Jeux Olympiques d’hiver 1968 à Albertville et en Savoie, la présentation (les sites, les infrastructures, les participants…)
MAJ le 2 février 2026
Après avoir organisé les premiers Jeux Olympiques d'hiver en 1924 et en 1968, la France accueillit la XVIe Olympiade à Albertville et en Savoie du 8 au 23 février 1992.
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Affiche officielle des Jeux d’hiver de 1992, réalisée par le graphiste Alain Doré de l'agence Desgrippes Gobé & Associés (coll. privée)
La France recevait à nouveau les Jeux Olympiques d’hiver sur ses terres, 68 ans après ceux de Chamonix, et 24 ans après ceux de Grenoble.
Au regard des informations contenues dans cette article, il est édité en deux parties, la première concerne la présentation de cet évènement international quadriennale et la seconde, sur le déroulement de l’évènement lui-même, de la cérémonie de l’ouverture des Jeux à celle de la clôture, en passant par les principaux résultats et les meilleurs athlètes.
NA : En fin de texte, des liens permettent d'accéder à la 2e partie de cet article et au Sommaire des articles sur les Jeux Olympiques d'hiver, dont ceux de Chamonix et Grenoble.
Première partie
1992, Albertville (du 8 au 23 février)
L’idée d'organiser des Jeux Olympiques en France, fut émise dès fin 1981 entre deux hommes, Jean-Claude Killy, le triple champion olympique de Grenoble et Michel Barnier, le président du Conseil général de la Savoie.
La ville d’Albertville posa sa candidature dès le 26 janvier 1983, auprès du CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français).
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Michel Barnier et Jean-Claude Killy à la une du Figaro Magazine
Les deux protagonistes des Jeux à Albertville, JC Killy et M. Barnier, furent nommés coprésidents du COJO (Comité d'organisation des Jeux Olympique), le 30 mars 1988.
Congrès de Lausanne
C’est le 17 octobre 1986, lors du 91e Congrès du CIO (Comité International Olympique) à Lausanne, qu’Albertville et la Savoie furent choisis pour organiser les XVIème Jeux Olympiques d’hiver.
Malgré la concurrence de six autres villes, Anchorage (États-Unis), Berchtesgaden (Allemagne), Cortina d’Ampezzo (Italie), Falun (Suède), Lillehammer (Norvège) et Sofia (Bulgarie), elle fut élue au sixième tour final, devant Sofia, Falun et Lillehammer.
Logo des Jeux d’Albertville (coll. privée)
Lors de ce même Congrès du CIO, fut choisie la ville de Barcelone pour organiser les Jeux d'été à Barcelone au dépend de la candidature de Paris, battue par 46 voix contre 23.
La ville d'Albertville a-t-elle bénéficié d'une compensation suite à l'élimination de Paris, les votes s'étant déroulés Jeux d'hiver après Jeux d'été !
Il fut aussi décidé que les Jeux d'été et d'hiver seraient organisés en alternance, et non plus la même année.
Les sites des compétitions
Si Albertville fut l’épicentre des Jeux, c’est bien la Savoie qui reçoit cette olympiade qui eut un montage financier s’appuyant sur des crédits publics dont la Région Rhône-Alpes, mais aussi privés car douze entreprises sont partenaires (AGF, Alcatel, BIS, Crédit Lyonnais, Evian, France Télécom, IBM, La Poste, Renault, SNCF, Thomson et Yoplait-Candia).
Carte postale créée en 1984 pour soutenir les Jeux (coll. JM)
Elles devaient payer un ticket d’entrée significatif (environ 7,5 M€) pour devenir membre du Club Coubertin créé pour regrouper les sponsors.
Cartes postales créées en 1984 pour soutenir les Jeux (coll.privée)
A l’origine, les dépenses pour ces Jeux devaient être couvertes par ses propres recettes; ce qui ne fut pas totalement le cas ! Un vœu pieux courant où la volonté de tordre les aiguilles... pour faire accepter le projet.
Hormis Albertville qui accueillit les cérémonies d'ouverture et de clôture, le patinage artistique, le patinage de vitesse et le short-track, les autres sites furent Brides-les-Bains et La Tania avec les villages olympiques, Courchevel pour le saut à ski et combiné nordique, Les Arcs avec le ski de vitesse en démonstration, La Plagne avec le bobsleigh et la luge.
Carte Les sites des compétitions (coll. privée)
Ainsi que Les Menuires et Val Thorens pour le ski alpin hommes (slalom), Les Saisies (Beaufortain) pour le ski de fond et le biathlon, Méribel avec le ski alpin dames et le hockey sur glace, Pralognan-la-Vanoise avec le curling (sport en démonstration), Tignes pour le ski artistique (bosses) et acrobatique (saut et ballet en démonstration), Val d'Isère avec le ski alpin hommes. La Léchère et Moûtiers furent respectivement centre principal de presse et centre international de radio télévision.
Série de pin’s Anneaux olympiques (coll. privée)
Les participants
Albertville et la Savoie accueillirent pour ces XVIe Jeux, 1801 athlètes dont 488 femmes et 1313 hommes, représentant 64 nations pour en découdre sur les 57 épreuves des 14 disciplines au programme.
Autres continents
- Afrique : Algérie, Maroc, Sénégal et Swaziland
- Amériques : Antilles néerlandaises, Argentine, Bermudes, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Costa Rica, Etats-Unis, Honduras, Jamaïque, Mexique, Porto Rico et Les Iles Vierges
- Asie : Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, Inde, Japon, Liban, Mongolie, Philippines et Taipei chinois
Océanie : Australie et Nouvelle Zélande
Carte des nations participantes hors Europe (réal. BF)
Europe
35 Nations : Allemagne, Andorre, Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Équipe unifiée*, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Islande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Saint-Marin, Slovénie, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie et Serbie
Carte des nations participantes de l'Europe (réal. BF)
La France était représentée par une forte délégation de 109 athlètes dont 30 femmes et 79 hommes; seuls les États-Unis avec 147 concurrents et l’Équipe unifiée* avec 129 concurrents avaient une plus imposante délégation.
*Équipe Unifiée : Elle rassemblait les athlètes de six anciennes Républiques Sociales Soviétiques représentant l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, la Russie et l’Ukraine. En automne 1991, s’était produite la dissolution de l’URSS suite à l’indépendance proclamée de plusieurs des quinze républiques constituantes.
La flamme olympique
La flamme olympique fut allumée par l'intermédiaire des rayons de soleil le 14 décembre 1991, à Olympie en Grèce, comme le veut la tradition. Elle rallia la France en Concorde, à l'intérieur d'une lampe de mineur. Le supersonique atterrit à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle.
Carte postale Le Concorde (coll. privée)
La flamme fut réceptionnée par la championne cycliste Catherine Marsal.
Son parcours
Elle fit un parcours de 57 jours à travers 63 départements et 2000 villes de la France, portée par 5536 relayeurs jusqu’Albertville. Ils étaient sportifs connus ou non, volontaires âgés de 15 à 20 ans tirés au sort et avaient à parcourir un kilomètre accompagné des postiers.
Carte postale Parcours de la flamme olympique (coll. JM)
Elle passa dans Mirville (Seine Maritime), le village où Pierre de Coubertin passa son enfance; il était né à Paris.
La Poste, partenaire des JO, assura l’organisation de ce parcours.
La torche olympique
Sollicité par Jean-Claude Killy, la torche olympique fut conçue par le designer français Philippe Starck. Elle fut réalisée en acier inoxydable dans les usines d'Ugine-Savoie. Elle symbolisait une corne de vache de race tarentaise.
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Torche olympique Albertville 1992 (coll. privée)
Elle mesurait 80 centimètres, possédait un diamètre de 80 millimètres. Elle pesait 1,5 kilogramme.
Elle fut fabriquée à 130 exemplaires.
Il fut vendu des copies en plastique couleur ivoire et aluminium (intérieur), mesurant 21 centimètres avec un diamètre maximal de 5,2 centimètres.
La flamme olympique à Belfort
Belfort fut ville étape le 9 janvier. La flamme arriva à Foussemagne à 17h05 où le premier des seize relayeurs terrifortains, Stéphane Schiro, la prit en charge pour accomplir le premier kilomètre.
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Stéphane Schiro (Photo Le Pays)
Les quinze autres relayeurs, chacun à leur tour, parcoururent sous les applaudissements tout le long du trajet pour rejoindre la Cité du Lion.
Vers 18h20, elle entra dans Belfort par la Porte de Brisach, portée par Julien Sayer pour rejoindre la place de l’Arsenal en s’arrêtant devant la mairie quelques minutes. Que se soit dans les rues ou sur les places, la flamme olympique fut accueillie au travers d’une véritable haie d’honneur formée par un public fort dense pour cet évènement, une première à Belfort !
Julien Sayer (Photo Le Pays)
Un grand show laser fut proposé aux supporters d’un jour de la flamme olympique, aux pieds du Lion.
Dès le matin, La Poste proposa des souvenirs philatéliques pour le passage de la flamme. Le bureau temporaire fut assailli toute la journée pour répondre aux attentes des collectionneurs mais pas que, chacun voulant mémoriser sa participation à cette journée pré olympique !
Le lendemain, la flamme est partie tôt, à 8h30, en direction de Besançon. Elle quitta le département à Châtenois-les-Forges.
La Vasque
La vasque comme la torche olympique fut une conception du designer Philippe Starck; il réalisa un lys de 8 mètres de haut avec un diamètre de 4,7 mètres en partie supérieur. Placée en bordure du Théâtre des cérémonies, elle pesait 1 tonne.
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Extrait carte postale Albertville La vasque (coll. privée)
Chaque autre site où se déroulait des épreuves, possédait chacun une vasque de la même forme, mais moins imposante avec 6 mètres de hauteur et 3,2 mètres de diamètre pour un poids de 500 kilogrammes.
La médaille olympique
Pour cette Jeux, la modernité fut transcrite jusque dans les médailles olympiques! Entièrement fabriquées à la main, elles furent réalisées en cristal et sertie du métal de la récompense (or, argent ou bronze).
La médaille olympique (coll. privée)
Ces pièces d’art furent réalisées par la société Lalique.
Sur l’avers, les anneaux olympiques sont comme posés sur la représentation d’une vallée formée par le cristal, en partie supérieur sur le métal est gravé en creux une branche d’olivier et en partie inférieur, le libellé de l’olympiade "Albertville 1992 XVIe Jeux Olympiques d'hiver" (en français et en anglais). Sur le revers, est représentée une montagne formée dans le cristal.
Médias
Identité visuelle
Pour identifier ces Jeux, le COJO (Comité d'organisation des Jeux Olympiques) décida de créer un emblème spécifique. Il fut réalisé par Bruno Quentin qui conçut un dessin composé d'une flamme olympique rouge sur fond blanc avec une croix blanche reprenant les couleurs de la Savoie.
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Extrait carte postale 1er logo des Jeux (coll. privée)
Il fut modifié en 1988, par Alain Doré de l'Agence Desgrippes & Associés, recevant en-dessous de la flamme, deux traits, rouge et bleu, rappelant le drapeau français.
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Carte postale Logo final des Jeux (coll. privée)
Retransmission des Jeux
La retransmission des Jeux s'effectua dans 82 pays; la diffusion fut obtenue par le groupe américain IMG de McCornack qui négocia avec chaînes de télévision les droits et les recettes.
L'hymne officiel
La musique officielle des Jeux fut créée par le compositeur de musique de films Philippe d'Aram, comprenant trois parties représentant les trois identités des Jeux vues par le COJO, la montagne, la jeunesse et le sport.
NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder à l'hymne de ces Jeux.
Elle fut interprétée par l'Orchestre de Paris où participa la chorale des enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine dirigée par le ténor et chef de chœur, Francis Bardot.
La mascotte des Jeux
Depuis les Jeux de Grenoble en 1968, une mascotte olympique est associée aux Jeux.
Pour Albertville, ce fut un lutin en forme d’étoile aux couleurs de la France, nommé "Magique", créé par le plasticien Philippe Mairesse, en 1989.
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Carte postale La mascotte "Magique" (coll. privée)
À l’origine, le projet fut un chamois de la Vanoise en pull blanc.
Pour la première fois, elle n’était pas un animal mais un personnage.
Timbres
La Poste partenaire officiel des Jeux émit plusieurs timbres; le premier, à partir du 9 février 1990.
Timbre France Albertville 1992 (coll. JM)
Il fut vendu à plus de 22 millions d'exemplaire.
10 autres timbres furent émis en 1990 et 1991, avec une surtaxe, représentant les différentes disciplines; un bloc feuillet regroupant les 10 timbres vint compléter la collection.
Bloc feuillet émis en 1992 par La Poste (coll. JM)
Un douzième timbre fut édité le 19 juin 1992 avec les légendes "Albertville" et "Barcelone", édition commune avec l'Espagne.
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Timbre France Albertville & Barcelone 1992 (coll. JM)
Produits dérivés
A l’occasion de cette Olympiade, tous les moyens de communications visuels furent utilisés d’où un nombre impressionnant d’objets de collections diffusés… en pleine période de pin's mania, ce thème fut utilisé à tire larigot…
Pièces de 100 francs émises pour les Jeux (coll. privée)
Des belfortains à Albertville...
A Albertville, deux patineuses belfortaines participèrent aux cérémonies d’ouverture et de clôture. Karine Bailly (17 ans) et Karine Holder (19 ans) représentant l’ASMB (Association Sportive Municipale Belfort), furent sélectionnées à Strasbourg. Pour les vacances de la Toussaint et de Noël, elles les passèrent à Albertville, pour les séances d’entraînement sous la direction de Philippe Decouflé.
Karine Bailly et Karine Holder (Photo Le Pays)
Un escadron (80 militaires) de la gendarmerie mobile de Belfort fut affecté à Méribel. Mai aussi, dix pompiers de la caserne de Belfort furent chargés de l’assistance médicale sur l’épreuve de curling à Pralognan-la-Vanoise.
Nouvelles épreuves
Lors de ces Jeux, 3 nouvelles disciplines furent incorporées; le biathlon féminin (3 épreuves), le patinage de vitesse sur piste courte (deux épreuves pour chaque sexe) et le ski acrobatique (le cross femme et homme). Les deux dernières disciplines furent sport de démonstration en 1988 à Calgary (Canada).
Carte postale Albertville Patinage de vitesse (coll. JM)
Au programme aussi, trois nouvelles disciplines en démonstration; le curling, les épreuves de sauts et de ballet en ski acrobatique.
Fin de la première partie
NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder à la 2e partie de cet article.
Épilogue
Pour ses troisièmes Jeux Olympiques, après ceux de Chamonix (1924) et Grenoble (1968), la France fit le nécessaire, via Albertville et la Savoie, pour accueillir les 64 nations, près de 1800 athlètes, 1 312 masculins et 488 féminines, les membres des staffs, les membres du CIO… pour qu’ils se déroulent le plus parfaitement possible en mettant à disposition, les infrastructures et équipements nécessaires pour que ces Jeux soient une nouvelle réussite.
Elle accueillit trois nouvelles disciplines; le biathlon féminin, le patinage de vitesse sur piste courte femme et homme et le ski acrobatique cross femme et homme.
JM
Liens pour accéder aux articles cités
L'hymne sur Youtube : Cliquer ici
Le passage de la flamme olympique dans le 90 : Cliquer ici
Sommaire des articles sur les Jeux Olympiques d'hiver : Cliquer ici
Jeux Olympiques d’Albertville 1992, 2e partie : Cliquer ici
Références : Wikipédia, Site du CIO, Site Esprit bleu (Site Olympique français), Site Sports-Référence, Journal Le Pays, divers sites Web…
Infos pratiques
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