Football Féminin : Les instances internationales frileuses
MAJ le 12 juillet 2025
Avant d’aborder les compétitions internationales de football Féminin, il m’a semblé intéressant de présenter les grandes lignes de l’historique plutôt chaotique pour y arriver. Le chemin fut long car les instances internationales avaient choisi d’appliquer le catenaccio !
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Carte postale Publicité pour le sport Féminin (coll. privée)
Du côté de l’Asie, la Fédération de Football Féminine fut plus encline à répondre à l’attente des footballeuses.
NA : Je me suis consacré à la période où le football féminin commence vraiment à être cité. Les premières rencontres virent le jour à fin du 19e siècle, la tout première entre nations, se déroula le 9 mai 1881, lors d’un match entre une équipe anglaise et une équipe écossaise.
Les instances internationales et le football féminin
Avant de rentrer balle au pied dans le vif du sujet, je vous propose de brosser la place donnée au football féminin par les instances internationales et les premières tentatives d’organisation de Coupes du Monde non reconnues par ces mêmes instances.
Les prémices d’une telle épreuve débutèrent en 1970 mais sans l’assentiment de la FIFA, la Federation International Football Association, bien au contraire… Dès 1952, elle avait condamné le développement du football féminin !
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Logo Federation International Football Association (doc. Wikipédia)
En Europe, c’est en Allemagne occidentale que fut créée la première fédération nationale féminine, la Westdeutscher Damenfussball Verband, en 1955, par deux juristes d’Essen, les Docteurs Bernatz et Ruppert.
Il fallut attendre 1971 pour que l’UEFA, l'Union Européenne des Associations de Football, et la FIFA sous la pression de plusieurs fédérations nationales, organisèrent le 4e Congrès extraordinaire, en juin 1971, à Monte-Carlo sur la place du football féminin.
Carte postale Souvenir de Monte-Carlo (coll. privée)
Il en ressortit… qu’il était souhaitable que les compétitions féminines soient encadrées par la fédération masculine de chaque pays. Par contre l’UEFA et la FIFA restaient en retrait, ne s’impliquant pas, pour organiser toute rencontre internationale ou toute compétition internationale !
Logo Union Européenne des Associations de Football (doc. Wikipédia)
Parler de frilosité est tout, sauf un euphémisme !
Si une majorité de fédérations européennes effectuèrent la démarche peu après ce congrès comme la Belgique, la Finlande, l’Irlande… certaines prirent leur temps, pour inclure les féminines dans leur giron; la Norvège en 1978, l’Italie en 1980, l’Espagne et le Portugal encore plus tard !
La France l’avait entreprise dès 1969. De plus, l’assimilation dans les fédérations masculines n’apporte pas toujours aux joueuses l’accès aux équipements mis à disposition des footballeurs, certains clubs traînant les crampons !
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Livre Le football féminin par Jacques Nodak et Bernard Derion
D’autres contraintes de l’UEFA furent imposées aux féminines, comme l’interdiction de la mixité, la licence interdite avant onze ans… Des nations repoussèrent cette règle même jusqu’à 15 voire 16 ans ! Elles n’eurent pas le droit de participer à des Championnats du Monde non organisés par l’UEFA ou la FIFA…
Comme ces instances n’en organisent pas, c’est le chat qui se mord la queue ! Ou la mauvaise fois au plus haut niveau des instances internationales.
Bloc-feuillet Suisse 2007 Le football féminin (coll. privée)
Toutefois, lors de ce congrès de l'UEFA en 1971, il fut prévu de se pencher sur l’organisation d’une compétition internationale avec la création d’une commission à partir de… 1973 ! La création fut reportée en 1976, elle ne se tiendra en réalité qu’en 1979.
Du côté de l'Asie
Si les deux fédérations internationales sont restées les deux pieds dans la même chaussure à crampon, par contre l’ALFC, l'Asian Ladies Football Confederation, (la Confédération Asiatique de Football Féminin), l’équivalent d’une UEFA spécifique au football féminin pour l’Asie, eut la volonté de développer le football féminin. Dès 1975, elle lança l’Asian Lady Cup (Coupe d’Asie des nations).
Elle se déroula du 25 août au 3 septembre à Hong Kong avec 6 pays; ce fut la Nouvelle Zélande qui remporta cette nouvelle compétition devant la Thaïlande.
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Pin’s Drapeau de la Thaïlande (coll. privée)
Ces fédérations affiliées organisèrent dès 1981, des tournois internationaux où figurèrent même des équipes nationales non asiatiques. En 1981 toujours, l’ALFC proposa aux dirigeants européens et nord-américains de créer une fédération internationale de football féminin, la WIFF, The Women’s International Football Federation, avec la vocation de développer le football féminin. Elle souhaitait toutefois établir une saine collaboration avec la FIFA, chacune ayant son autonomie et organiserait sa structure à l’image de la fédération "masculine".
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Série fèves "Ballons" (coll. privée)
La FIFA voyant ses prérogatives petit à petit grignotées par l’ALFC, va contre-attaquer avec l’appui de l’AFC, l'Asian Football Confederation (la Confédération asiatique de football), le pendant de l’UEFA pour l’Asie, qui demanda aux nations affiliées ayant reconnu le football féminin de ne plus participer aux compétitions organisées par l’ALFC.
L’Asian Football Confederation avait la même position que la FIFA sur la non reconnaissance du football féminin, voir plus pour les pays du Golfe.
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Logo Asian Football Confederation 2001
La FIFA effectua, sous la présidence de son directeur général Sepp Blatter, la même démarche auprès de l’UEFA et de la CONCACAF (Confederation of North, Central American and Caribbean Association Football, la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique Centrale et des Caraïbes). L’action aboutit au renoncement de son projet par l’ALFC mais pas celui des féminines qui renouvelèrent leur demande d’intégrer la FIFA, en 1983.
L’ALFC décida de se dissoudre en 1988 et fusionna avec l’AFC.
Carte Sepp Blatter, président de la FIFA (coll. privée)
Ce ne fut que lors du Congrès de Mexico de la FIFA de 1986, sous l’impulsion de la Norvège qui avait mis à l’ordre du jour la création d’une Coupe du Monde féminine, que la proposition fut acceptée par la majorité des fédérations avec comme cible, son organisation en 1990.
Carte postale Un Salut de Mexico (coll. privée)
Mais pendant que la FIFA freinait de tous ses crampons tout en appliquant un catenaccio envers le football féminin, plusieurs entités footballistiques ne restèrent pas scotchées dans leurs buts mais lancèrent des attaques créatives pour organiser des compétitions internationales.
NA : La déclinaison de ces initiatives est à découvrir dans un autre article accessible contenu dans le Sommaire, grâce à un lien.
Épilogue
Avec cette première partie, vous avez vu les difficultés pour les féminines de mettre leurs crampons sur les pelouses des stades de football et de pouvoir participer à leurs premières compétitions nationales comme internationales !
Avec le prochain article, une nouvelle étape va être franchie grâce à la volonté de dirigeants italiens…
JM
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Football Féminin, le Sommaire : Cliquer ici
Référence presse : Livre Histoire du football féminin en Europe de Xavier Breuil, Livre Girl Power 150 ans de football au féminin de Hubert Artus
Référence internet : Wikipédia, Divers autres sites
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