NR : Une grande nouvelle, nous avons un sociétaire de notre association des Cartophiles & Collectionneurs du Territoire de Belfort qui a décidé de vous proposer une série d’articles sur les médailles du département. Jocelyn va nous faire partager une de ses passions.

La première médaille de Belfort

De tous temps on a gravé, dans le bois, dans la pierre, dans le métal, des faits, des événements, des personnages afin d’immortaliser une action, un instant...

Belfort n’échappe pas à cette règle.

On peut retracer l’histoire de cette ville par la frappe de ses médailles. Voici l’histoire de la première médaille de BELFORT.

Elle fut frappée pour commémorer la prise de Belfort en 1654 par le Maréchal de la Ferté (1), pour le compte du roi Louis XIV aux dépens du Comte de la Suze (2) rallié au Prince de Condé (3).

Tableau Le Maréchal de La Ferté Belfort 1654

Peinture de Lucien Melingue en 1881 représentant Le Maréchal de La Ferté (à cheval) s'emparant de Belfort, défendu par le comte de La Suze (rendant son épée), restituant ainsi cette ville au royaume de France en 1654. Le tableau est exposé dans la Salle d'honneur de l'Hôtel de ville de Belfort. 

Ma première rencontre avec cette médaille ce fut dans le livre ‘’Histoire de Belfort des origines à nos jours’’ des historiens Yvette Baradel, Georges Bischoff, André Larger, Yves Pagnot et Michel Rilliot, édité en 1985.

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Au chapitre V en page 123, on y voit cette médaille avec pour légende Médaille frappée à l’occasion de la prise de Belfort en 1654.

 

Son avers représente Louis XIV enfant et le texte  ‘’LUDOVICUS XIIII REX CHRISTIANISS’’ (traduction : Louis XIV Roi des Chrétiens).

 

Couverture du livre ’’Histoire de Belfort des origines à nos jours’’

 

 

Son revers représente les armoiries de l’Alsace et de la Lorraine foulant de leurs pieds le blason de Belfort avec pour légende  ‘’ALSATIAE ET. LOTHARINGIAE SECURITAS’’ et en bas ‘’BEFFORTIUM CAPTUM XXIII FEBRUARII MDCLIV’’ (traduction : L’Alsace et la Lorraine en sécurité dans le Royaume de France, Belfort capturé le 23 février 1654).

Son graveur étant I. MAUGER.F (4)

2 Médaille page 123 livre ’’Histoire de Belfort des origines à nos jours’’

Médaille présentée dans le livre ’’Histoire de Belfort des origines à nos jours’’

Pour moi, comme pour l’auteur, cette médaille est la toute première frappée de la ville de Belfort. Elle commémore la prise de la ville pour le compte de Louis XIV dit le Grand en 1654. Tout collectionneur dont la thématique est les médailles de Belfort se doit de la posséder.

Ma seconde rencontre ce fut dans le magazine ‘’Vivre le Territoire’’ de janvier-février 2002 dans un article intitulé ‘’Des monnaies gauloise à l’euro’’, où l’on voit l’avers et le revers de cette médaille avec pour légende ‘’Si la France n’a jamais installé d’atelier monétaire à Belfort, en revanche une médaille a été frappée sous Louis XIV en 1654 pour commémorer la prise de Belfort’’. L’article traitant uniquement de monnaies, l’auteur par la présentation de cette médaille a voulu sans doute établir le parallèle entre la frappe de monnaie avec la frappe de médaille !

Le revers est conforme à la description de la médaille présentée dans le livre de 1985 mais l’avers est différent. La tête du roi enfant est plus petite, mais en regardant de plus près on remarque que ce n’est pas une médaille mais une gravure de cette médaille, donc variante de l’avers entre gravure et frappe de la médaille. Le nom du graveur est absent.

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Gravure de la médaille présentée dans la revue ‘’Vivre le Territoire’’

Quelques années plus tard, j’ai la chance d’entrer en possession de cette médaille. Quelle est ma surprise ! C’est bien la même que dans l’ouvrage.

Médaille Belfort 1654 Détail Bronze R

 

Mais elle possède un poinçon sur la tranche, la corne d’abondance marquée ‘’bronze’’ (5). 

 

Problème ! Comment une médaille frappée au 17ème siècle peut posséder un poinçon corne d’abondance apparu que le 1er janvier 1880 pour garantir une qualité.

4 Médaille 1654 possédée par JC

 

Donc cette médaille en ma possession est obligatoirement une refrappe postérieure à cette date et surement effectuée dans les années 1970. Le bronze de la pièce semble être un bronze florentin (un alliage de bronze).

Ma conclusion, la médaille présentée dans l’ouvrage n’est pas la bonne ! Retour à l’ouvrage pour confirmation, pas d’indication sur la nature de métal, bronze, cuivre, argent, pas plus de précision sur la présence d’un poinçon ni son diamètre et poids, bref point mort, affaire à suivre.

 

Médaille refrappée en 1975 (environ) en bronze

Caractéristiques : un diamètre de 41,2 mm, un poids de 31 gr et une épaisseur de 3 mm

Comment retrouver la véritable médaille, un travail de rat de bibliothèque s’impose, mais par où commencer ? Une piste : chercher dans les événements du règne de Louis XIV. Alors je me pose cette question, qui a bien pu décrire ou voir cette médaille sur  le plan local ?

Je décide de me rendre au musée du château. Effectivement on peut voir cette médaille et une très belle gravure la représentant; cette dernière a sans doute servi pour le magazine Vivre Le Territoire. Mais malheureusement la médaille est sous vitrine et posée sur son revers.

On remarque une différence entre les deux, la tête du roi sur la gravure est petite et plus grosse sur la médaille.

 Médaille Avers Revue ‘’Vivre le Territoire’’ janvier-février 2002 4 Médaille Avers 1654 possédée par JC

On peut voir cette différence entre la gravure (à gauche) et la médaille (à droite)

Je demande l’ouverture de la vitrine à la personne présente.

Sa réponse : Mon bon Monsieur ça ne se passe pas comme cela ! Il faut effectuer une demande officielle au conservateur du musée; désolé mais ce jour, il est absent !

Je réponds : Pouvez-vous, SVP, uniquement la retourner ?

Sa réponse : Non, je n’ai pas le droit d’y toucher !

Fin de la visite.

Aujourd’hui la vitrine n’est plus là, peut-être que montrer la première médaille commémorant la prise de Belfort en 1654 n’a plus sa place dans ce musée ! Quand-Même ! (6)

Dans le Bulletin n°18  de la  Société d’Emulation  Belfortaine de 1899, Mr Henri Bardy (7)  dans son ‘’Etude Historique sur Belfort’’ en pages 110 et 111, décrit cette médaille.

Son avers représente la tête du roi enfant avec la légende ‘’LUDIVICUS XIV, REX, CHRISTIANISSIMUS’’ (traduction : Louis XIV, roi des chrétiens).

Son revers avec la légende ‘’ALSATIAE ET LOTHARINGIAE SECURITAS, BEFFORTIUM CAPTUM, XXII  FEBRUARII  MDCLIV’ (traduction : L’Alsace et la Lorraine en sécurité dans le Royaume de France, Belfort capturé le 23 février 1654).

La même légende que dans l’ouvrage de 1985 mais sans la photo de la médaille.

NA : Un point nouveau en aparté des pages que je vous laisse découvrir et lire. Il est déterminant pour la suite de l’enquète.

1a Page extraite Bulletin n°18 de la Société d’émulation

Page 110 extraite du Bulletin n°18 de la Société d’Emulation

     1b Page extraite Bulletin n°18 de la Société d’émulationPage 111 extraite du Bulletin n°18 de la Société d’Emulation

En bref, l’auteur reconnaît l’existence d’une autre médaille décrit dans de vieux ouvrages qu’il est difficile à trouver et hors de prix pour un collectionneur. Il reconnaît également qu’il n’a jamais eu entre les mains cette médaille avec un revers différent avec la légende ‘’ALSATIAE ET LOTHARINGIAE QUIES en contour et en bas BEFFORTIUM CAPTUM MDCLIV’’ (traduction : Alsace et Lorraine dans la quiètude, Belfort capturé en 1654) sans la date du 23 février !

Résumons, sur cette dernière version, le terme QUIES remplace SECURITAS, l'absence de la date du 23 février, en fond absence de la tour mais une ligne de montagnes et les allégories Alsace et Lorraine ne foulant plus le blason de Belfort.

On apprend également que Monsieur le Baron Frédéric Seillière (12), ami vosgien de Henri Bardy, se rendit à l’Hôtel de la Monnaie à Paris, et constata qu’il y avait dans la série des coins que l’on y conserve, deux revers de la médaille de Belfort, l’un avec le mot QUIES et l’autre avec le mot SECURITAS. Seul ce dernier est mentionné dans le livre des médailles françaises de 1892 ! Les coins sont conservés au Musée Monétaire sous le numéro 23.

Mais quelle est la bonne version ? Le texte ne donne pas d’information, ni sur son métal ni sur sa date réelle de frappe. Personne n’a pu toucher cette médaille !

Mais maintenant, je peux contrôler dans l’ouvrage mythique ‘’Essai sur l’histoire littéraire de Belfort et du voisinage’’ (Edition Clerc Belfort)  , le premier livre édité en 1808 sur l’histoire de Belfort par l’Abbé Descharrières (8) avec cette description en page 156 : ‘’On frappa à Paris une médaille représentant, en costume de femme, l’Alsace et la Lorraine et en bas Belfort pris en 1654’’; ‘’ALSATIAE ET LOTHARINGIAE QUIES BEFFORTIUM CAPTUM MDCLIV’’ (traduction : Alsace et Lorraine dans la quiètude du Royaume de France, Belfort capturé en 1654) mais malheureusement il ne l’a pas vue, ni touchée. Néanmoins une personne qui l’a décrite en 1808, c’est une information très importante mais toujours sans sa date réelle de frappe.

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Page extraite du livre ‘’Essai sur l’histoire littéraire de Belfort et du voisinage’’ de l’Abbé Descharrières, édité en 1808

On apprend aussi par Mr Henri BARDY l’existence d’un ouvrage de l’imprimerie royale ‘’Médailles sur les principaux événements du règne’’ de Louis le Grand (9) édité en 1702. La médaille qui est décrite est bien la médaille citée en 1808 par l’Abbé Descharrières.

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Page extraite du livre ‘’Médailles sur les principaux événements du règne’’ de Louis le Grand, édité en 1702

Reste à trouver une date approchante de sa frappe, l’étau se resserre !

La fourchette est maintenant entre 1654 et 1702.

Dans les tribulations d’un collectionneur, il faut de la chance, savoir la provoquer et la saisir ! On me propose à l’achat une médaille de la prise de Belfort en 1654;  j’accepte. Cette deuxième médaille se démarque de la première par une patine plus ancienne et son revers est identique à la description de l’abbé Descharrières faite en 1808, mais sans le poinçon de la monnaie de Paris. Cette médaille tant recherchée, celle décrite en 1702, en bronze sans poinçon et avec la légende ‘’ALSATIAE ET LOTHARINGIAE QUIES’’ oui ‘’QUIES’’ pas ‘’SECURITAS’,  OUFF ! Elle est entre mes mains ! Cette Médaille tant convoitée par l’Abbé Descharrières, par Henri Bardy...

photo 5 revers jpg 4 Médaille Revers 1654 possédée par JC

 On peut voir les différences (citées ci-dessus) entre la médaille d'origine (à gauche) et la médaille refrappée (à droite)

Dans mes recherches sur les ouvrages de médailles et décorations, j’ai acquis en 2012 un livre qui complète cette enquête, son titre ‘’Le précis historique des campagnes de Louis Le Grand’’ (10) par J. Racine (11) de l’imprimerie Nationale Paris édité en 1952 au tirage de 225 exemplaires.

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Page extraite du livre ‘’Le précis historique des campagnes de Louis Le Grand’’

Cet ouvrage recense les notes prises par Jean Racine, historien du roi Louis XIV, lors de réunion de travail avec le Roi de France; elles étaient utilisées, en autres, pour retracer les campagnes du règne du Roi de France à travers les médailles et les jetons créés… pour laisser une empreinte dans l’histoire.

A la page XVII, on peut y lire à la date du mardi 21 août 1696 : "Comme il restait principalement encore trois médailles à inventer, savoir la prise de Belfort en 1654, la prise de Saint-Ghislain en 1655 et en 1677". 

Donc on peut en déduire que cette médaille a été frappée ente 1696 et 1702 !

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Page XVII extraite du livre ‘’Le précis historique des campagnes…’’, édité en 1952

Epilogue

Cette recherche, commencée en 1985, a bien progressé à ce jour. Elle fut menée que sur le plan local sans contact et déplacement vers la capitale où l’on peut consulter des archives nationales, mais personne ne peut être sûr si elle est terminée. De plus, la médaille a-t-elle été frappée la première fois en quelle année entre 1696 et 1702 ? Donc à suivre...

5 Médaille Avers 1654 frappée avant 1702

 

 

 

 

Avers de la médaille

       

 

 

 

5 Médaille Revers 1654 frappée avant 1702

 

 

Revers de la médaille avec "QUIES"

 

 

Caractéristiques : un diamètre de 41 mm, un poids de 30 gr. et une épaisseur de 2,8 mm

 

 ‘’La vraie première médaille de Belfort’’.

 

Toute aide est la bienvenue sur ce sujet.

Jocelyn C. Sept. 2012

 

NA : Avec ce premier billet de Jocelyn, nous venons de lancer une nouvelle série sur les médailles; donc à suivre.

Infos pratiques  

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En cliquant sur les photos, vous pouvez les agrandir.

Appendice

Maréchal de la Ferté Heim François Joseph

 

(1) Maréchal de la Ferté : De son vrai nom Henri II duc La Ferté-Senneterre (1600-1681) était maréchal de France et gouverneur de la Lorraine. Louis XIV le chargea de reprendre Belfort au Comte de la Suze frondeur au roi et allié du Prince de Condé.

 

Maréchal de la Ferté, œuvre de Heim François Joseph peintre belfortain (1787-1865)

 

Comte de la Suze

 

 

(2) Comte de la Suze : De son vrai nom Gaspard de Champagne (1617-1694), se donna le titre de Comte de Belfort. La cité avait été conquise par son père Louis de Champagne le 28 juin 1636 lors de la guerre de Trente Ans. Il restaura la ville et transforma le château en citadelle.

Comte de la Suze (Source : www.La Caponnière.fr)

 

Louis II de Bourbon de Condé par Juste d’Egmont

 

(3) Prince de Condé : De son vrai nom Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686) dit Le Grand Condé.

Lors de la Fronde des Princes, il défend la régence mais prend rapidement la tête des frondeurs contre Mazarin qu’il juge comme un usurpateur étranger.

 

Louis II de Bourbon-Condé, oeuvre de Juste d’Egmont peintre néerlandais (1601-1674)

 

(4) I. MAUGER F : Jean Mauger (1648-1712), est un médailleur et graveur français. Dès 1677, il est appelé à la Cour du Roi de France. Il grava pour Louis XIV environ 260 médailles en six ans. Le "F" après son nom veut certainement dire Fecit (face en latin), donc l'auteur des gravures de la médaille.

Corne d'abondance depuis 1880

(5) Corne d’abondance marquée ‘’bronze’’ : Marque utilisée par la Monnaie de Paris pour indiquer le métal utilisé comme le bronze, l’argent… depuis 1880

              Corne d'abondance

CPA Statue Quand-Même 001

 

(6) Quand-Même : Ce thème patriotique est extrait de la devise des patriotes en 1880 : "Car malgré tout, il faut quand même résister". Il symbolise la résistance face à l’oppresseur prussien ayant annexé l’Alsace et la Lorraine. Il a été mis en lumière par la sculpture Quand-Même d’Antonin Mercié sise sur la Place d’Armes de Belfort en 1884.

Je fais un vilain jeu de mots avec l’Expression résistance et combattante !

 

    Carte postale Statue Quand-Même

(7) Mr Henri Bardy : De son vrai nom Mathieu-Henri Bardy (1829-1909), né à Belfort, vécu avec sa mère et ses grands-parents. Son père était juge et fut à la fin de sa carrière le président du tribunal civil de Montbéliard. Il préféra les études de la science plus tôt que celles du droit, comme son grand-père qui fut chirurgien; il dirigea l'hôpital militaire de Belfort qu'il  contribua à fonder (1806-1832). Mathieu-Henri en plus de son métier, fut un homme de lettre. Il a écrit, en autre, plusieurs ouvrages sur Belfort : Notice historique sur la ville de Belfort (1859-73), Belfort sous le régime de la Terreur (1867-68), Gustave Dauphin, peintre d'histoire (1881). Ce dernier livre est dédié à son oncle, le frère de sa mère.

Photo recherchée

(8) Abbé Descharrières : De son vrai nom Jean-Joseph Claude Descharrières (1744-1831) prononce ses vœux en 1777. Fut vicaire un temps à Belfort avant la Révolution. Suite au refus du serment, il dut fuir la France et vivre en Allemagne avant de revenir en 1822 à Belfort. Il a écrit de nombreux manuscrits dont ceux sur l'histoire de la ville de Belfort.

Photo recherchée

Louis XIV par Hyacinthe Rigaud

 

(9) Louis le Grand est le roi de France Louis XIV (1638-1715) dit le Roi-Soleil ou Louis le Grand. Il régna de 1643 à 1715.

 

 

 

 

Louis XIV, œuvre du portraitiste français Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

 

 

(10) Livre ‘’Le précis historique des campagnes de Louis Le Grand’’ : Edition spéciale de 1952, ouvrage posthume de Jean Racine, dont l’édition avait été décidée par l’Assemblée Générale de la Société des Amis de l’Imprimerie Nationale et réalisé par Mr René de LESTRADE Commissaire du Gouvernement auprès de la Banque de Paris et des Pays-Bas.

Jean Racine par De Troy

 

(11) J. Racine : Jean Racine (1639-1699) est un dramaturge et poète français considéré comme l'un des plus grands auteurs de tragédies de la période classique en France sous le règne de Louis XIV.

 

 

Jean Racine, œuvre de François de Troy peintre français (1645-1730)

Baron Frederic Seillière

 

 

 

(12Baron Frédéric Seillière (1839-1899) est le gendre du Marquis Laborde, archéologue et homme politique français suite à son mariage  avec sa fille Nathalie en 1865. Il est grand ami avec Henri Bardy.

 

 

 

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