Belfort FIMU 2018, Didier Lockwood
Le FIMU 2018 (Festival International de Musique Universitaire), 32e de rang se déroule à Belfort du 17 au 21 mai, donc 5 jours dédiés à la musique avec un invité de marque, le violon.
Extrait affiche FIMU 2018
Initialement cet instrument aurait du être présenté par un virtuose, Didier Lockwood, qui avait été sollicité pour être le parrain du FIMU 2018. Il avait donné son accord dès octobre 2017.
Didier Lockwood (document FIMU)
Mais la vie, non, la mort en a décidé autrement… Didier Lockwood est décédé (crise cardiaque) le 18 février 2018 après son concert au cabaret du Bal Blomet à Paris.
Didier Lockwood
Après la trompette et Eric Truffaz en 2017, les organisateurs du FIMU avaient choisi le violon pour cette nouvelle édition.
Eric Truffaz sur une scène du FIMU, le 3 juin 2017
NA : En fin du texte, un lien permet d’accéder à l’article consacré à Eric Truffaz.
Ils s’étaient orientés rapidement sur le violoniste Didier Lockwood pour être d’une part l’ambassadeur du festival grâce à sa notoriété internationale et d’autre part bénéficier de sa volonté de transmission qui pouvait se traduire par un master class et l’élaboration d’une création.
Carte postale Didier Lockwood au Morning 1987
Didier Lockwood avait adhéré rapidement au projet et avait donné son accord.
Le FIMU a perdu son parrain mais a conservé les violons pour tenter d’atténuer les sanglots. Un hommage sera rendu au maestro de cet instrument le samedi 19 mai à 21h15 sur la scène Jazz avec la violoniste de jazz franco-irlandaise Fiona Monbet.
Pochette CD album O’Ceol par Fiona Monbet
Ses premières cordes
Didier Lockwood est né le 11 février 1956 dans la ville de Calais. Baigné dès son enfance dans les notes de musique, son père étant professeur de violon tout en étant instituteur, il va être très rapidement porté par la mélodie et attraper le virus…
Carte postale Calais, multi-vues
Dès ses treize ans, il intégra l’orchestre lyrique du théâtre municipal de la ville. En 1972, il va décrocher ses premiers prix du conservatoire et un prix de la SACEM pour une composition.
Mais dans la famille Lockwood, il y a aussi le grand frère Francis, musicien aussi, pianiste qui va l’ouvrir au jazz. Sa ré orientation musicale lui fait découvrir le violon amplifié qu’il va pouvoir exprimer au sein du groupe jazz-rock Magma à partir de fin 1974, pendant deux années environ.
Il participa à la longue tournée du groupe et à l’enregistrement du live Köhntark (appelé aussi Magma Live ou Hhaï Live) à La Taverne à Paris en 1975.
Vinyle Magma Live Köhntark (1975) avec Didier Lockwood
Il va poursuivre la bonne corde en étant engagé dans le big band du compositeur de film et de disque Michel Colombier.
Lors d’un concert au festival Nancy Jazz Pulsation, le violoniste et pianiste Stéphane Grappelli (1908-1997) fut convié à se joindre au big band et découvrit le jeune talentueux Didier Lockwood.
Pochette album Memory de Stéphane Grappelli
Stéphane Grappelli devant effectuer une tournée européenne, il lui demanda de se joindre à l’orchestre, ce qu’il fit enthousiasmé par le défi. Ils eurent encore d’autres occasions de partager des scènes ensemble.
En 2000, Didier Lockwood réalisa un album en hommage ‘’Tribute to Stéphane Grappelli’’.
Pochette album Tribute to Stéphane Grappelli
Il était considéré comme le fils spirituel de Stéphane Grappelli.
Grace à lui, il va bénéficier d’une autre belle rencontre, celle du pianiste Dave Brubeck, en 1977, qui l’invita à venir jouer avec lui sur la scène du Carnegie Hall à New York.
Vinyle Back home par The Dave Brubeck Quartet (1979)
Avec ces rencontres, la carrière de Didier Lockwood en tant que soliste était lancée.
Didier Lockwood prend son envol
La confirmation solennelle lors d’un véritable passage de témoin effectué en 1983 lors d’un concert à la Salle Pleyel où Stéphane Grappelli va lui remettre ‘’le violon de Warlop’’. Ce violon, il l’avait lui-même reçu des mains du violoniste français Michel Warlop (1911-1947) en 1929.
Pochette Album en hommage à Michel Warlop
Après avoir énormément appris au contact de ses pères, il va constituer son propre groupe en 1978, Surya où son frère Francis tient les claviers.
Pochette de l'album Surya
Après plusieurs albums, avec différents musiciens, il va refonder un nouveau groupe, le DLG (Didier Lockwood Group). Cette nouvelle formation va sortir plusieurs albums : Fasten seat belts (1982), Didier Lockwood Group (1984), Phoenix 90 (1990) et DLG (1993).
Albums du Didier Lockwood Group, Fasten seat belts et DLG
Il s’associa avec d’autres musiciens pour produire d’autres albums, sa discographie regroupe près de 50 albums.
Un des premiers albums qui fut un beau succès commercial pour le violoniste fut ‘’Out of the blue’’ en 1985, il a la particularité d’être son premier album numérique !
L’album Out of the blue (1985)
Cet album reçu de nombreuses récompenses dont une Victoire de la musique 1985.
Le jazz n’est pas sa seule source d’inspiration, il œuvra aussi pour le classique en créant des concertos dont ‘’Les Mouettes’’ pour violon électro-acoustique, des œuvres symphoniques…
Le concerto pour piano, Les Mouettes (1996)
Il composa la bande originale du film Lune froide réalisé par Patrick Bouchitey* en 1991. Il fut présenté au Festival de Cannes. Le réalisateur et Jean-François Stévenin partageaient l’affiche.
*Patrick Bouchitey : Le réalisateur, acteur et scénariste, de son vrai nom, Patrick Bouchitté est né à Plancher-les-Mines (Haute-Saône) en 1946.
Affiche du film Lune froide
Le film fut produit par Luc Besson, une de ses premières productions. Il fut à l’affiche d’autres musiques de films dont Les enfants de la pluie (2003), La Reine Soleil (2007), Young Perez (2013) et Abus de faiblesse (2014).
Son dernier album sorti en 2017, porte le titre ‘’Open doors’’. Un vrai message !
Album Open doors (2017)
Pour cet album, il s’était entouré de Dédé Ceccarelli à la batterie, dupianiste Romain Antonio Farao, et de Darryl Hall à la contrebasse.
Didier Lockwood a partagé de nombreuses scènes avec d’autres musiciens dont André Ceccarelli, Miles Davis, John Galliano, Herbie Hancock, Marcus Miller, Michel Petrucciani, Aldo Romano, Martial Solal… et son frère Francis.
Carte postale Théâtre des Champs Elysées 2001
En 2001, il s’associa avec le danseur indien Raghunath Manet et du percussionniste Ri Murugan pour créer le spectacle ‘’Omkara’’ qui marient jazz et musique indienne.
Carte postale du spectacle Omkara en 2001au Cirque d’hiver
On le voit aussi au côté de Barbara, Mama Béa, Richard Bohringer, Jacques Higelin, Claude Nougaro…
Passage de témoin
Une de ses œuvres, fut sa volonté de passer le témoin aux jeunes générations comme Stéphane Grappelli l’avait fait.
Il publia une méthode d’improvisation intitulée ‘’Cordes et âme’’ pour violon.
Méthode Cordes et âme (2002)
Il obtint le prix de la SACEM en 2002 pour cette publication.
En 2001, il fonda son école d’improvisation de jazz à Dammarie-les-Lys, Le Centre des musiques Didier Lockwood. Elle propose un enseignement axé sur l’improvisation pour les musiciens.
Epilogue
Didier Lockwood laisse un riche patrimoine musical, lui qui fut un ambassadeur pas seulement pour son instrument de prédilection, le violon, mais pour toute la musique.
Son implication dans l’éducation musicale en fut sa force.
Son instrument, le violon, tire des sanglots longs que seules les notes peuvent atténuer...
JM
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