Coupe du Monde de Football 1978 en Argentine (1ère partie) Le parcours de la France
MAJ le 29 novembre 2022
L’Équipe de France qui n’avait pas su se qualifier lors des deux éditions précédentes de la Coupe du Monde, elles se déroulaient au Mexique en 1970 et en Allemagne de l’Ouest en 1974, avait réussi à s’extraire en tête du Tour préliminaire.
Elle pouvait ainsi participer à la 11e Coupe du Monde de Football organisée en Argentine.
Équipe de France (photo Magazine Onze, doc. JM)
NA : À la fin de ce texte, un lien permet d’accéder à l’article sur le parcours de l’Équipe de France lors du Tour préliminaire.
La France, lors du Tour préliminaire, s'était approprié la première place du Groupe 5, devant la Bulgarie et l’Irlande.

Emballage de sucre, recto et verso (coll. OD)
La Fédération Argentine de football avait obtenue l’organisation de ce rendez-vous quadriennal le 6 janvier 1966, lors du 35e Congrès de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), à Londres.
Phase finale en Argentine
Le 14 janvier 1978, se déroula le tirage des 4 groupes de la phase finale, au Centre Culturel Saint Martin à Buenos-Aires.

Le Centre Culturel Saint Martin à Buenos-Aires (photo Wikipédia)
La France tomba dans le Groupe 1, considéré comme le plus relevé, où se trouvaient l’Argentine, la Hongrie et l’Italie.

Le 15 janvier 1978, la presse titrait ! (journal L'ER, doc. AMB)
Les 3 autres Groupes étaient constitués des Nations suivantes :
Groupe 2 : RFA, Mexique, Pologne et Tunisie
Groupe 3 : Autriche, Brésil, Espagne et Suède
Groupe 4 : Ecosse, Iran, Pays-Bas et Pérou
NA : Ce chapitre sera plus amplement détaillé dans l'article suivant consacré au 1er Tour de la phase finale, pour les trois autres groupes (2 à 4).
Préparation de l’Équipe de France, en France
Michel Hidalgo fut confronté à une situation pas évidente pour préparer l’Équipe de France en vue de la phase finale de la Coupe du Monde, la FFF (Fédération Française de Football) n’avait pas aménagé les calendriers des compétitions nationales en fonction de l’événement mondial !

Carte postale Michel Hidalgo (coll. JM)
Avait-elle considéré que la qualification des Tricolores pour le Mundial 1978 serait peu probable, après les deux échecs précédents ?
La dernière journée du Championnat de France se déroula le 2 mai, quant à la Coupe de France, les demi-finales Sochaux-Nancy (1-0 et 0-5) et Monaco-Nice (1-1 et 0-1) eurent lieu les 5 et 8 mai, et la finale Nancy-Nice (1-0) le 13 mai.

L’équipe de Nancy pour la finale (photo Magazine Onze, doc. JM)
Parmi ces équipes, des internationaux étaient impliqués avec Dalger et Petit à Monaco, Platini et Rouyer à Nancy, Baratelli et Guilloux à Nice, et Soler à Sochaux.
Stage au Touquet, du 5 au 11 mai
Dans un premier temps, Michel Hidalgo avait établi une pré liste constituée d’une quarantaine de joueurs. Ils se retrouvèrent au Touquet le 5 mai pour un stage permettant d’effectuer une revue d’effectif, mais sans les joueurs concernés par la Coupe de France et les bastiais*.
Michel Hidalgo avait déjà la tête en Argentine (photo INA)
*Bastiais : Les joueurs de Bastia participaient à la finale de la Coupe de l’UEFA 1977-1978 contre PSV Eindhoven, après le match aller à Furiani (0-0), ils devaient jouer le match retour le 9 mai aux Pays-Bas (perdu 3-0).

Vinyle 45 tours Forza Bastia par les Furianis (coll. privée)
Don pas évidente, la situation pour Michel Hidalgo de préparer efficacement le Mundial avec l’absence de plusieurs joueurs cadres…

Le Touquet, les joueurs en stage (photo Magazine Onze, doc. JM)
Tout de même, dans le cadre de sa préparation, l’Équipe de France joua deux matches amicaux avec la particularité de rencontrer deux des équipes qualifiées pour le Mondial et de les jouer hors du Parc des Princes.
Le premier fut contre l’Iran à Toulouse le 11 mai, au Stadium municipal devant 34000 spectateurs, sans les joueurs pris par la Coupe de France. Elle gagna 2-1, avec les buts d’Albert Gemmrich (14’) et Didier Six (70’).

Équipe de France contre l’Iran (photo Magazine Onze, doc. JM)
Les 22 sélectionnés
Le lendemain, Michel Hidalgo donna sa liste provisoire de 22 joueurs pour participer au stage final prévu au Touquet du 15 au 30 mai; il se donnait la possibilité de la faire évoluer si survenaient des blessures ou autres. La liste officielle devait être donnée à la FIFA, au plus tard le 25 mai.
Gardiens : Dominique Baratelli, Jean-Paul Bertrand-Demane, Rey
Défenseurs : Patrick Battiston, François Bracci, Maxime Bossis, Gérard Janvion, Patrice Rio, Christian Lopez, Marius Trésor
Milieux : Dominique Bathenay, Jean-Marc Guillou, Henri Michel, Claude Papi, Michel Platini, Jean Petit
Attaquants : Christian Dalger, Bernard Lacombe, Marc Berdoll, Dominique Rocheteau, Olivier Rouyer, Didier Six

L’Équipe de France (photo Livre 100 ans de football en France)
Sur la photo de gauche vers la droite
En haut : Rey, Bertrand-Demanes, Baratelli.
Au milieu : Bourrier (entraîneur adjoint), Bathenay, Papi, Bossis, Janvion, Battiston, Rio, Lopez, Trésor, Bracci, Guillou, Hidalgo (entraîneur.).
En bas : Platini, Six, Rocheteau, Lacombe, Berdoll, Rouyer, Petit, Michel, Dalger.
Le 18 mai, André Rey qui souffrait toujours de sa fracture du poignet depuis début avril, a préféré déclarer forfait; il fut remplacé par Dominique Dropsy.
NA : Avec cette modification, la photo officielle du Touquet n’était plus conforme à la sélection finale des Bleus !
Stage au Touquet, du 15 au 20 mai
Donc le deuxième stage, toujours au Touquet, se déroula du 15 au 20 mai avec les 22 sélectionnés et des joueurs susceptibles de remplacer les titulaires en cas de blessures ou autres.
Carte postale Le Touquet (coll. privée)
Le second match fut contre la Tunisie à Villeneuve d’Ascq le 19 mai, au Stadium du Nord devant 35000 spectateurs.

Carte postale Stade de Villeneuve d’Ascq (coll. privée)
L’Équipe de France gagna 2-0, avec les buts de Michel Platini (71’) et Christian Dalger (74’).
Départ de l’Équipe de France pour Buenos-Aires
Le départ de la délégation française (36 personnes) était prévu le 24 mai à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle en empruntant… le Concorde pour rejoindre Buenos-Aires, via des escales à Dakar et à Rio.

La délégation française avant le départ (photo L'ER, doc. AMB)
Pour la première fois, le supersonique posait ses roues sur le tarmac de l’aéroport d’Ezeiza desservant la capitale d’Argentine !

Enveloppe 1er voyage Concorde Paris Buenos Aires 24 mai 1978
(coll. privée)
À l’aéroport, la délégation rencontra le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing qui allait à New-York avec un autre Concorde.

Giscard d’Estaing avec Michel Platini, Dominique Rocheteau…
(photo L'ER, doc. AMB)
Info et non intox !
La veille du départ pour l’Argentine, Michel Hidalgo accompagné de son épouse fut victime d’une tentative d’enlèvement lors de son trajet pour se rendre à l’aéroport de Bordeaux Mérignac, proche de son domicile à Saint-Savin. L’entraineur mis en fuite les trois ravisseurs, plus pieds-nickelés que malfaiteurs, des opposants au régime argentin et favorables au boycott de la Coupe du Monde.

Carte postale Saint-Savin-en-Blaye (coll. privée)
NA : La partie concernant le boycott sera développée dans l’article suivant traitant du premier Tour de la phase finale de la Coupe du Monde, des trois autres groupes.
Cordoba, le camp de base de l'Equipe de France
Le camp de retranchement se trouvait à Cordoba, à environ à 40 kilomètres de la capitale, au club omnisports de l’Hindu Club. En ce lieu, la délégation française retrouva… celle d’Italie ! Les Transalpins étaient arrivés quelques jours avant.

Photo souvenir devant l’Hindu Club (photo Magazine Onze, doc. JM)
40 ans plus tard, cette situation n’aurait jamais pu se produire d’autant plus que l’Italie ne s’est pas qualifiée pour l’édition 2018, laissant le champ libre à l’Equipe de Didier Deschamps !
Le staff envisagea une rencontre amicale contre le club local de l’Union Deportivo Italiano, mais les joueurs n’adhérèrent pas au projet.
1er tour du Groupe 1
La France se retrouvait donc en confrontation avec l’Argentine, la Hongrie et l’Italie.
Ce groupe où seules deux équipes pouvaient être qualifiées était l’un des plus difficiles surtout avec le pays organisateur du tournoi; l’Équipe de France n’était pas gâtée par le tirage effectué le 14 janvier à l’Hôtel Sheraton de Buenos-Aires…

Carte postale (peinture) Le Sheraton (coll. privée)
Avec la probabilité que l’Argentine se qualifie… une seule place restait pour les trois autres équipes ! Ou autrement dit, l’Argentine pouvait-elle être éliminée dès le 1er tour ? La réponse n’est-elle pas contenue dans l’interrogation…
Italie-France

Pour son premier match de la compétition, l’Équipe de France jouait contre son colocataire, l’Italie. Sa dernière rencontre face à La Squadra Azzurra datait du 8 février où elle avait obtenu un bon nul 2-2 à Naples, au stade San Paolo, lors d’une rencontre amicale.

Carte postale L’Equipe de France qui joua à Naples (coll. JM)
Ce résultat contrebalançait une autre statistique rappelant que les Tricolores n’avaient pas battu les Italiens depuis les Jeux Olympiques d’Anvers, le 29 août 1920 !
Dès ce premier match, le résultat conditionnait la suite de la compétition.
D’ailleurs, Michel Hidalgo avait reconduit l’équipe qui avait effectué la 2e mi-temps en Italie en février, hormis que Jean-Paul Bertrand-Demanes remplaçait André Rey.
Équipe de France : Jean-Paul Bertrand-Demanes, Gérard Janvion, Patrice Rio, Marius Trésor (Cap), Maxime Bossis, Dominique Bathenay, Michel Platini, Jean-Marc Guillou, Christian Dalger, Bernard Lacombe et Didier Six.
Image Panini Equipe de France (coll. privée)
La rencontre se déroula le 2 juin au stade municipal José-Maria-Minella à Mar del Plata, la station balnéaire des habitants de la capitale sur la côte est de l’Argentine, devant 42373 spectateurs.

Stade José-Maria-Minella (photo Wikipédia)
Le début du match fut signé d’un exploit car Bernard Lacombe marqua de la tête à la 38e seconde. Si le lyonnais réalisa un but superbe, il faut y associer le passeur, Didier Six. Le lensois parti depuis son camp, déborda et déposa les deux arrières italiens avant de centrer le ballon pour cette tête victorieuse.
Images Panini Bernard Lacombe & Didier Six (coll. privée)
NA : Souvent, il est dit ou voire écrit que ce but marqué fut le plus rapide de l’histoire de la Coupe du Monde ! Ce qui est faux car le tchécoslovaque Vaclav Masek avait marqué un but au bout de la 15e seconde, le 7 juin 1962, contre le Mexique, lors de la Coupe du Monde au Chili.

Autobiographie Vaclav Masek (coll. privée)
Le record actuel est détenu par le turc Hakan Şükür depuis le 29 juin 2002, avec son but marqué à la 11e seconde contre la Corée du Sud lors du match pour la 3e place lors de la Coupe du Monde en Corée du Sud et au Japon.

Image Panini Hakan Şükür (coll. privée)
Revenons à notre match…
Cette situation piqua l’orgueil des Italiens qui vont peu à peu imposer leur jeu, asphyxiant les Tricolores en privant, entre autre, Platini de ballons. Paolo Rossi égalisa dès la 29e minutesuite à une action confuse ressemblant à une partie de billard électrique…

Carte postale Paolo Rossi (coll. privée)
Au retour des vestiaires, la situation non satisfaisante pour les deux équipes va évoluer favorablement pour les Italiens. Enzo Béarzot va effectuer un changement en faisant entrer Renato Zaccarelli qui va marquer à la 54e suite à un centre de Claudio Gentile.

Image Panini Renato Zaccarelli (coll. privée)
À un quart d’heure de la fin du match, les rentrées de Marc Berdoll et Olivier Rouyer à la place de Bernard Lacombe et Didier Six, ne vont pas avoir d’impact sur le résultat final.
Après avoir marqué le premier but de la compétition, le but le plus rapide des sélections françaises, la France avait pris aussi le but gag de la compétition ! Elle pouvait flipper avec ce match perdu 1-2, elle avait compromis sérieusement ses chances de participer au 2e Tour… toutefois, il lui restait deux rencontres à jouer. Tout n'était pas perdu !

Titre de la presse après le match (journal L'ER, doc. AMB)
Une particularité dans l’équipement de l’Équipe de France pour ce match, furent les chaussures car un différend était né entre l’équipementier de la France, Adidas et les joueurs non satisfaits du niveau de la prime attribuée (1600 francs, 244 euros). Malgré les négociations avant la compétition et n’ayant pas obtenu une revalorisation substantielle, ils couvrirent les fameuses bandes avec de la peinture noire…

Pin’s Chaussure aux 3 bandes à noircir (coll. privée)
Argentine-France

Le 2e match de l’Équipe de France était contre l’Argentine. Pour sa 1ère rencontre le 2 juin, qui ne fut pas le match d’ouverture, elle avait défait la Hongrie sur le score de 3-1.
NA : Depuis 1974, le match d’ouverture mettait le champion en titre contre un adversaire de son groupe; cette règle fut appliquée jusqu’en 2002. À l’édition suivante, la règle revint au match avec l’équipe organisatrice.
Tout était dans le titre du journal (LER, doc. AMB)
Pour cette rencontre, Michel Hidalgo avait apporté un peu plus de puissance à son équipe en remplaçant Patrice Rio par Christian Lopez, Gérard Janvion (blessé) par Patrick Battiston, Jean-Marc Guillou par Dominique Bathenay et Olivier Rouyer par Dominique Rocheteau.
Équipe de France : Jean-Paul Bertrand-Demanes, Patrick Battiston, Christian Lopez, Marius Trésor (Cap), Maxime Bossis, Michel Platini, Dominique Bathenay, Dominique Rocheteau, Bernard Lacombe et Didier Six.

Carte postale Equipe de France (coll. JM)
En début de l’après-midi, l’Italie avait battue la Hongrie sur le score de 3-1, lui assurant une qualification pour le 2e Tour. Ce résultat imposait à la France de gagner contre l’Argentine pour se qualifier, un match nul pouvant peut-être suffire suivant les résultats du 3e match…
La mascotte argentine Gauchito (coll. privée)
Cette rencontre se déroula dans le stade Monumental de Buenos Aires le 6 juin 1978, devant 71666 spectateurs qui par leur ferveur donnaient une motivation extraordinaire à l’Albiceleste.

Carte postale Stade Monumental de Buenos Aires (coll. privée)
La première mi-temps se déroula sur un bon rythme où les deux équipes développèrent de belles actions sans toutefois réussir à concrétiser. La mi-temps va être atteinte sur un score nul, quant à la dernière minute, Marius Trésor et Léopold Luque s’accrochèrent dans la surface de réparation. En tombant, le libéro français va toucher involontairement avec son avant-bras le ballon qui sortait en corner. Après conciliabule avec son juge de touche, l’arbitre suisse donna un penalty aux Argentins.
Daniel Passarella se chargea de la sanction, il va prendre à contre-pied le gardien français et donner l’avantage à son équipe avant de rentrer au vestiaire.
Image Panini Daniel Passarella (coll. privée)
Le retour sur le terrain vit les Tricolores prendre le match en main, se procurant de belles occasions mais sans avoir la réussite d’égaliser. Un tir puissant des 35 mètres de l’intenable Léopold Luque obligea Jean-Paul Bertrand-Demanes à effectuer une belle parade pour défendre sa cage mais en retombant, il va percuter violemment son poteau droit.

Fiche (extrait) Jean-Paul Bertrand Demanes (coll. privée)
Il dut laisser sa place à Dominique Baratteli à la 58e minute.
Enfin à la 60e minute, la France va être récompensée pour son engagement grâce à une action de Patrick Battiston lobant la défense et servant Bernard Lacombe dans la surface de réparation. Devant la sortie de Ubaldo Fillol, il loba le gardien mais le ballon frappa la barre transversale et revint sur lui, son contrôle raté bénéficia à Michel Platini qui se fit un grand plaisir en propulsant le ballon au fond des filets malgré un sauvetage argentin.

Image Panini Michel Platini (coll. privée)
La France était revenue dans le match et les Argentins devenaient fébriles, à plusieurs reprises les Tricolores eurent de belles occasions de prendre l’avantage. Didier Six eut même la balle de match au bout du pied à la 80e sur une passe en profondeur de Michel Platini, mais le lensois va trop ouvrir son pied pour tromper Ubaldo Fillol sorti et mettre le ballon à l’extérieur du but… certainement le tournant du match !
Car à la 73e, les argentins vont marquer par Léopold Luque d’une frappe puissante des 25 mètres plein centre, que Dominique Baratelli ne put arrêter.
Image Panini Léopold Luque (coll. privée)
Malgré encore quelques actions françaises anéanties par le gardien argentin, le score resta sur la victoire argentine sur le score de 2-1.

Ce match entre la France et l’Argentine fut un très beau match, certainement l’un des plus beaux de la compétition mais la France était éliminée. Avec cette victoire, l’Argentine était qualifiée et rejoignait l’Italie pour participer au 2e Tour, ne restait plus que leur rencontre pour connaître le classement (1er ou 2e).
France-Hongrie
Il restait un match à jouer pour les Tricolores, celui contre la Hongrie. S’il n’avait plus d’enjeu majeur, il pouvait éviter de finir dernier du Groupe 1.
Pour ce match, Michel Hidalgo eut l’opportunité de permettre aux joueurs n’ayant pas pu s’exprimer de participer à une rencontre du Mundial… évitant à des sélectionnés d’avoir le titre de "coiffeur".
*Coiffeur : Ce terme attribué aux joueurs ne participant pas à la compétition à trois hypothèses !
1. Lors de Coupe du Monde 1958 en Suède, les 7 joueurs qui ne participèrent pas à la compétition, se passaient le temps en coupant les cheveux des titulaires.
2. Lors de Coupe du Monde1986 au Mexique, Louis Fernandez aurait dit "que les remplaçants ne risquaient pas d'altérer leur brushing !"
3. La plus sérieuse serait celle liée à l'étymologie du terme; le verbe "coiffer" signifie aussi "battre" et "dépasser". Les remplaçants "coiffent" les titulaires pour prendre leur place…
Équipe de France : Dominique Dropsy, Gérard Janvion, François Bracci, Christian Lopez, Marius Trésor (Cap), Dominique Bathenay, Claude Papi, Jean Petit, Marc Berdoll, Dominique Rocheteau et Olivier Rouyer.
NA : Fait rare, à noter, que pour la première fois en Coupe du Monde, une nation fit participer ses trois gardiens à la compétition.
Le match se déroula dans l’enceinte du stade municipal José-Maria-Minella à Mar del Plata, le 10 juin, devant 23127 spectateurs.

Image du stade José-Maria-Minella à Mar del Plata (coll. privée)
Un nouveau gag vint de l’Équipe de France qui se présenta avec la même couleur de maillot que les Hongrois, en blanc. La FIFA avait pourtant informé que le blanc était réservé pour ce match à la Hongrie… Une sanction pécuniaire fut appliquée à la Fédération française.
La recherche d’une alternative vint de l’équipe locale, le Club Athlético Kimberly qui prêta ses maillots… blancs rayés vert ! Ces couleurs argentines, étaient comme un clin d’œil fait aux équipes d’Irlande et de Bulgarie éliminées lors du Tournoi préliminaire par la France.
Le maillot du club le Club Athlético Kimberly (doc. FIFA)
Avec 40 minutes de retard, le match put débuter. Les deux équipes offrirent un début de partie plaisant où chacune eut des occasions d’ouvrir la marque; les hongrois ouvrirent les hostilités mais DD, pas Didier Deschamps mais Dominique Dropsy, veillait au grain.

Dominique Dropsy (photo Magazine Onze, coll. JM)
Si les attaquants français, surtout Olivier Rouyer, mettait la pression sur la défense hongroise, l’ouverture du score vint d’un défenseur. Christian Lopez marqua à la 23e minute, il s’enfonça dans la défense Magyare et décocha une belle frappe d’une bonne vingtaine de mètres qui trompa le gardien.

Image Panini Christian Lopez (coll. privée)
Les Tricolores enfoncèrent le clou à la 38e, suite à une passe de Gérard Janvion pour Marc Berdoll qui enfuma trois défenseurs et d’une pichenette trompa le gardien. La France récitait son football et menait 2-0.

Image Marc Berdoll (coll. privée)
Mais les Hongrois vont revenir dans la partie 3 minutes plus tard, eux aussi par un défenseur, Sandor Zombori; il loba Dropsy, légèrement avancé. Ce but venait après plusieurs passes successives pour déstabiliser l’arrière-garde française. Peu avant Tibor Nyilasi avait trouvé la barre transversale.

Image Panini Sandor Zombori (coll. privée)
Mais il était dit que l’Équipe de France voulait remporter ce match… Olivier Rouyer repartit à l’abordage sur son aile gauche et réalisa un bon centre repris par Dominique Rocheteau dont le tir laissa pantois Sandor Guidar, le dernier rempart hongrois. On était à la 42e minute et la France menait 3-1 avant la mi-temps.
Carte postale Dominique Rocheteau (coll. JM)
Pour la 2e mi-temps, Michel Platini remplaça Claude Papi. Le maître du jeu français distilla de bons ballons et ajusta quelques tirs dont un arriva sur le haut de la transversale. Marc Berdoll aurait pu aggraver le score. Du côté Hongrois, leurs attaques vont chauffer les gants de Dominique Dropsy; un de ses poteaux le suppléa sur un nouveau tir de Sandor Zombori. Si Didier Six remplaça Dominique Rocheteau à la 75e minute, il était écrit que le score n’évoluerait pas lors de cette 2e mi-temps.
L'Équipe de France terminait sa sortie par une victoire.
Titre de la presse après le match contre la Hongrie (L'ER, doc. AMB)
Avec ce résultat, La France évitait la 4e place du Groupe 1. La dernière place revenait à la Hongrie qui avait perdu ces 3 matches, sur le même score de 1-3. Si les Tricolores avaient proposé, lors de ces rencontres, du beau jeu, il ne fut pas synonyme de qualification…
Tableau des résultats du Groupe 1 (doc. Wikipédia)
Si une partie de la sélection, avec Battiston, Berdoll, Bracci, Dalger, Janvion, Papi et Rocheteau, rentra à Paris dès le 12 juin, le reste de la délégation se rendit à Rio de Janeiro pour une semaine de vacances, hormis une partie du staff qui resta pour suivre la compétition en tant qu’observateurs.
Épilogue
L’Equipe de France améliorait ainsi sa performance par rapport à sa dernière participation en Angleterre en 1966 où elle n’avait obtenu aucune victoire (2 matches perdus et un nul) et fut classée dernière. Par contre, elle avait encore beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la sélection de 1958 qui avait terminé à l’excellente troisième place en Suède…
NA : Un lien en fin de l’article permet de retrouver les articles dédiés aux Coupes du Monde précédentes.
Même si l’Equipe de France ne passa pas le 1er Tour, elle laissa une bonne impression en Argentine avec son jeu chatoyant où un excellent joueur, Michel Platini, était à la manœuvre.
Dans tout bon orchestre, il y a le chef donnant le "la" mais encore faut-il qu’il soit accompagné de très bons musiciens. La formation France avait dans ses rangs des joueurs-cadres et d’autres en devenir. Pour atteindre l’excellence, il faut que les gammes soient répétées, encore répétées, toujours répétées pour donner une cohésion parfaite afin d’éviter les couacs…
Même les grands orchestres ont parfois plus d’appétence pour jouer certaines gammes plutôt que d’autres, d’où l’importance de celui qui sélectionne la partition !
Michel Hidalgo qui avant le départ pour l’Argentine, avait laissé entendre qu’il ne renouvellerait pas son contrat car trop de contraintes, avait dit qu’il prendrait sa décision après le Mundial. Le 28 juin, la Fédération annonça que le sélectionneur avait accepté de poursuivre sa fonction pour quatre années… une harmonie s’était construite.
Page de garde du magazine But, 30 juin 1978 (coll. privée)
Il restait à effectuer les arrangements judicieux pour que les répétitions des gammes débouchent sur des récompenses… l’avenir nous le dira !
NA : La suite de la compétition à découvrir dans l'article "11e Coupe du Monde de Football Argentine 1978 Tournoi éliminatoire".
JM
Liens pour accéder aux articles cités
Parcours de la France, au Tour préliminaire : Cliquer ici
11e CM de Football, Argentine 1978 Tournoi éliminatoire : En cours
Sommaire des articles sur les Coupes du Monde : Cliquer ici
Références livres : La fabuleuse histoire de la CM par Thierry Roland et Magazine Onze (doc. JM), Journal L’Est Républicain (doc. Archives Municipales Belfort, AMB)
Références Web : Wikipédia, Divers sites Web.
Infos pratiques
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