut Pinot, Jean-Christophe Péraud… continuèrent à durcir la course pour provoquer l’élimination par l’arrière !
Vincenzo Nibali a pris le commandement du peloton
A 3 kilomètres de l’arrivée, Vincenzo Nibali décida de partir seul et planta une attaque pour quitter le peloton. Les français Pinot et Bardet ainsi que l’australien Porte revinrent une première fois mais à nouveau l’italien imposa une nouvelle accélération qui lui permit de se détacher de ses coureurs.
Le Requin de Messine a déposé ses accompagnateurs des derniers kilomètres (Photo France 2)
Avant la flamme du dernier kilomètre, l’italien rejoignit Joachim Rodriguez.
Dans un premier temps, avec du métier, l’espagnol put prendre la roue de l’italien mais suite à une nouvelle accélération à 700 mètres de l’arrivée, il est obligé de le laisser partir pour la victoire presque assurée au sommet de la Planche des Belles Filles…
Nibali est parti pour sa victoire
Vincenzo Nibali ayant déposé tous ses adversaires attaqua la dernière montée, un mur de 200 m avec son pourcentage de 20%, avec puissance pour gagner l’étape et reprendre le maillot jaune.
Avant la ligne d'arrivée, une petite pensée pour sa fille Emma né en février
Thibaut Pinot attaqua ses adversaires juste à l’entrée de cette dernière partie qu’il connaissait bien pour prendre une excellente 2ème place à 15’’ du vainqueur du jour.
Quelle belle récompense rendue par Thibaut à la la Haute-Saône !
La 3ème place fut conquise par l’espagnol Alejandro Valverde à 20’’ devant Jean-Christophe Péraud (4ème) et Romain Bardet (5ème) qui prendra le maillot blanc.
JC Péraud ne peut ravir la 3ème place à Valverde (Photo France 2)
Bilan de cette 10ème étape
Pour ce 14 juillet, les coureurs français ont contribué à célébrer la fête nationale en plaçant 3 coureurs dans les cinq premières places de l’étape dont la deuxième avec Thibaut Pinot le départemental de l’étape !
Nos 3 français : JC Péraud (4e), T. Pinot (2e) et R. Bardet (5e)
Le maillot jaune Toni Galopin arriva avec 4’44 de retard sur le vainqueur du jour, il fut même aider par Thomas Voeckler dans la dernière montée.
Toni Galopin n’aura conservé qu’un seul jour son maillot jaune (Photo France 2)
Les 2 derniers coureurs de l’échappée du jour finirent à 9ème place pour Joachim Rodriguez à 52’’ et à 2’13 pour Michal Kwiatkowski (24ème). Si l’espagnol fut récompensé par une belle consolation, il a gagné le maillot à pois de la montagne, précédemment détenu par l’allemand Toni Martin. Ce maillot était convoité aussi par le polonais d’où le travail effectué toute la journée par son co-équipier allemand Toni Martin… et en plus Michal Kwiatkowski perdit le maillot blanc; dur journée pour l’équipe Omega Pharma !
Joachim Rodriguez, maillot de la montagne
Après cette étape, trois maillots sur quatre ont changé d’épaules; seul Peter Sagan a conservé son maillot vert qu’il a d’ailleurs conforté lors de la première partie de l’étape en prenant les 20 points alloués, au 39,5 kilomètre, en gagnant le sprint à Muhlele (Gunsbach).
Les 4 titulaires des maillots
Vincenzo Nibali, Joachim Rodrigues, Peter Sagan et Romain Bardet
Cette étape a aussi bouleversé le classement général car si Vincenzo Nibali a repris la première place, l’australien Richie Porte remonta de la 5ème à la 2ème place, Alejandro Valverde de la 7ème à la 3ème place, Romain Bardet de la 4ème à la 10ème place, Thibaut Pinot de la 15ème à la 6ème place et Jean-Christophe Péraud de la 17ème à la 8ème place. Par contre, Toni Galopin rétrograda de la lère à la 5ème place,
Comme pour les feux d’artifices, le final fut éblouissant avec 4 français dans le Top 10 pour le classement général du 14 juillet !
Contador a abandonné
Le tour lors de cette étape a perdu à nouveau un des prétendants, l’espagnol Alberto Contador après une chute au 64ème kilomètre dans le Petit Ballon à 15h20. Après avoir été soigné par le Docteur Porte (plaie au genou droit, il a remonté sur son vélo mais a dû abandonner quelques kilomètres plus tard, après la montée du Platzerwasel, souffrant trop de ses blessures.
Les examens du lendemain diagnostiqueront une fissure à son plateau du tibia droit ! Sans jeu de mots de ma part…
Souvenirs philatéliques
Le Cercle Philatélique de Ronchamp a édité plusieurs documents avec un cachet temporaire daté du 14 juillet à l’occasion de l’arrivée du Tour à la Planche des Belles filles.
Carte postale avec la photo du chalet qui avait brûlé le dimanche 29 juin vers 15h30.
Epilogue
Le passage du Tour de France 2014 dans le nord est de la Haute-Saône malgré une météo peu clémente, a laissé une fin d’étape grandiose via les deux difficultés proposées, le col des Chevrières qui fut une première
et la Planche des Belles Filles qui avait déjà en 2012, acquise ses lettres de noblesse.
A quand, la prochaine visite ?
Poutr ceux qui veulent voir ou revoir l'article sur l'étape Tombaine-La Planche des Belles Filles de 2012 : Cliquer ici
Références : Wikipédia, Site France 2, Site du Tour de France, divers sites…
JM
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