MAJ le 6 novembre 2018

Dans le cadre de notre 37ème Salon Toutes collections, les Cartophiles & Collectionneurs du Territoire de Belfort ont proposé une exposition sur le Centenaire de la Première Guerre Mondiale et mis à l’honneur trois militaires ayant accompli un fait historique au cours de ce conflit.

Découvrons l’un d’eux, la Caporal Pierre Sellier

1914-18 ba sellier

Ses premiers pas

Pierre Sellier, né le 8 novembre 1892, rue Saint-Dizier, à Beaucourt commune du Territoire de Belfort, est le fils de François Sellier et Marie née Bairet. Dès l’âge de 7 ans, il est confronté à un drame, le décès de sa mère. Cette situation provoqua une instabilité préjudiciable pour son équilibre qui engendra une scolarité chaotique. Pierre fréquenta l’école avec peu d’assiduité ayant pour conséquence une non maîtrise des bases élémentaires du français le rendant quasi analphabète.

CPA Beaucourt Rue Saint-Dizier 2

Carte postale de la rue Saint-Dizier à Beaucourt

A l’âge de 12 ans, il entre aux établissements Japy grâce à son père, travaillant comme acideur. Il rejoint ainsi le monde du travail où il s’intègre mieux que sur les bancs de l’école

.CPA Beaucourt Usines Japy Sortie des ouvriers

Carte postale Usine Japy

Pierre Sellier sous les drapeaux

Le 6 août 1913, il est appelé pour effectuer son service militaire à Belfort au sein du 172ème régiment d’infanterie. Il est affecté au Fort des Fougerais. Les quartiers du  régiment étaient la caserne Béchaud, située à la Pépinière.

CPA Belfort Caserne Béchaud

 Carte postale de la caserne Béchaud, l’entrée

Comme, il sait jouer du clairon, il est affecté à la clique du régiment.

Caporal Sellier RM12 Déc 1968 p1 RR

Photo des tambours et clairons (Revue municipale n°12 décembre 1968), Pierre Sellier debout à l’extrême gauche

Quand la 1ère Guerre Mondiale éclate le 3 août 1914, il est toujours sous les drapeaux. Du fait de son courage pendant ce long conflit, il fut blessé (éclats de grenade à la jambe gauche) à plusieurs reprises; la première fois le 2 octobre 1914 au bois d’Ailly à Apremont la Foret (près de Commercy, dans la Meuse).

Retour dans le Territoire de Belfort en 1915 à Reppe, commune à l’est de Fontaine où son régiment est cantonné. C’est lors de cette affectation qu’il va rencontre sa future épouse.

CPA Reppe Entrée du village

Carte postale de l’entrée du village de Reppe

Le 3 février, il est nommé clairon suite à sa maitrise de tous les refrains du régiment. Le 5 décembre, il est nommé comme clairon au 2ème bataillon dans l’autre régiment de la division le 171ème R.I.

Après avoir été versé dans la réserve active, il est à nouveau blessé mais plus grièvement (éclats d’obus à la main gauche) le 28 septembre 1916 à Bouchavesnes (près de Péronne, dans la Somme). Après avoir été soigné et un peu de convalescence forcée, il rejoint le front le 27 novembre 1916. Ce retour en premières lignes lui vaudra d’être blessé deux nouvelles fois par un éclat d’obus, au genou le 2 mai 1917 aux Chemins-des-Dames dans l’Aisne et le 20 avril 1918 à Sauvillers dans la Somme d’où il refusa d’être évacué.

Figurine Café Mokarex Claison Armistice

 Figurine Café Mokarex "Clairon Armistice"

Il obtint le grade de Caporal le 5 mai 1918 et fut nommé Clairon du 1er Bataillon du régiment en replacement de Marcel Mouy fait prisonnier. Cette nouvelle affectation ne sera point anodine pour le Caporal Seillier…

Pour sa valeureuse conduite, il est cité à l’Ordre du régiment le 25 octobre 1917 et à l’Ordre de la 166ème D. I. (Division d’Infanterie) le 24 août 1918.

7 novembre 1918, une journée mémorable

Le 7 novembre 1918, le 171ème RI tient le front devant La Capelle (commune de l’Aisne, située à l’est de Saint-Quentin et au nord du département) qui a été libérée tout récemment par les troupes du Général Débeney.

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Carte postale de La Capelle

Dans ce secteur, face à une division allemande installée à Rocquigny, les forces françaises étaient composées de la 166ème D.I., du 19ème B.C.P., du 171ème R.I. et le 26ème B.C.P. en réserve.

Toujours dans ce régiment, au sein du 1er bataillon de la 3ème compagnie sous les ordres du Capitaine Marius Lhuillier (1), le caporal Pierre Sellier ne sait pas qu’il va vivre, la veille de son anniversaire, une journée particulière à cet avant-poste situé proche du hameau d’Haudroy sur la commune La Flamengrie.

CPA La Flamengrie La mairie et l'école

Carte postale de La Flamengrie, la mairie et l’école

Tôt le matin, le capitaine a été informé qu’une délégation allemande venant de Fourmies va se présenter à leur endroit dans l’après-midi. Ces plénipotentiaires étaient chargés par le Haut Commandement allemand de négocier un armistice.

Plan Haudroy 1

 Plan Haudroy 2

 Cartes géographiques permettant de situer les lieux (Réalisées par BF)

Au milieu de l’après-midi à 15h30, trois cavaliers allemands sous le commandement du Lieutenant de chasseurs à cheval Von Jacobi se présentent au poste français du hameau d’Haudroy (cote 232). Ils sont accueillis par un belfortain, le Lieutenant Hengy (2) du 171ème R.I. L’estafette vient annoncer que les plénipotentiaires allemands se présenteront dans la soirée, mais au regard de l’état des routes, l’heure précise ne peut point être avancée car les véhicules sont confrontés à de nombreux arrêts. Le message est transmis à l’état major via le Capitaine Lhuillier qui donne l’ordre au lieutenant allemand d’attendre l’arrivée de la délégation au poste. L’un des cavaliers est chargé d’informer les autorités allemandes que la mission avait été exécutée. Le capitaine rejoignit le poste en soirée accompagné du caporal Sellier.

Ce n’est qu’à 20 heures 20, que la délégation de trois Mercédès arriva emmenée par le ministre Mathias Erzberg. Sur la première était fixé un drapeau blanc (3) et sur son marchepied, le trompette Arthur Zobrowski sonnant l’appel ‘’Aux officiers’’.

Dessin Arrivée délégation allemande

L’arrivée des parlementaires Dessin de Georges Scott (L’Illustration des 16-23 novembre 1918)

Le capitaine Lhuillier ordonne au caporal Sellier de prendre la place du trompette allemand et de sonner le ‘’Cessez le feu’’ durant le trajet pour rejoindre le lieu de rendez-vous.

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La partition pour la sonnerie

Il fut le premier clairon français à avoir sonné le ‘’cessez le feu’’, sur le front occidental.

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Carte postale du Caporal Sellier avec son Clairon

NA : A noter que le caporal a aussi sonné plusieurs refrains militaires pendant le cours trajet effectué; ceux des régiments de la Division, c’est-à-dire des 19e BCP, 26e BCP et 171e RI.  

Ouvrant la route avec sa voiture, l’officier conduisit la délégation à la villa Pasques à La Capelle où les attendaient les autorités militaires françaises dont les commandants de Bourbon-Busset et Ducornez. Ils sont chargés d’accompagner les plénipotentiaires allemands jusqu’à Rethondes où les attend le Maréchal Foch.

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Carte postale de La Capelle, villa Pasques

La délégation était composée du Général Detlof von Winterfeld parlant très bien le français, du Ministre Mathias Erzberger, président de la mission, de l’ambassadeur le comte Alfred Graf von Oberndorff, du capitaine de vaisseau Vanselow, des capitaines Hermann von Geyer et Von Helldorf de l'Etat-major et deux civils, des experts financiers.

Photo General-Von-Winterfeld R Photo Mathias Erzberger Photo Comte Alfred von Oberndorff

Photos du Général Von Winterfeld, du ministre Mathias Erzberger et du Comte Von Oberndorff

NA : Si vous voulez écouter un document extrait de : "Une page d'histoire L'Armistice de la Grande Guerre " suivi de la sonnerie  "Cessez le Feu" par le Caporal Pierre Sellier, clairon de l'armistice : Cliquer ici

Le texte de M. Georges Scapini (1893-1976) Député de Paris et Président de l'Association des Aveugles de Guerre, est dit par M. René Alexandre (1885-1946) sociétaire de la Comédie Française.

Photo Georges Scapini BNF R      CPA René Alexandre

Georges Scapini (photo BNF) et carte postale de René Alexandre

Le ‘’cessez le feu’’ ne fut que temporaire car il prit fin dès le 8 novembre à 0 heure. De nombreuses victimes vinrent allonger la longue liste des morts dans ce conflit de la Première Guerre Mondiale ! 

11 novembre 1918, l’Armistice

L’armistice (4) fut signé le 11 novembre 1918 à 5 heures.

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Carte postale de la signature de l’armistice

Le Grand Quartier Général allemand avait prit contact avec l’état major français, le 5 novembre, pour un éventuel armistice.

Le 11 novembre, ce fut Octave Delaluque (1889-1931) né à Intréville (Eure-et-Loir), soldat au 141e Régiment d’infanterie qui sonna au clairon l’Armistice sur le front, à 11 heures à Vrigne-Meuse, commune des Ardennes au nord ouest de Sedan ! L’ordre lui avait été donné par le capitaine Lebreton.

La citation Clairon de l'Armistice

Le 11 mars 1919 (ou 5 février), il obtint sa troisième citation (n°873) à l’ordre du régiment comme Clairon de l’Armistice; elle fut signée par le lieutenant-colonel René Mangematin, commandant le 171ème régiment d’infanterie sous ce libellé :

« Pierre Sellier, caporal clairon du 1er bataillon, excellent gradé, brave et énergique, chargé lors des récentes offensives de ravitailler en munitions les unités de son bataillon, a accompli sa mission d’une façon parfaite, même dans les moments les plus difficiles, sous les tirs de l’artillerie et des mitrailleuses ennemies ».

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Carte postale du Clairon de l'Armistice

Après la guerre...

Pierre Sellier fut démobilisé le 28 août 1919 tout en conservant son clairon et rejoint sa ville de Beaucourt. Il s’était marié le 30 mars avec la fille du maire de Reppe, Joséphine Mouhay qu’il avait rencontré lors de son cantonnement dans ce village en 1915.

NA : Lors de ce conflit, deux de ses beaux-frères furent tués et l'un de ses frères fut grièvement blessé.

Il retourna travailler chez Japy puis chez Peugeot à Sochaux.

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Carte postale de l’usine Peugeot

Il fut sollicité pour participer à de nombreuses manifestations dont une tournée de conférences aux Etats-Unis. Il refusa de se prêter à toutes ses sollicitations. Par contre, il sonna du clairon à plusieurs reprises et dans plusieurs lieux pour les commémorations du 11 novembre dont Haudroy, haut lieu symbolique, dès 1912.

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Clairon de l’armistice du 11 novembre 1918 (Collection Musée de l'Armée)

Pour son courage, il fut médaillé à plusieurs reprise; titulaire de la Croix de guerre avec une étoile d’argent et deux étoiles de bronze, de la médaille militaire le 16 juin 1920 et de la médaille Interalliée (dite de la Victoire) le 17 octobre 1921 avec la citation :

‘’Agent de liaison, modèle de courage et de sang-froid au combat, a toujours eu la plus belle conduite au feu. A été blessé quatre fois à son poste’’.

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De Gauche à droite : Légion d'honneur 3ème république, Médaille Militaire 3ème république, Croix de guerre 14-18 et Médaille Interalliée

Le décret du 13 janvier 1926 lui confère la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur mais sans traitement (étant militaire). Il la reçoit des mains du Général Débeney dans la cour d’honneur des Invalides à Paris, le 18 février. Le capitaine Marius Lhuillier était aussi présent pour cette cérémonie.

*Général Débeney eut la charge de recevoir, le 7 novembre, les ministres plénipotentiaires allemands venus négocier l'armistice.

le-caporal-sellier-dans-la-cour-des-invalides-lors-d-une-ceremonie-commemorative-du-11-novembre        CPA Général Marie-Eugène Debeney

Photo de Pierre Sellier et carte postale du Général Debeney

Ce même jour, malgré de nombreuses offres pour l’achat de son célèbre clairon, il l’offrit au Musée des Invalides. C’est avec une grande fierté qu’il le remit au gouverneur de l’Hôtel des Invalides, le général Augustin Mariaux.

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 La remise du clairon par Sellier le 18 février 1926 (photo Le Pèlerin)

La maison PGM Couesnon de Paris lui offrit une copie de son clairon. Qu’est-il devenu ? Il lui permit de participer à différentes cérémonies patriotiques commémoratives, inaugurations de monuments…

Seconde Guerre Mondiale

Le 24 août 1939, il fut à nouveau mobilisé au 7ème BOA (Bataillon d'Ouvriers d'Artillerie), à la 3ème compagnie des munitions, aux Casernes Friederichs à Belfort pour participer à la défense du pays entré dans un nouveau conflit armé, la Seconde Guerre Mondiale. Il fut nommé maréchal-des-logis le 23 mars 1940 et fut démobilisé le 11 mai 1940.

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Carte postale des casernes Friederichs

Mais à la fin août 1944, il rejoignit le maquis du Lomont puis il s’engagea au 3e RTA (Régiment des Tirailleurs Algériens) le 28 décembre lors de l’arrivée de l’armée de Lattre de Tassigny. Il participe à la campagne ‘’Rhin et Danube’’ dont la libération de Montbéliard. Il fut nommé adjudant le 1er juillet 1945 et démobilisé le 1er août, titulaire de nombreuses décorations et citations.

Le clairon s'éteint

Le lundi 16 mai1949, Pierre Sellier décède à Beaucourt âgé seulement de 57 ans suite à une congestion pulmonaire.

Les obsèques solennelles se déroulèrent en l’église Saint-François-de-Salle en présence des hautes autorités civiles et militaires du département et de la région, de la musique du 35ème R.I., des drapeaux des anciens combattants… et du lieutenant Edouard Hengy présent à Haudroy le 7 novembre 1918.

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Carte postale Eglise de Beaucourt

Il fut inhumé au cimetière de la commune.

A la demande de l’épouse, le 25 septembre 1964, il fut ré inhumé au cimetière de Reppe. Son épouse le rejoindra le 22 mars 1965.

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Carte postale du village de Reppe

Monument d’Haudroy

Un monument en granit des Vosges sera élevé à l’endroit, route départemental 285, où les plénipotentiaires allemands furent accueillis par le capitaine Lhuillier.

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Carte postale du monument en cours de finition

Il fut inauguré le 5 novembre 1925 sous la présidence du Général Debeney avec la participation du Caporal Pierre Sellier.

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Inauguration du monument (L’Illustration du 14 novembre 1925)

Depuis cette date jusqu’à sa mort en 1949, le clairon Sellier sonnera sur place à plusieurs reprises le ‘’cessez-le-feu’’ en commémoration.

Sur le monument est inscrit cette simple phrase ‘’1918 7 novembre 20 heures 20 Ici triompha la ténacité du poilu’’.

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Carte postale Cérémonie du 11 novembre 1925 avec Pierre Sellier

Comme pour le monument du caporal Peugeot à Joncherey, les allemands dynamitent aussi ce monument, le 14 août 1940.

NA : En fin d'article, un lien permet d'accéder à l’article sur le caporal Peugeot.

Le monument fut reconstruit avec le concours de l’architecte Louis Rey, en utilisant pour pierre centrale, un bloc issu du chantier Ravena Brücke où était construit le viaduc ferroviaire (36 m de haut et 224 m de long) de Ravenne en Forêt Noire (Allemagne). Il avait été rapporté par Ernest Gernez.

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Carte postale du monument reconstruit

Le monument fut inauguré le 14 novembre 1948 en présence de M. Pierre Schneiter secrétaire d’état et le Colonel G. Hestre président du comité.

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Plaque commémorative apposée sur le monument avec ce texte :

’C’est ici que les parlementaires allemands se sont présentés aux avant-postes de la Première Armée Française 1er bataillon du 171ème régiment d’infanterie ; le 7 novembre 1918 à 20 heures 20 pour démarrer l’Armistice’’.

Stèle Pierre Sellier à Haudroy

Une stèle en l’honneur du Caporal Pierre Sellier, le clairon de l’armistice, fut implanté près du monument symbolisant la ténacité du poilu. Elle fut financée par l’association départementale Rhin & Danube de l’Aisne.

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                                      Photo Haudroy Stèle Plaque Sellier

L’inauguration, le 5 novembre 2006 sous la présidence conjointe du Général Malézieux-Dehon et le président de l’association.

Document philatélique 60ème anniversaire Armistice LA Flamengrie 1978 R

Extrait document philatélique du 11 novembre 1978 cachet La Flamengrie

En 2008, la municipalité de La Capelle donne le nom de Pierre Sellier à son collège en hommage au Caporal.

Beaucourt rend hommage à Pierre Sellier

En 1956, la municipalité décida de nommer ‘’Rue Pierre Sellier’’ la rue de la gare, rue en prolongement de la rue Frédéric Japy en direction de Dasle, rendant ainsi  un premier hommage mérité à l’enfant de la Cité des Grammont. Elle fut inaugurée le 10 juin 1956.

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Plaque de la rue à Beaucourt (photo Francis Courtot)

A Belfort, la municipalité a elle aussi donnée le nom d’une rue à ce lion au quartier des Perches en 1958.

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Plaque de la rue à Belfort (photo JM)

Il a même été envisagé en 1963, à l’initiative de l’Union Départementale des Médaillés militaires du Territoire de Belfort, de lancer une souscription publique pour ériger un monument à la mémoire du Caporal. Si le lieu était choisi, au carrefour de la rue Pierre Beucler avec la rue de l’église, le projet ne fut pas mené à terme.

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Stèle en 1970 (Photo ER)

Ce ne fut que partie remise car en 1970, une stèle en grès rouge de Finlande, fut érigée au carrefour de la rue Pierre Sellier avec la rue de Vandoncourt.

Ce fut sous l’égide de l’Amicale des Sociétés Patriotiques de la Cité du Grammont et de la municipalité que le projet abouti.

Elle fut inaugurée le 11 novembre 1988 en présence du corps constitué dont le 35ème RI de Belfort et des sociétés de musique de Beaucourt, Badevel et Fêche-l’Eglise.

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Inauguration (Photo Revue municipale Beaucourt)

Au même moment dans le cimetière de Reppe où le Caporal fut enterré, un hommage lui fut aussi rendu à l’initiative de la mairie en présence d’un détachement du 35ème RI et de la musique de Montreux-Château.

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 Hommage à Reppe (Photo Le Pays)

Pour le 80e anniversaire de l’armistice, le club philatéliste de Beaucourt, édita une enveloppe portant l’effigie de Pierre Sellier avec le cachet à date du 11 novembre 1998.

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Enveloppe philatélique 1er Jour

Suite au réaménagement du carrefour de la rue Vandoncourt rue Japy, la stèle fut déplacée en 2009 de ce carrefour vers la place Salengro réaménagée.

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 La stèle réimplantée

En septembre 2018, à l’initiative de Francis Courtot, conseiller municipal délégué, une fresque a été réalisée sur le grand mur (24 mètres) situé en haut de la rue du 18 Novembre. Elle met à l'honneur deux enfants de Beaucourt, Pierre Sellier et André Japy (1904-1974), un pionnier de l'aviation.

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Partie de la fresque représentant le Czaporal Sellier (photo Frédéric Plain ER)

Elle est l'oeuvre de deux grapheurs alsaciens associés pour cette circonstance.

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La fresque complète (photo Frédéric Plain ER)

Il s’agit de Romain, alias Myse de la société ‘’Myse en couleur’’ de Strasbourg et de David alias Brako de ‘’Brako graffiti’’ de Mulhouse.

Monument de Beauwelz (Belgique)

A Beauwelz en Belgique, un monument aux morts rend hommage à 3 militaires dont le Caporal Sellier. Ce village fait partie de la ‘’fusion de communes de Momignies créée en 1977 dans la province de Hainaut. Ce regroupement de communes est situé à la frontière de la France et à la particularité, d’être frontalier avec trois de nos départements, le Nord, l’Aisne et les Ardennes, où il forme une enclave en France.

Beauwelz est très proche de la commune de Fourmies (voir la carte géographique en début de cet article) où a eu lieu la réception des plénipotentiaires allemands le 7 novembre 1914.

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Carte postale de Beauwelz

Le monument est constitué d’une pierre issue de la carrière de la commune de Wallers-Trélon rebaptisée en 2007, Wallers-en-Fagne; située dans le département du Nord, elle est proche de la frontière et au nord de Beauwelz.

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 Photo de la stèle à Beauwelz

Le monument fut implanté au centre du village, sur la place de la Fortelle en 1998.

Il rend hommage au Caporal Sellier qui a sonné l’armistice le 11 novembre 1918 à 11 heures sur cette même place.

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Le monument a été inauguré le 9 novembre 1998, en présence des corps constitués civils et militaires, belges et français.

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Il commémore aussi les libérations du village, celle du 9 novembre 1918 par les Cadets de Gascogne et celle du 2 septembre 1944 à 16 heures par le 39ème régiment d’Infanterie AAAO.

Epilogue 2014

Ainsi ce terminent les articles sur les trois militaires (Caporal Peugeot, Sous-lieutenant Pégoud et le Caporal Sellier), terrifortains de naissance ou de cœur, qui ont marqué l’histoire pendant le conflit de la Première Guerre Mondiale.

Epilogue 2018

En ce mois du centième anniversaire de l’Armistice, j'ai repris cet article de 2014 à la mémoire du Clairon de l'Armistice, Pierre Sellier. Je l'ai complété d'informations anciennes et récentes, voir toute récentes ainsi que l'apport de nouveaux visuels. J'aurai pu apporter beaucoup d'autres compléments, ce n'est pas la matière qui manque... mais ce n'est qu'un article pour un blog non pas destiné à une brochure et encore moins à un livre ! Je laisse à d'autres ce type de démarche comme le prouve, en ce tout début du mois de novembre 2018... l'édition d'un livre qui lui est consacré, intitulé ‘’Pierre Sellier le clairon de l’armistice’’.

Livre Pierre Sellier Le clairon de l'armistice R

Ce livre est écrit par Damien Charlier et Eva Renucci.

JM

Liens pour accéder aux articles cités

Article sur le Caporal Peugeot : Cliquer ici 

Article sur le Sous-lieutenant Pégoud : Cliquer ici

Références presse : Journaux Le Pays et l’Est Républicain, Revues municipales de Belfort et de Beaucourt, Revue Horizon de la Chambre de Commerce de Belfort, Documents Médiathèque de Beaucourt, L'Illustration, Le Pélerin...

Références Web : Wikipédia, Site Verdun-Meuse, Forum Pages 14-18, Base Léonore (Légion d’Honneur), Divers autres sites Web…

Mes remerciements à : M. Michel Bourgeois (Beauweltz, Belgique), Mme Feltz (Médiathèque de Beaucourt), M. Francis Courtot (mairie de Beaucourt), M. Frédéric Plain (journaliste de L'Est Républicain)

Infos pratiques  

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Appendice

(1) Marius Lhuillier : Né à Dijon le 29 avril 1887. Après avoir effectué l’école de Saint-Cyr où il en sort en 1910, il incorpore le 19ème bataillon de chasseur à pied à Verdun. Il est promu Capitaine le 4 avril 1916. Après avoir assuré des fonctions d’adjudant major en juin 1918, il prend le commandement du 1er bataillon du 171ème RI.

Capitaine Marius Lhuillier (Colonel)

 

Poursuivant sa carrière militaire à divers postes, il fut promu lieutenant-colonel le 25 décembre 1933 puis le grade de colonel le 15 décembre 1937. Il quitta l’armée le 15 octobre 1945.  

Titulaire de 4 citations, le 25 septembre 1918 il fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur puis promu Officier le 20 décembre 1935. Il obtint aussi la Croix de guerre belge et fut fait Chevalier de l’Etoile de Roumanie

 

Il décède le 28 février 1969 à Neuilly.

(2Lieutenant Edouard Hengy : Né à Belfort le 29 octobre 1888, rue des Bons-Enfants où son père tenait boutique de cordonnier. Il fit son service militaire de 1909 à 1911, il en sortit avec le grade de sergent. Il se maria le 23 décembre 1911 à Marguerite Pécheur et eut sept enfants.

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Il fut mobilisé en 1914 et intégré au 171ème RI. Avec son régiment, il participa à la prise de Dornach en début d’août 1914 et fut confronté aux terribles guerres de tranchées dont Verdun, Chemin des Dames…).

(Photo Revue Horizon Belfort 1981)

Il obtint le grade de lieutenant pour ses qualités de combattant et de meneur d’hommes, et obtint la Croix de Guerre et du Combattant ainsi que les médailles Interalliée et de Verdun. Il fut nommé Chevalier de la Légion d’Honneur le 16 mars 1921.

En 1918, adjoint au Capitaine Lhuillier à la 3ème compagnie du 171ème RI, il accueillit l’estafette annonçant l’arrivée des plénipotentiaires allemands le 7 novembre du hameau d’Haudroy.

Démobilisé en mars 1919, il fut le maire de Valdoie jusqu’en 1925. De 1926 à 1956, il travailla comme comptable à la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique) qui devint Alsthom en 1928.

Lieutenant Hengy Horizon n°119 de 1981 p36 Médaille

 

 

 

Le 5 février 1925, le Général Baston de la 14ème division et commandant de la place de Belfort remet au Lieutenant Edouard Hengy sa Légion d'honneur, la cérémonie se déroulant devant la Préfecture Place de la République

 

 

En 1939, il rejoint le 171éme R.I.F. (Régiment d’Infanterie de Forteresse) en charge de protéger les ponts et le viaduc de Dannemarie.

Après avoir quitté Alsthom, il tint une brasserie au 53 rue Carnot (entrée de Valdoie) et vint habiter à Belfort.

Il décéda le 17 octobre 1961 et fut enterré au cimetière de Brasse;

(3) Drapeau blanc : Il aurait été fabriqué à partir d’une hampe d’un drapeau suisse et d’un drap de lit pris dans l’appartement de la famille Keller-Bachelart habitant à Fourmis (Nord) au 14 rue des Carniaux. La ville occupée par les allemands dès le début de la guerre, des officiers avaient réquisitionné l’appartement. Monsieur Henri Keller, d’origine suisse, avait été rappelé dans son pays par les autorités pour participer aux entrainements militaires et, avait laissé son drapeau dans son appartement.

Si vous souhaitez plus de détails : Cliquer ici (Drapeau blanc)

(4) Armistice : C’est à bord d’un wagon-restaurant arrêté dans la clairière de Rethondes dans la forêt de Compiègne que fut signé l’armistice le 11 novembre 1918 à 5h15 avec un cessez le feu effectif à 11 heures. La délégation allemande est arrivée le 8 novembre en ces lieux. Du côté des alliés, c’est le maréchal Foch qui mène les négociations voir plutôt qui dicte les conditions imposées aux plénipotentiaires allemands.

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Carte postale de la signature de l’armistice

A gauche la délégation des Alliés composée du chef d’état-major le Général Maxime Weygand, du Maréchal Foch, de l’Amiral anglais Sir Rosslyn Wemys, de l’amiral George Hope et du capitaine Laperche (secrétaire interprète).

A droite les plénipotentiaires allemands comprenant le capitaine de vaisseau Vanselow, le général Major Von Winterfeld (avec le casque), le ministre Mathias Erzberger, le Comte Von Oberndorff et le Capitaine de Cavalerie Von Helldorf (secrétaire interprète)

NB : Sur la photo, manquerait l’interprète anglais le Commander Bagot.

L’armistice fut signé pour une durée de 36 jours, il sera reconduit par trois fois, à nouveau le 12 décembre 1918, puis le 16 janvier 1919 et enfin le 16 février pour une durée illimitée.

Timbre Sellier 11-novembre

 

Timbre émis en 2008 pour le 90ème anniversaire de l’armistice avec le rappel du cessez le feu

 

 

Enfin, le traité de paix fut signé le 28 juin 1919 dans le palais des glaces de Versailles.

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