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LE CARTOPHILION
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7 mars 2016

Ronchamp Notre-Dame du Haut, le chemin de croix de la Chapelle, de l’origine à la fin du 20e siècle (§1, 2e partie)

MAJ le 6 juillet 2025

 

Dans la première partie du 1er chapitre, on a découvert le lieu où fut construite la Chapelle Notre-Dame du Haut, dominant Ronchamp et qui aurait accueilli un site religieux romain.

 

Poursuivons cette visite historique, du moins, au travers de dates importantes de son histoire… avec cette deuxième partie du 1er chapitre.

L’ancien sanctuaire de la colline tel qu’il était avant 1844
(CPA modifiée JM)

 

Pour devenir l’édifice qui possède une renommée internationale, la chapelle de la colline de Bourlémont a su traverser l’histoire tumultueuse d’une quinzaine de siècles, tel un chemin de croix, portée par la foi de nombreux Hommes.

 

En voici son échéancier historique…

 

NA : En fin de texte, un lien permet d’accéder aux autres parties de l’article, via le Sommaire.

 

2e partie du 1er chapitre

 

6e siècle, naissance de la 1ère chapelle

 

Une chapelle dédiée à la Sainte Vierge aurait remplacé (le conditionnel est toujours de rigueur) les restes du temple romain, lors de l’évangélisation de la région par des moines.

Image de la statue de Saint Colomban, à Luxeuil (coll. JM)

 

En 587, ils s’installèrent à Annegray, aujourd’hui lieu-dit de la commune de La Voivre, proche de Faucogney et construisirent leur monastère. A leur tête, un moine irlandais dénommé Colomban. Trois ans plus tard, ils édifièrent un nouveau monastère à Luxeuil. Un troisième monastère fut fondé à Fontaine-les-Luxeuil

 

Concernant ce moine, il existe l’Association du Chemin de Saint-Colomban dont le but est de faire classer un itinéraire culturel européen partant de Bangor (Irlande du Nord, son lieu de naissance) à Bobio (Italie, son dernier monastère) en passant par Luxeuil (Haute-Saône, où il implanta 3 monastères).

 

NA : En fin de texte, un lien permet d'accéder au site Les Amis de Saint-Colomban.

 

Ce serait un de ses disciples, Saint-Desle qui aurait implanté la chapelle. Il est attesté qu’au 7ème siècle, des pèlerinages à la Vierge se déroulent en ce lieu. 

 

NA : J’ai lu aussi que la 1ère Chapelle aurait été construite dès le 4e siècle mais sans y apporter un argumentaire étayé d’où mon article tablant sur une origine potentielle dans le cours du 6e siècle.

 

1092, présence authentifiée de la première église

 

Beaucoup plus tard, en 1092, il est authentifié qu’une église catholique est présente sur le site, construite en ? A-t-elle été édifiée à partir des pierres restantes de la chapelle ?

 

Dans tous les cas, l’abbaye bénédictine Saint-Vincent de Besançon (église Notre-Dame), fondée en 1080 par l’archevêque Mgr Hugues II de Montfaucon, en reçoit la charge.

Carte postale Besançon Église Saint-Paul,
à droite tour et porte de l’ancienne Abbaye (coll. privée)

 

L’église est boudée par le seigneur du lieu, Thomas de Ronchamp, qui veut un édifice religieux en son château, car celle de la colline est pour lui trop éloignée et difficilement accessible, surtout en hiver.

 

Une 2e église au centre du village

 

Il obtint de l’archevêque Mgr Eudes de Rougemont, le droit d’en construire une en son enceinte, la chapelle Saint-Hubert fut édifiée dès 1269. Cet accord était toutefois conditionné à maintenir gîte et victuailles au curé Gérard, en charge du lieu du culte sur la colline.

Livre d'exposition Ronchamp avant Le Corbusier
(doc. Archives Départementales de la Haute-Saône, 2005)

 

Très certainement, l’église de la colline fut reconstruite en 1308, ou à minima, a subi une opération lourde de restauration. Une pierre portant cette date témoigne de ce fait probable. 

L’ancien sanctuaire de la colline tel qu’il était avant 1844
(CPA modifiée JM)

 

Elle fut scellée dans la pierre de fondation de la nouvelle chapelle, construite en 1954.

 

L’église du bas (suite)

 

Au fil des siècles suivant, l’église (du bas) est peu ou pas entretenue par l’archevêché, hormis par des paroissiens qui en assurèrent le minima. D’ailleurs, l’archevêque de Besançon, Mgr Antoine-Pierre II de Grammont, acta la décision d’en construire une nouvelle le 27 mai 1737, à la place de la chapelle Saint-Hubert, sur un terrain appartenant au maire, Antoine Lallemand.

Plan implantation nouvelle église en 1741
(Doc. Archives Départ. de Haute-Saône)

 

L’église construite à partir de 1741 sous l’ère de l’abbé Jean-Claude Perney, devint l’église paroissiale du village sous le nom de Notre-Dame de Septembre, au détriment de l’église de la colline qui fut déchue en simple chapelle dédiée au culte de la Vierge, rebaptisée Notre-Dame du Haut.

Carte postale Église Notre-Dame du Bas en 1910 (coll. JM)

 

En 1864, une nouvelle église néogothique au style Eugène Viollet-le-Duc, fut édifiée pour répondre à l’augmentation de la population liée au développement des houillères de Ronchamp. Elle est due à l’architecte Jean-Baptiste Colard.

 

L'église du Haut

 

De même, du côté de la colline, l’église n’est pas non plus dans un état mirobolant, mais elle est défendue par les habitants des communautés de La Selle, Le Rhien, Mourière et Recologne qui formaient la paroisse de Ronchamp, avec le village. Ils refusèrent l’ordonnance prononcée par l’archevêque en 1738, entraînant la disparition de l’église de la colline. Leur lutte fut récompensée par la conservation de ce lieu de culte même déclassé en simple chapelle. Des réparations furent effectuées et un gardiennage y fut assuré.

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut Pensée

Carte postale passe-partout Ronchamp (coll. privée)

 

Suite au rapport effectué le 23 octobre 1738, par Antoine Bounder, entrepreneur vésulien (ou luxovien ?), missionné par l’archevêque, on a une idée précise des dimensions de l’édifice. L’église possédait un clocher de base carré de 3,3 m de côté, haut de 5,60 m, qui précède le corps principal du bâtiment, lui, large de 8,80 m et haut de 5,10 m, composé d’une nef mesurant 12 m et un chœur de 7 mètres.

 

1797, la chapelle est en vente

 

La chapelle de Notre-Dame du Haut fut même vendue sous la révolution de 1789. Le ronchampois Jean-Jacques Marsault l’acheta le 28 janvier 1797, puis elle fut acquise l’année suivante par un négociant luxovien, Claude-François Bailly. Ce dernier voulait en tirer parti via la vente des pierres. Elle fut sauvée de la démolition, grâce au concours de quarante-cinq familles de Ronchamp regroupant 168 paroissiens, qui se cotisèrent pour l’acheter le 2 juin 1799, devant le notaire de Ronchamp, François Joseph Ballay, sous l’égide du curé du village, l’abbé Beauchet. De même, quelques réparations furent effectuées par les paroissiens.

Archevêque Césaire Mathieu, photo Pierre Petit (coll. privée)  

 

Peu après l’arrivée au diocèse de Besançon de l’archevêque Mgr Césaire Mathieu, en 1834, l’organisation du culte de la chapelle revint sous l’autorité religieuse, après en avoir été privée pendant une quarantaine d’années.

 

Le 22 avril 1839, l’archevêque nomma un vicaire en charge de la chapelle, sous l’autorité du curé de Ronchamp.

 

1844, la chapelle rénovée de l’abbé Vauchot

 

La chapelle qui a subit les outrages du temps et un entretien sommaire, va bénéficier enfin d’une rénovation bénéfique. De plus, à partir de 1844, adossée à elle, une nouvelle église de fort volume est construite sous la conduite et la volonté d’un homme, l’abbé Claude-Joseph Vauchot, né à Faucogney (commune distante d’une vingtaine de kilomètres). Dès 1843, il eut le soutien de l’archevêque de Besançon, Mgr Césaire Mathieu, pour la réalisation de ce projet nécessaire à la dévotion à la Vierge Marie.

Gravure 1847 Nouvelle Chapelle
(doc. Archives Départementales Haute-Saône)

 

Le nouveau sanctuaire dont les murs furent montés dès 1847, fut terminé en mai 1857. Forte de ses 20 mètres de long et large de 15 mètres, elle avait la forme d’une croix grecque (vue de haut), pourvue de cinq toitures coniques en zinc dont le dôme central culmine à plus de 30 mètres de haut et où trônait une vierge dorée.

 

Les quatre autres étaient pourvues d’une flèche surmontée d’un ange en fonte, plus précisément un séraphin. Mais le constructeur ne mit point de paratonnerre, pourquoi ? Cette volonté ou oubli aura des conséquences importantes que nous verrons plus tard.

Carte postale Ronchamp La chapelle, vue de la nouvelle partie
(coll. privée)

 

A noter qu’à l’intérieur, quatre grands vitraux représentaient

 

   - la Vierge Marie de Sainte-Marie-Majeure de Rome
   - Notre-Dame de Lorette
   - Notre-Dame de Fourvière
   - Notre-Dame des Ermites.

 

Ainsi que deux rosaces illustrant Marie dans son Assomption et la Vierge tenant l’enfant Jésus.

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut 1912 Vue latérale

Carte postale Ronchamp La chapelle, vue latérale coll. privée)

 

Initialement, les deux sanctuaires n’étaient pas réunis, c’est le curé de Ronchamp, l’abbé Jean-Baptiste Faivre qui proposa la jonction et ce fut l’architecte M. Jean-Baptiste Colard de Lure qui se chargea d’établir les plans nécessaires pour les travaux à effectuer. La conception sous forme d’entretoise s’inscrivit parfaitement et ne dénaturait en rien les deux ouvrages, bien au contraire, vue de l’intérieur, elle assurait une continuité sous forme de nef.

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut 1908 Dimanche

Carte postale Ronchamp, un dimanche (coll. privée)

 

L’abbé Vauchot mourut le 8 mai, avant que la première messe y soit donnée. Toutefois, lors de l’office du 8 septembre, dédiée à la Vierge, une oraison funèbre fut prononcée par l’abbé Jean-François Tarby, curé de Vaufrey (commune du Doubs, en limite de la frontière Suisse, au nord-est de Saint-Hyppolite).

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut 1910

Carte postale Ronchamp La chapelle (coll. privée)

 

La nouvelle chapelle fut inaugurée et bénite le 27 octobre 1859 devant une belle assemblée. Le discours de l’abbé Pierre-François Guiron, le curé de Lure, fut très apprécié par son propos sur ce lieu dédié à la Vierge.

 

1873, le pèlerinage du 8 septembre

 

Dès sa création, la chapelle de Bourlémont fut dédiée à la Vierge. Les pèlerins s’y rendaient régulièrement à l’occasion des Fêtes de la Vierge donc le 15 août, fête de l’Assomption et surtout le 8 septembre, fête de la Nativité.

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut 1900

Carte postale illustrée de la chapelle au début du 20e siècle,
avant 1913 (coll. privée)

 

L’ampleur des pèlerinages va induire l’organisation de foires très importantes. Une charte du Comte Othon IV de Bourgogne datée du 8 septembre 1271, octroya un sauf-conduit aux marchands pour se rendre sur les lieux du pèlerinage de la Nativité de la Vierge.

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut 1911 Vue chapelle R

Carte postale Ronchamp La chapelle, vue côté ancienne chapelle
(coll. privée)

 

Un des plus importants eut lieu le 8 septembre 1873, déplaçant plus de 30 000 pèlerins venant de Franche-Comté, mais aussi d’Alsace et de Lorraine, suite à l’annexion des deux provinces par les prussiens, pour se mettre sous la protection de la Vierge Marie.

 

Cette importante procession fut fortement colorée par la présence de très nombreuses bannières représentant des communes, des congrégations, des familles huppées….

 

Ce fut le prélat franc-comtois, né à Epeugey (commune au sud de Besançon), Mgr Theodore Legain, l’évêque de Montauban, qui officia pour la messe.

Image Mgr Theodore Legain (coll. privée)

 

Il suppléait à l'absence du Cardinal de Besançon, Mgr Césaire Mathieu, appelé à une cérémonie de couronnement à Sion.

Image Souvenir d’un pèlerinage (coll. CM)

 

Le discours fut prononcé par le vicaire général de Besançon, l’abbé Louis Besson.

Carte postale Ronchamp La chapelle,
l’autel principal dominé par la Vierge (coll. JM)

 

Carte postale Ronchamp La chapelle,
l’autel dressé pour les pèlerinages (coll. privée)

 

Pour mémoriser ce grandissime pèlerinage, une plaque commémorative fut gravée et placée au-dessus de l’entrée de l’ancienne chapelle.

 

CPA Ronchamp Notre-Dame du Haut Pélerinage C

Carte postale Ronchamp La chapelle (coll. privée)

 

Fin de la 2e partie du 1er chapitre

 

NA : En fin de l'article, un lien permet d'accéder au Sommaire dont aux parties suivantes de l'article.

 

Épilogue

 

Cette deuxième partie consacrée au début du chemin de croix de l’édifice religieux qui fut malmené, sur la période de 14 siècles, de l'an 585 à 1973.  Il était loin d’obtenir le repos, comme on pourra le découvrir dans la 3e partie !

 

La suite permettra de poursuivre cette visite historique, du moins, d’autres dates importantes de son histoire...

 

Remerciements à tous ceux qui m'ont apporté aides et donné des informations pour me permettre de rédiger cet article.

 

Lien pour accéder à l'article cité

 

Ronchamp Notre-Dame du Haut, le Sommaire : Cliquer ici

 

Site Les Amis de Saint-Colomban : Cliquer ici

 

Références : Voir le Sommaire

 

Infos pratiques  

 

Vous pouvez laisser des commentaires sur cette présentation via le lien "Commentaires" en fin de l'article après la liste des tags.

 

En cliquant sur une photo, vous pouvez l’agrandir.

 

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